Ozzy Osbourne

Ozzy Osbourne : le Prince of Darkness, de Birmingham à la légende du metal

par | 3 Jan 2026 | Groupe, À la Une

Temps de lecture : 10 min

 

Ozzy Osbourne, de son vrai nom John Michael Osbourne, est né le 3 décembre 1948 à Birmingham et mort le 22 juillet 2025. Chanteur fondateur de Black Sabbath, cofondateur du heavy metal, et icône solo avec Blizzard of Ozz, il aura traversé cinquante ans de rock sans jamais renier une once de chaos. Un gosse d’usine devenu Prince of Darkness. Une voix reconnaissable entre mille. Un survivant, jusqu’au bout.

 

Ozzy Osbourne en portrait, lunettes rondes noires, icône du heavy metal

Ozzy Osbourne

Les origines d’Ozzy Osbourne : Birmingham, la prison, les Beatles

L’enfance ouvrière et l’école buissonnière

Birmingham, fin des années 50. John Michael Osbourne grandit à six dans un pavillon ouvrier d’Aston. Son père est outilleur. Sa mère fait des ménages. L’argent ne rentre jamais assez vite. À l’école, c’est la catastrophe : Ozzy est dyslexique, humilié, incapable de tenir en place. Il quitte à 15 ans et enchaîne les petits boulots, dont tueur dans un abattoir. Puis viennent les larcins. À 17 ans, il passe six semaines à la prison de Winson Green pour cambriolage. C’est là qu’il se tatouera lui-même les lettres O-Z-Z-Y sur les phalanges.

Ce qui le sort de là, c’est la musique. Pas le talent, pas la technique. Juste une révélation : les Beatles. Il décide qu’il peut, lui aussi, gueuler dans un micro.

 

Du surnom Ozzy aux premières formations

Ses amis l’appellent Ozzy depuis l’enfance. Il rejoint un premier groupe, Rare Breed, puis rencontre Geezer Butler, Tony Iommi et Bill Ward. Ensemble, ils forment d’abord Polka Tulk Blues Band, rebaptisé Earth, avant de choisir un nom plus sombre : Black Sabbath, tiré d’un vieux film d’horreur italien.

 

Élément Détail
Nom complet John Michael Osbourne
Naissance 3 décembre 1948, Birmingham (Royaume-Uni)
Décès 22 juillet 2025, Buckinghamshire (Royaume-Uni)
Groupes Black Sabbath, carrière solo
Style Heavy metal, hard rock, doom

 

Black Sabbath : comment quatre Birminghamiens ont inventé le heavy metal

Ozzy Osbourne chantant sur scène devant une foule, micro en main

Ozzy Osbourne

Le premier album et Paranoid : l’acte fondateur

Février 1970. Black Sabbath, le premier album, sort avec une pluie d’ouverture, une cloche lugubre et un riff de croque-mort. La voix d’Ozzy Osbourne flotte dessus comme un spectre. C’est ici que naît le heavy metal tel qu’on le connaît, pas chez Led Zeppelin, pas chez Deep Purple : chez quatre gamins de Birmingham qui voulaient faire peur.

La même année sort Paranoid. « War Pigs », « Iron Man », le titre éponyme : trois des riffs les plus reconnaissables de l’histoire du rock en un seul disque. L’album dépasse toutes les attentes. Black Sabbath est désormais un phénomène. Les médias les accusent de satanisme. Le public se rue aux concerts.

Suivent Master of Reality (1971), Vol. 4 (1972), Sabbath Bloody Sabbath (1973), Sabotage (1975). Ozzy Osbourne boit de plus en plus, rend les répétitions impossibles. En 1979, Tony Iommi le congédie. Geezer Butler, co-auteur de la plupart des textes et meilleur ami d’Ozzy, doit lui annoncer la nouvelle.

 

La discographie Black Sabbath avec Ozzy Osbourne

Album Année Titres majeurs
Black Sabbath 1970 Black Sabbath, N.I.B.
Paranoid 1970 Paranoid, War Pigs, Iron Man
Master of Reality 1971 Sweet Leaf, Children of the Grave
Sabbath Bloody Sabbath 1973 Sabbath Bloody Sabbath
Sabotage 1975 Symptom of the Universe, Megalomania

 

 

La carrière solo : Blizzard of Ozz, Randy Rhoads et la résurrection

Sharon, Randy Rhoads et le retour d’entre les morts

1979. Ozzy Osbourne est viré, seul et au fond du gouffre. C’est Sharon Arden, fille de Don Arden (manager de Black Sabbath), qui le récupère. Elle devient sa manager, puis sa femme. Elle lui constitue une équipe et lui trouve un guitariste : Randy Rhoads, ancien de Quiet Riot, prodige de 22 ans avec un toucher classique et une rage punk.

Ensemble, ils enregistrent Blizzard of Ozz en 1980. « Crazy Train », « Mr. Crowley », « I Don’t Know » : l’album s’écoule à plusieurs millions d’exemplaires. Ozzy est de retour, plus fort qu’avant. Diary of a Madman suit en 1981. Puis le drame : en 1982, Randy Rhoads meurt dans un accident d’avion pendant la tournée. Bob Daisley et Lee Kerslake, piliers de la formation originale, perdent eux aussi un compagnon de route.

De Bark at the Moon à No More Tears

Jake E. Lee prend la guitare pour Bark at the Moon (1983). Puis vient Zakk Wylde, en 1988, avec No Rest for the Wicked. Ce binôme dure des années : Wylde, viking tatoué aux riffs en spirale, devient le son live d’Ozzy pour deux décennies.

No More Tears (1991) est l’apogée : le titre éponyme, « Mama, I’m Coming Home », un succès FM massif. Ozzy annonce alors une tournée d’adieu, la « No More Tours Tour ». Il reviendra bien sûr.

Album Année Guitariste Hit majeur
Blizzard of Ozz 1980 Randy Rhoads Crazy Train
Diary of a Madman 1981 Randy Rhoads Flying High Again
Bark at the Moon 1983 Jake E. Lee Bark at the Moon
No More Tears 1991 Zakk Wylde No More Tears
Ordinary Man 2020 Andrew Watt Ordinary Man (ft. Elton John)
Patient Number 9 2022 Zakk Wylde, Jeff Beck, Eric Clapton, Tony Iommi Patient Number 9

 

 

Ozzfest et The Osbournes : quand le metal devient culture pop

Ozzy Osbourne performant sur scène, bras levés, en plein concert

Ozzy Osbourne

 

 

Ozzfest : le festival qui a reconfiguré le metal

1996. Sharon a une idée : créer un festival metal itinérant, avec Ozzy en tête d’affiche et un plateau de têtes d’affiche mélangées aux nouveaux groupes. Ozzfest naît. En vingt ans d’existence, il révèle System of a Down, Disturbed, Korn, Slipknot et des dizaines d’autres. Le Hellfest, dont je couvre chaque édition depuis les premières années, s’inscrit dans cette même logique de communion metal transgénérationnelle qu’Ozzfest a initiée.

Ozzy est tantôt en solo, tantôt avec une reformation ponctuelle de Black Sabbath. Le public explose. L’industrie copie. Ozzfest devient un rite de passage pour les groupes et les fans.

The Osbournes : Beverly Hills sous acide

2002. MTV diffuse une série de téléréalité dans la maison d’Ozzy à Beverly Hills. Un père rocker à la masse, Sharon manager castratrice, deux ados râleurs, un bulldog et des jurons sous-titrés. The Osbournes cartonne : 4 saisons, un Emmy Award, une audience monstre.

Ozzy Osbourne passe de Prince of Darkness à papy zinzin national. Paradoxalement, c’est ce qui l’a rendu aimé par-delà le metal. Il décloisonne les générations. Il devient une icône pop autant qu’une icône rock. Jeux vidéo (Guitar Hero, Rock Band, Brütal Legend), caméos cinéma (Austin Powers, Little Nicky), figurines, vinyles collector : Ozzy Osbourne est partout.

Parkinson, chutes et Patient Number 9 : le dernier acte d’un survivant

En 2003, chute en quad dans son jardin. Côtes cassées, clavicule brisée, poumon perforé. Il revient. En 2019, autre chute à domicile : la colonne vertébrale cette fois. Opéré, vissé, patché. En janvier 2020, il annonce publiquement qu’il est atteint de la maladie de Parkinson. Tremblements, difficultés à marcher, à chanter par intermittence.

La tournée mondiale « No More Tours 2 » est annulée en 2023. Mais il continue d’enregistrer. Ordinary Man (2020), avec Elton John et Post Malone, est accueilli comme une résurrection. Patient Number 9 (2022), avec Jeff Beck, Eric Clapton, Tony Iommi et Zakk Wylde, stupéfie les critiques. À 73 ans, Ozzy Osbourne sort l’un des albums les mieux reçus de sa carrière.

En 2024, il est intronisé au Rock and Roll Hall of Fame en tant qu’artiste solo. Black Sabbath y avait été admis en 2006. Ozzy est l’un des rares musiciens à y figurer deux fois.

« Back to the Beginning » : le dernier concert et la mort d’Ozzy Osbourne

Ozzy Osbourne est mort le 22 juillet 2025 à Jordans, dans le Buckinghamshire, à l’âge de 76 ans. La cause officielle : une crise cardiaque liée à la maladie de Parkinson et une insuffisance coronarienne.

Dix-sept jours plus tôt, le 5 juillet 2025, il avait donné son dernier concert à Birmingham. Le show s’appelait « Back to the Beginning » : dix heures de musique, une réunion de la formation originale de Black Sabbath (Iommi, Butler, Ward et Ozzy), et en plateau des groupes qu’il avait contribué à lancer ou à légitimer : Metallica, Slipknot, Tool, Guns N’ Roses, Gojira, Anthrax, Slayer. Une ville entière dressée pour dire au revoir à son fils le plus célèbre.

Il était arrivé sur scène dans un fauteuil, tremblant, mais il avait chanté. La boucle était bouclée : Birmingham, où tout avait commencé, Birmingham, où tout s’est terminé.

« Je suis peut-être foutu, mais je chanterai jusqu’à mon dernier souffle. »

Il a tenu parole.

 

Héritage : ce que le metal doit à Ozzy Osbourne

Plus de 100 millions de disques vendus en comptant Black Sabbath et la carrière solo. Treize albums studio solo. Deux intronisations au Rock and Roll Hall of Fame. Une étoile sur le Hollywood Walk of Fame. La première étoile de l’allée des étoiles de Birmingham. Une entrée dans le Guinness Book. Ces chiffres ne disent pas l’essentiel.

Ce qu’Ozzy Osbourne a apporté au metal, c’est une preuve par l’exemple : on peut venir de nulle part, ne jouer d’aucun instrument, rater l’école, faire de la prison, et quand même fonder un genre musical. Cette vérité brute a inspiré des générations de groupes depuis les années 70. Sans Black Sabbath, pas de Metallica tel qu’on le connaît, pas de Ghost, pas de Korn, pas de Tool.

J’ai photographié Iggy Pop à plusieurs reprises, un autre survivant de cette même époque, un homme qui partage avec Ozzy cette capacité à transformer la destruction personnelle en énergie scénique. Ce n’est pas du masochisme. C’est une forme de poésie brutale que le metal a faite sienne depuis le premier riff de « Black Sabbath ».

Pour ceux qui veulent garder une trace de cet héritage, des tirages de concert rock en édition limitée sont disponibles dans la galerie, dont des images de cette scène metal que Ozzy a contribué à forger.

Il laisse six enfants, dont Aimee, Kelly et Jack, nés de son mariage avec Sharon. Son site officiel reste accessible sur ozzy.com.

 

 

Questions fréquentes sur Ozzy Osbourne

Quand est mort Ozzy Osbourne ?

Ozzy Osbourne est mort le 22 juillet 2025 à Jordans, dans le Buckinghamshire, en Angleterre. Il avait 76 ans. La cause du décès est une crise cardiaque, en lien avec la maladie de Parkinson dont il souffrait depuis plusieurs années.

Quel était le dernier concert d’Ozzy Osbourne ?

Son dernier concert s’est tenu le 5 juillet 2025 à Birmingham, sous le nom « Back to the Beginning ». La formation originale de Black Sabbath s’y est réunie pour la première fois depuis des années, aux côtés de Metallica, Slipknot, Tool, Guns N’ Roses, Gojira, Anthrax et Slayer. Ozzy a chanté malgré la maladie, depuis son fauteuil sur scène.

Pourquoi Ozzy Osbourne est-il surnommé le Prince of Darkness ?

Le surnom vient de l’univers sombre cultivé avec Black Sabbath : thèmes occultes, imagerie gothique avant l’heure, scénographies menaçantes. Il renvoie aussi à son comportement imprévisible en concert et à sa voix planante, perçue comme venue d’ailleurs. C’est à la fois un costume et une vérité intime.

Quels sont les albums essentiels d’Ozzy Osbourne ?

Blizzard of Ozz (1980) et Diary of a Madman (1981) pour les débuts solo avec Randy Rhoads. No More Tears (1991) pour l’apogée FM. Patient Number 9 (2022) pour le dernier souffle, acclamé par la critique. Côté Black Sabbath : Paranoid (1970) reste le point d’entrée incontournable.

Ozzy Osbourne a-t-il vraiment mordu une chauve-souris ?

Oui. Le 20 janvier 1982, lors d’un concert à Des Moines dans l’Iowa, un fan lance une chauve-souris vivante sur scène. Ozzy, persuadé qu’il s’agit d’un accessoire en plastique, lui arrache la tête avec les dents. Il est hospitalisé dans la foulée pour un traitement antirabique. L’anecdote est devenue l’une des plus célèbres de l’histoire du rock.