Entre un match de football acharné sur la pelouse des backstage et quelques langoustines dévorées à la hâte avant de monter sur scène, nous avons retrouvé Maruja dans les coulisses du God Save The Kouign. L’occasion de discuter de Manchester, d’Irlande, de politique, de jazz, de punk et de ce premier album qui leur a demandé près de dix ans de maturation. Quelques heures plus tard, le groupe livrait l’un des concerts les plus marquants de cette édition du festival, confirmant tout le bien que l’on pensait déjà d’eux.

Rock Sound : On est trop contents de vous recevoir, on vous a vus jouer au football sur le terrain backstage.
Joe : Toujours, dès qu’on peut s’aérer un peu on le fait. On a été bloqués dans ce van pendant 4 ans en ressenti (rires). Donc c’est toujours agréable de sortir et de taper dans la balle.
RS : Comment est la pelouse ?
Matthew : C’est une superbe pelouse (rires), adéquate ! Une grande étendue de terrain, on ne voit vraiment pas ça dans tous les festivals !
Joe : Et le temps est parfait ! C’est nuageux, mais il y a une légère humidité dans l’air qui rend le moment assez agréable pour courir partout.
RS : Je rappelle que vous venez de Manchester, grande terre du foot, vous supportez quelle équipe ?
Matthew : Euh… West Ham (rires).
Joe : Ouais, on supporte tous les deux des clubs londoniens en fait. Il supporte West Ham et moi Brentford. Mais on est clairement à fond dans la Coupe du monde. On vient de regarder… c’était quoi déjà ? On a oublié.
RS : C’était Mexique – Afrique du Sud ?
Joe : Oui voilà !
RS : Grand match !
Joe : Oui totalement ! Et franchement, l’Afrique du Sud était vraiment mauvaise.
Matthew : Ouais, vraiment nuls. Décevants, très décevants.

RS : L’année dernière vous avez sorti votre premier album Pain To Power, ça a été a priori un long cheminement puisque ça vous a pris 10 ans. Comment vous l’avez composé ?
Matthew : Eh bien, je suppose qu’on peut commencer par le débat des 10 ans… Enfin ce n’est pas vraiment un débat, si ? Dix ans, quoi.
Joe : Oui, 10 ans, mais ça s’explique par plusieurs raisons.
Matthew : Une des premières raisons, si on veut suivre l’ordre chronologique, c’est qu’au début de notre carrière on était un groupe totalement différent. Il y a 10 ans, même quand Joe a rejoint le groupe il y a 7 ans, on était très différents. On faisait plutôt du stoner rock, un truc un peu Red Hot Chili Peppers. Il nous a fallu beaucoup de temps pour développer notre son. On a essayé énormément de choses différentes. On a toujours été assez expérimentaux, c’est un élément clé de notre musique. Surtout quand Joe est arrivé, avec l’introduction naturelle du jazz dans le groupe, puisqu’il est saxophoniste. Et ensuite avec Jacob qui a rejoint le groupe, on s’est vraiment mis à quatre à pousser cette dimension expérimentale. C’est là que tu retrouves le son de Knocknarea, Connla’s Well, Tír na nÓg.
Joe : On a sorti beaucoup de chansons qui ne sont plus disponibles, pour de bonnes raisons (rires).
RS : Peut-être sur une réédition ?
Joe : Absolument pas ! (rires) Il y a des liens en ligne, quelque part.
RS : On doit creuser alors ?
Joe : Non, s’il vous plaît non (rires).
RS : Ce que je trouve hyper intéressant sur cet album, c’est que vous naviguez entre tout un tas de styles, du post-punk au jazz expérimental. Et je trouve ça très rafraîchissant de sortir des carcans musicaux dans lesquels on peut enfermer des groupes. Comment vous avez réfléchi cette démarche tout en restant homogène et digeste ?
Joe : Je pense honnêtement qu’on a toujours été comme ça parce qu’on écoute de tout. On fait partie de cette génération qui a énormément de chance d’avoir accès à absolument tous les styles de musique à n’importe quel moment. Donc dès qu’on rencontre des gens qui nous font découvrir de nouvelles choses, ou qu’on découvre de la musique par nous-mêmes, on reçoit constamment un flux d’informations venant de partout. Et forcément, ça nous amène vers plein de genres différents : hip-hop, jazz, metal, tout ce qui nous parle. Tout ce qui vient pour nous d’un endroit sincère, presque de l’âme. Pour nous, ça a toujours été très naturel. Comme on improvise tous ensemble, la musique sort naturellement. Il n’y a pas de volonté consciente de se dire : « Oh, et si on faisait un morceau lourd ici, un morceau calme là, un morceau jazz ailleurs ». C’est plutôt : on veut retranscrire tout ce qui nous représente, nos goûts, ce qu’on joue, au fil de huit ou neuf morceaux.
RS : Vous pensez que c’est quelque chose de propre à votre génération, cette façon de se nourrir de plein de cultures différentes pour ensuite en faire quelque chose de très personnel et créatif ? Je pense notamment à l’hyperpop, où des artistes découvrent énormément de musique et d’œuvres en ligne, les digèrent, et en tirent quelque chose d’assez unique. Vous vous reconnaissez dans cette manière de faire de la musique ?
Joe : Ouais, clairement. Je pense qu’on est vraiment dans une nouvelle ère et on essaie d’en tirer parti. Et si tu regardes les genres dans le passé, ils utilisaient la technologie disponible à leur époque, dans les années 80 avec les synthés par exemple. Nous, on essaie juste, peu importe la situation, d’utiliser tout ce qu’on a à disposition pour en faire un avantage, faire le meilleur avec ce qu’on a.
Matthew : Oui, ça a du sens. Harry et moi produisons notre propre musique. On utilise des DAW comme Logic Pro et Ableton. Harry a étudié les technologies musicales et moi aussi à la fac. À partir de là, en produisant nos morceaux d’électro, il y a eu une sorte d’introduction au DJing dans notre son de manière naturelle. Par exemple, Harry utilise des loop pedals, je les utilise aussi, mais lui est vraiment un maître là-dedans : il enregistre et combine plusieurs boucles entre elles, puis les fait sortir et re-rentrer au fur et à mesure. Il y a donc vraiment cet esprit DIY, à tester des choses chez nous, dans nos chambres, qui est devenue notre local de répétition et dans lequel on a tellement transpiré (rires) !
RS : Justement, puisqu’on parle de musique composée dans les chambres, j’ai envie de parler de vos influences. Quels posters aviez-vous sur les murs de vos chambres quand vous étiez adolescents ?
Joe : Ohhh, vous connaissez le groupe anglais très iconique Busted ? (rires) C’était le tout premier concert que j’ai fait, j’étais vraiment fan de Busted quand j’étais plus jeune.
RS : Simple Plan ?
Joe : (ne comprenant pas trop) Simple Plan ?
RS : Ouais, c’est un groupe de pop-punk canadien, ils étaient énormes en France.
Joe : Ils n’arrivent pas à la cheville de Busted, j’en suis certain (rires). Je les ai vus, je devais avoir 4 ans, ils jouaient en première partie de McFly.
Matthew : Oh mon Dieu.
Joe : Puis ils sont devenus McBusted (rires).
RS : McFly n’étaient pas très connus en France, McFly c’est surtout le nom d’un YouTuber en France (rires).
Matthew : Pour ma part, avec mon père, on avait peint ma chambre en bleu ciel et j’avais une affiche d’une équipe de foot en particulier, mais je ne vais pas dire laquelle parce que je ne suis plus fan aujourd’hui.
Joe : C’est assez évident, non ?
Matthew : Oui (rires). Tu penses à quelle équipe ?
Joe : COVENTRY ! (rires) Non je rigole, Manchester City.
Matthew : Manchester City, bien sûr. Quand ils ont gagné la Premier League, on a fondu en larmes de joie, en goûtant littéralement les larmes de Manchester United. C’est pour ça que j’ai choisi de peindre ma chambre en bleu, puis je suis devenu fan de West Ham. En termes de musique, je crois qu’il y a toujours un poster de Bob Marley, il est là depuis mon enfance, et j’ai aussi une peinture de Jimi Hendrix. Ils sont là depuis plus de 10 ans, ils veillent sur moi en quelque sorte.
RS : Vous avez plusieurs titres Tír na nÓg, en gaélique irlandais. Quel est votre rapport à l’Irlande ?
Joe : C’est marrant que tu parles de ça… Quand on est allés en loge après notre match de foot, il y avait plein de langoustines qui avaient été apportées. J’ai parlé à la personne qui les avait apportées, je lui ai dit : « Wow, elles sont super fraîches », et elle m’a répondu que la mer était juste à côté et qu’il y avait de très bonnes vagues pour surfer. Et là je me suis dit : j’ai déjà mangé des langoustines avec mon père en Irlande, à Sligo. Elle nous a proposé d’aller surfer, mais c’était trop tard, on devait faire une interview avec Fréquence Mutine et Rock Sound (rires). J’ai pas mal de famille dans le nord-ouest de l’Irlande, à Sligo. On a tous des origines irlandaises. Et puis c’est compliqué de dire que je suis anglais avec tout ce qui se passe. Donc c’est important d’avoir ce lien-là. Et en grandissant, en explorant la culture irlandaise et son histoire, ça a de plus en plus résonné avec mes convictions : la connexion à la nature, la mythologie, la communauté, tout ça. C’est très important pour moi de célébrer les cultures issues de l’immigration, surtout en ce moment.
Matthew : Et il a aussi un grand photographe irlandais dans sa famille.
Joe : Oui, en fait, les photographies de mon grand-père et de mon arrière-grand-père sont celles que nous utilisons pour tout notre travail visuel. Mon arrière-grand-père a été l’un des premiers à posséder un appareil photo dans la partie nord de l’Irlande dans les années 1920. Du coup, on trouve toutes ces photos de gens qui sont photographiés sans même comprendre qu’une photo est en train d’être prise, parce qu’ils ne savaient tout simplement pas ce que c’était.
Matthew : Ça donne quelque chose de complètement brut, une véritable capture de l’instant.
Joe : Une énergie authentique, impossible à recréer aujourd’hui, parce que désormais les gens savent qu’ils sont photographiés.
RS : Ça fait partie de l’histoire de Manchester, toutes ces personnes qui ont migré de l’Irlande vers Manchester pour trouver du travail. D’ailleurs, Dirty Old Town des Pogues a été rédigé par une personne qui venait de Salford. C’est assez symbolique.
Joe : C’est marrant, mon cousin fait le tour des pubs irlandais de Manchester et il joue Dirty Old Town tout le temps. Je ne savais pas tout ça. Du côté de mon père, la famille est toujours en Irlande. Mais la famille de ma mère a émigré d’Irlande à Manchester pendant la grande vague d’émigration qui a concerné beaucoup d’Irlandais. Angela, la sœur de ma mère, a même reçu un MBE des mains du roi pour son engagement en faveur de la musique irlandaise, ce qui est assez incroyable. Toute la famille de ma mère est composée soit de danseurs irlandais, soit de musiciens traditionnels irlandais. Ils doivent être environ 700. Bon, quand on connaît les familles irlandaises, on pourrait presque dire que ce n’est pas si grand que ça (rires).
RS : Vous avez sorti votre album sur Music For Nations, un label plutôt dédié au hard rock et au heavy metal. Comment on se retrouve signé sur ce label ?
Matthew : On adore les gens de Music For Nations et plusieurs groupes du roster nous plaisaient déjà. Bon, on n’est pas tous forcément connectés à tous les groupes du label, mais par exemple Jacob et moi on adore Tool. C’est un groupe qui a eu une énorme influence sur ma façon de jouer de la basse. J’adore Justin Chancellor, c’est un bassiste extrêmement inspirant. Et je pense que c’est pareil pour notre batteur Jacob : la batterie sur les albums de Tool est irréprochable d’un album à l’autre. On s’inspire beaucoup de ça dans notre manière de communiquer en tant que section rythmique de Maruja. Et mieux encore, on se sentait réellement proches de la musique qui fait partie de ce label. C’est probablement la raison principale pour laquelle on a signé chez eux. Il y a aussi le fait que nous connaissons Tom et Julie depuis longtemps. Nous avons eu de superbes conversations avec eux, des choses profondes. On a une connexion très sincère et très directe avec eux et franchement ce sont deux de nos personnes préférées dans l’univers.
Joe : Et puis il y a aussi plusieurs groupes qu’ils ont signés récemment. Ils nous ont expliqué que même s’ils représentent plutôt la branche metal alternative de Sony, ils veulent avoir une vision bien plus large. Bien sûr, il y a une certaine intensité dans la plupart des groupes qu’ils signent, mais ils veulent aussi défendre des projets qui mélangent les genres, qui repoussent les frontières stylistiques et font avancer la musique.
RS : Comme Tool le faisait !
Joe : Oui, carrément. Il y a aussi un groupe qui s’appelle The Scratch et qui est sur le label, ils sont vraiment géniaux. Ils mélangent le folk trad irlandais et le metal, et on va assurer leur première partie à Dublin le 4 juillet, le lendemain de mon anniversaire !
RS : Qu’est-ce que ça fait d’être un groupe en Grande-Bretagne aujourd’hui ?
Matthew : Pas si grande que ça. Disons que ça nous donne beaucoup de matière sur laquelle travailler. Honnêtement, c’est peut-être le seul avantage.
Joe : Il y a beaucoup de choses qui nous mettent en colère.
Matthew : Oui, tellement de choses. Je ne sais même pas par où commencer. Parce que ces dernières années, depuis Knocknarea — et même avant, mais Knocknarea est vraiment le moment où nous avons trouvé notre dimension socio-politique — nous avons commencé à aborder directement les problèmes qui touchaient notre pays. À l’époque, c’était Boris Johnson qui était au pouvoir. Rien que de prononcer son nom, j’ai l’impression d’être spirituellement meurtri (rires). Ça dure depuis tellement longtemps, et même bien avant que le Brexit devienne un sujet. Quand on était enfants, on a vu l’austérité s’installer et s’aggraver encore et encore. Le Parti conservateur est resté au pouvoir pendant une période interminable. Ensuite, quelques dirigeants travaillistes sont arrivés, mais ce n’était pas vraiment mieux. Tout semblait continuer à se dégrader, comme une spirale dont personne ne parvenait à sortir. Rien ne changeait réellement. Forcément, ça nourrit beaucoup de colère et de ressentiment. C’est quelque chose qui a pris de plus en plus de place dans notre musique au fil des années. Donc oui, si tu es un groupe prêt à aborder ces sujets, ça fait partie intégrante de ce que signifie être un groupe au Royaume-Uni aujourd’hui. Ça nous met hors de nous. On pourrait probablement dire la même chose d’Idles : eux aussi doivent être énervés en permanence.
RS : Vous pensez que la violence de notre époque pousse les artistes à faire une musique plus violente ?
Joe : Oui, je pense que c’est clairement ce qu’on observe. On voit notamment un retour en force du punk et de ce type de musique. Mais je crois aussi que la nouvelle génération aborde le punk d’une manière particulière. Le punk a toujours été quelque chose de dur, de frontal, mais au fond il a toujours été question d’amour. Et aujourd’hui, avec une génération très consciente des enjeux politiques et très attentive aux autres, il n’y a plus vraiment de place pour la haine. La colère qui existe vient plutôt d’un désir de reprendre du pouvoir, d’une forme de revanche face à ce qui nous est imposé. Et c’est probablement l’un des plus beaux aspects du punk. Et en même temps, être constamment en colère, réfléchir sans cesse au système politique et à tout ce qui ne fonctionne pas, ça pousse aussi à regarder en soi-même. Ça t’amène à accorder davantage d’importance à la nature, à la communauté et à tout ce qui fait notre humanité. Cette époque crée des situations extrêmement intenses. Il est parfois difficile de savoir ce qui influence quoi exactement, mais je suis convaincu qu’elle est en train de faire émerger une formidable communauté de jeunes artistes qui produisent des œuvres incroyables.
RS : Et c’est exactement ce que vous êtes en train de faire en ce moment, non ?
Joe : Arrête, tu vas me faire rougir (rires).
RS : Dans votre album, il y a une chanson qui s’appelle Bloodsport. Vous êtes fans de Jean-Claude Van Damme ?
Matthew : Oh, Jean-Claude Van Damme a fait un film qui s’appelle Bloodsport ? Tu sais quoi, je pense que j’adorerais, rien que parce que c’est Jean-Claude Van Damme.
Joe : C’est un acteur de film d’action ?
Matthew : Ouais, un énorme acteur !
Joe : Plus que Jason Statham ?
Matthew : Bien plus grand, tout est plus grand chez Jean-Claude Van Damme.
Joe : Tout ?
Matthew : Tout. Tout. (rires)

RS : Qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur la ville de Manchester aujourd’hui ? Quels sont les groupes à écouter et où aller voir des bons concerts ?
Joe : C’est une bonne question et on est probablement bien placés pour y répondre. Parce qu’il y a beaucoup de merde à Manchester. Et je ne parle pas de la musique, mais plutôt du fait que les acteurs corporate ont vraiment mis la main sur la scène. Depuis une dizaine d’années, pas mal de promoteurs fonctionnent sur un modèle un peu toxique : il y a plein de groupes qui émergent, ils leur disent « oui, oui, on va vous faire jouer », les groupes sont contents. Mais ensuite les promoteurs récupèrent toute la billetterie, invitent leurs potes et l’argent ne revient pas aux groupes. Rien n’est réinjecté dans la scène. C’est donc un cycle assez dangereux qui fait disparaître des groupes prometteurs qui ne peuvent plus continuer à financer ça. Mais il y a quand même des bons endroits : Rat & Pigeon notamment, c’est un bar très underground, il y a aussi The Peer Hat à Withington, Fuel aussi. Ce sont des endroits vraiment alternatifs. Il y a aussi ce bar qui s’appelle Yes, qu’on aimait beaucoup. C’était un super endroit à la base, un vrai safe space pour les personnes queer et les scènes alternatives. Mais ensuite des mecs de salle de sport ont commencé à venir, à boire des tequilas et à tenir des propos homophobes. Et ça a complètement changé l’ambiance. Pour revenir au Rat & Pigeon, c’est un petit pub du centre de Manchester, mais certaines des personnes qui le gèrent jouent aussi dans un de nos groupes préférés qui s’appelle Yang. Ils sont incroyables. Leurs clips sont complètement fous, c’est très chaotique, on les adore.
(Dans la salle de presse, les langoustines arrivent, l’interview se termine, on les invite à manger avec nous.)
Joe : On vient de manger environ quinze langoustines chacun. J’ai les doigts complètement lacérés à force d’essayer de récupérer la chair dans les pinces. Mais elles sont incroyables. On adore les fruits de mer. On nous a apporté aussi deux douzaines d’huîtres. On va aller manger ça et probablement dormir avant le concert, c’est idéal (rires).
Propos recueillis par Aurelie Déniel, Cédric « Gomina » Fautrel et Julien Maurey dans le cadre du festival God Save The Kouign. En partenariat avec Fréquence Mutine.
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