Quarante ans que je suis fan de Billy Idol. Vingt ans que je vis en France et qu’on me regarde avec cette expression mi-pitié mi-incompréhension quand je prononce son nom. Les Français et lui, c’est l’histoire d’un déni qui s’effondre dès que la guitare de White Wedding démarre. Trois secondes. Et soudain, tout le monde connaît. Quarante ans que la France fait semblant de ne pas savoir qui c’est. Un documentaire vient de sortir. On va régler ça.
Le Grand Rex, 5 mars 2026. Billy Idol descend l’allée de la salle de cinéma et dans ma tête, ça fait court-circuit. Treize ans ou cinquante-trois ? L’ado qui planquait ses posters hors de portée de son père ou la femme qui est venue ce soir avec des intentions que la bienséance m’interdit de détailler ? Quarante ans que sa voix me traverse. Une voix qui griffe, une sensualité sale et insolente. Elle ne prévient pas. Elle arrive, elle prend, elle reste.
Mais avant ça, il y a eu la projection.
Il était temps
Le réalisateur Jonas Akerlund aurait pu faire un film de fan. Il ne l’a pas fait et c’est une bonne nouvelle. Musique, rébellion, autodestruction, Akerlund connait. Ephémère batteur de Bathory, réalisateur de Spun sur les addicts à la méthamphétamine, de clips pour les plus grands et de Lords of Chaos sur la naissance du black métal norvégien, ce qu’il montre, il le montre bien.
Billy Idol should be dead est une réhabilitation autant qu’un portrait. Et franchement, il était temps. Le documentaire condense 50 ans de vie d’un homme dans un Grand Huit. Sans ceinture.
Akerlund construit son film en trois registres. Les interviews face caméra, en noir et blanc pur, net, presque clinique. Pas de lumières chaudes, pas de nostalgie facile. Billy Idol n’est plus une icône. Juste un homme qui témoigne. Les archives, elles, me ramènent quarante ans en arrière en deux secondes. Joie idiote et parfaite de feuilleter mentalement les magazines de l’époque. Sauf que là c’est de l’inédit, du jamais vu. L’impression de pénétrer dans sa vie. Quand les archives font défaut, Akerlund anime. Pas de reconstitution avec des acteurs. Un visage déformé par la drogue, un corps qui se consume ne se joue pas. Ça se dessine.
Ce documentaire, ce n’est pas un regard sur la destruction. C’est la destruction qui te regarde.

William Broad
Akerlund commence là ou tout commence. Une naissance à Stanmore en 1955. William est un gamin de banlieue fainéant. « Idle » d’après un de ses profs. On change une lettre, hop, nom de scène. Admis à Sussex University pour étudier la philosophie et la littérature (si si si), il lâche tout après un an parce qu’il a vu les Sex Pistols. Pas lu un article. Vus. Or, quand on a vu les Sex Pistols en 1976 dans un club crasseux et senti les prémisses de quelque chose qui va exploser, on ne retourne pas en cours de philo. N’en déplaise à Papa William, pas content du tout.
William Broad devient Billy Idol. Fiston a raison. 1976, l’Angleterre est à genoux, le chômage et l’inflation explosent. Une bonne raison de faire du bruit. Le rock progressif pond des albums-concept de quarante-cinq minutes sur des histoires de licornes spatiales depuis des manoirs ? Le punk règle ça fissa. Les Sex Pistols hurlent leur rage, The Clash balance une conscience politique. Billy, guitariste devenu chanteur, et son pote Tony James flairent l’ouverture. Quelques recrues plus tard, Generation X est né.
Il leur faut une scène. Pas une salle, un quartier général. Ce sera le Roxy, ancien club gay miteux abandonné à Covent Garden. En quelques semaines, à coup de soirées mélangeant sueur, sang, crachat et autres sécrétions corporelles, le lieu devient le cœur battant du punk londonien. A un détail près. Generation X, c’est du punk chantable.
No man’s land
Premier album, des mélodies pop dans une armature punk. C’est une volée de bois vert. Trop beaux, trop propres, trop mélodiques. Les puristes les détestent. Billy s’en fout. Et c’est tant mieux. Le deuxième vire vers le rock américain et déroute tout le monde. Le troisième est un raté monumental. Sauf un titre. Dancing with myself, qui déplait plus encore aux copains. Quarante ans plus tard, Billie Joe Armstrong (Green Day) témoigne dans le documentaire et règle la question en trente secondes. Influence fondatrice. Les puristes avaient tort.
1981, Generation X est dans un no man’s land. Le paysage s’est fracturé. Le punk brut se radicalise et serre les poings (The Exploited). Le post-punk, sombre, regarde le monde s’effondrer, sans issue (Joy Division, The Cure). La new wave danse sur des ruines, regarde ailleurs et met des foulards de soie (Duran Duran, Spandau Ballet). La rupture est inévitable. Si Akerlund revient longuement sur la création et le déclin de Generation X, c’est avant tout une question de contexte. Sans lui, la suite ne tient pas. Tony James, lui, ne mâche pas ses mots, tout en gardant le sourire. La dissolution, c’est l’héroïne. Elle a tout fracassé. Et derrière l’héroïne, c’est Billy. Billy fait sa valise sans se retourner. Sans savoir qu’encore aujourd’hui, je tape sur les doigts du premier qui touche à mes vinyles de Generation X.

New York, enfin
Printemps 1981, New York. Son métro crasseux et ses gratte-ciels. Billy débarque avec une veste rose sur le dos, une valise, une guitare et une chanson. Pas de plan B. Il se met au travail. Dancing with myself remixé, moins de guitare plus de percussions, tourne en boucle dans les clubs avant même de passer à la radio. Parfois vingt minutes d’affilée. Les gens deviennent fous. Dans la foulée, il reprend Mony Mony, chanson qui passait sur un transistor dans un parc en pleine perte de sa virginité. Même résultat, un carton dans les clubs. Il a bien fait de se barrer.
Arrive alors la rencontre avec Steve Stevens. Guitariste new-yorkais, glam, métal, précis comme un scalpel. Deux semaines plus tard ils jouent ensemble. C’est réglé.
New York lui va bien, à Billy. Nile Rogers témoigne dans le documentaire d’une soirée au Continental Club. Bowie, sobre, seul à une table. En prononçant son nom, Billy vomit. Nile finira la nuit à parler jazz avec Bowie. Ça donnera Let’s Dance. Billy, lui, s’essuie la bouche sur sa manche et continue. Au Grand Rex ce soir, c’est le seul éclat de rire collectif de la soirée. Ce qui en dit long. Sur Bowie, dont personne ne conteste jamais les lettres de noblesse. Et peut-être sur Billy, dont on rit encore plus volontiers qu’on ne l’écoute. En 2026 comme en 1982.
Les radios américaines ne veulent pas de Billy. Sa tête sur la pochette de Hot in the City fait fuir les publicitaires. Trop punk. On retire sa tête. Il enregistre le nom d’une centaine de villes pour que chaque station locale puisse personnaliser le morceau. Le titre cartonne. Leçon de marketing. Entrer par la fenêtre, c’est toujours entrer.
Snarl, le rictus bankable
L’album Billy Idol sort un peu plus tard, en juillet 1982. Le pays qui l’a formé l’ignore. Le pays qu’il vient d’adopter l’accueille à moitié. Il lui faut un visage. Le sien, cette fois. Ça tombe bien, MTV (Music TeleVision) vient de naître. Elle ne vend pas du son, elle vend des images. Et Billy a une gueule qui ne ressemble à personne d’autre. Ce rictus, cette lèvre retroussée, mépris et désir dans le même mouvement, c’est Elvis passé sous le rouleau compresseur punk. Premier visage punk devenu bankable sans se trahir, Billy Idol démontre qu’on peut vendre de la rébellion sans la désamorcer.
White Wedding et son clip déboulent. Faux cimetière, des croix partout, Perri Lister sa compagne en mariée, une alliance en barbelé qui fait saigner le doigt, des filles qui se tapent les fesses devant l’autel au rythme des claps, et un cascadeur à moto qui passe à travers le vitrail représentant le visage de Jésus. MTV censure le sang et l’anneau en barbelé. Puis passe le clip toutes les heures, faute de contenu pour remplir vingt-quatre heures. Billy entre dans tous les salons américains par la petite lucarne. Les gamins appellent les radios pour réclamer le morceau. Elles capitulent. Le punk qui n’avait pas le droit d’avoir un visage est maintenant partout.
Rebel Yell, cri d’amour pour Perri, Eyes Without a Face prémonitoire de leur rupture, Flesh for Fantasy, les singles de l’album Rebel Yell (1983) s’enchainent et cartonnent. Billy déboule sur les ondes radios en Europe. Et dans ma chambre d’ado à Bruxelles. Pas très sure de ce que « Face to face and back to back / You see and feel my sex attack » veut dire, mais je sens que c’est important. Très important.
A douze ans, ça s’appelle de l’éducation.

Drugs, Sex & Rock’n’Roll
Akerlund dresse le portrait d’un homme qui témoigne de sa propre destruction avec le recul d’un scientifique. « Never-ending broads and bikes, plus a steady diet of pot, cocaine, ecstasy, smack, opium, quaaludes, and reds ». Filles motos, herbe, coke, ecstasy, héroïne, opium, quaaludes, barbituriques. Ce n’est pas une confession. C’est un inventaire. Celui de son quotidien. Dans les interviews, pas de mea culpa, pas de larmes de crocodile. Quelques petits rires parfois. Juste un type qui constate ce qui s’est passé dans son corps comme si c’était arrivé à quelqu’un d’autre. Ce qui était peut-être le cas.
Billy Idol n’est pas seul. Il ne l’a jamais été. William Broad cohabite avec Billy Idol. Qui cohabite avec Zool. Oui, comme dans Ghostbusters. Zool, c’est le nom choisi pour l’alter égo défoncé et pas très sympathique qui surgit quand les deux autres ont perdu le contrôle. Zool ne dort pas, ne mange pas. Zool se shoote. Zool hurle « more, more, more » et fracasse tout ce qui bouge. Erratique, agressif, incontrôlable, il ne figure sur aucune pochette d’album. Alors Akerlund le représente sous la forme d’un monstre. Le seul faux pas du film. Si Zool fait peur sur le papier, à l’écran, il fait sourire.
Eyes Without a Face est son premier vrai hit au Royaume-Uni. En juillet 1984, retour triomphal et consécration. Un passage dans l’émission Top of the Pops. Ça mérite une fête. Sa nouvelle amie ? Persian Brown, l’héroïne la plus forte du moment. Une ligne ou deux suffisent. Billy est gourmand. Ce sera cinq. Cascades, verdure, amants nus, délices sexuels. Billy est un empereur dans un palais d’opium, roi aux lèvres bleues qui ne veut pas se réveiller. Il finira dans un bain glacé puis sur le toit, à marcher des heures pour ne pas mourir. Quelques heures plus tard, il sourit à Top of the Pops. Sans que personne ne sache rien.
Should be dead ? Oui. Mais non.
Retour aux Etats Unis. Billy est au tribunal. Accusation de déviance sexuelle par une fille éconduite pour une plus jeune. Il se présente à l’audience préliminaire en costume écossais, boutons en forme de pénis et de testicules camouflés dans le tissu. La jeunette, elle, est déboutée. Ce qui ne l’empêchera pas de recevoir la reconnaissance ultime. La couv’ de Rolling Stone US, prévue pour janvier 1985. Cheveux peroxydés en bataille, torse nu, pagne en cuir clouté couvrant à peine l’essentiel. A l’intérieur, une photo avec ses fesses dévoilées.
Le magazine n’est jamais arrivé en Belgique. Dommage. Il aurait terminé en haut de ma mezzanine.
Sevrage, mode d’emploi
Tant bien que mal, entre filles et drogues, drogues et filles, Billy est en studio pour le nouvel album. L’enfer. Il se sèvre de l’héroïne avec le crack. « It worked ». Ça a marché. Pragmatisme absolu. Pendant qu’il se reconstruit, moi je construis. Sur les murs de ma chambre cohabitent le good boy et le bad boy. Morten (A-Ha) et Billy. De quoi faire enrager mon père. Ce qui est une raison suffisante.
L’album Whiplash Smile sort fin 1986. Les singles tournent en boucle sur MTV (To Be a Lover, Sweet Sixteen et Don’t Need a Gun). Billy, lui, se fait prendre à Washington Square dans un coup de filet anti-crack. Une de ses conquêtes se dénonce à sa place. Il ouvre son concert à New York par un « De Washington Square à Madison Square ». Il clôture la tournée avec un guitariste en moins. La dispute a l’élégance d’un règlement de compte d’une cour de récré. « C’est mon groupe » ! « Ton groupe? C’est mon groupe » ! Steven, Billy, âge mental 6 ans. Steve part. Billy aussi.
Nouveau départ à Los Angeles. Perri est enceinte. Billy se remet au travail. En studio, c’est bonne résolution sur bonne résolution. On reste focus, pas de drogue. Le vendredi suivant, ecstasy pour tout le monde. Puis le jeudi. Puis tous les jours. Des filles dans le studio à toute heure. Focus, on avait dit. Le plafond gris de l’hôpital n’a plus de secret pour Billy. A force, il sait exactement où il est dès qu’il ouvre un œil.
Une routine qui dure deux ans.
Charmed Life
Pendant que Steve accompagne Michael Jackson sur le Bad Tour, Billy fait des enfants. Deux. Avec deux femmes. Perri se barre, Billy file à Bangkok. Il replonge, avec l’héroïne la plus pure qu’il n’a jamais vue. Il finira évanoui en sortant de l’ascenseur de l’hôtel. Les portes, bloquées, s’ouvrent et se ferment devant un Mel Gibson en famille. Zool n’a jamais été aussi proche de Billy. Un p’tit nouveau complète cette cohabitation. Bilvis, son côté barje. Attaché à un brancard, encadré de quatre soldats en armes jusqu’à l’avion, retour à Los Angeles. Dans les bagages, mille polaroids souvenirs. Un par fille.
L’enregistrement de Charmed Life se termine le 5 février 1990. Le lendemain matin, encore sous les effets de l’alcool et de l’héroïne, Billy grille un stop au volant de sa Harley.
Should be dead ? Oui. Mais non.
Le rock’n’roll a des limites. Sept heures de chirurgie. Une tige en acier dans la jambe pour éviter une amputation. C’est le moment où Akerlund en fait trop. Les images de Billy allongé et ferraillé passent et repassent, alternant avec le témoignage de Maman William. Billy ne peut tenir sur ses jambes. Le clip de Cradle of love ne montre que son buste et son visage. Plus compliqué pour endosser le rôle de T-1000 dans Terminator 2. À la place d’être le robot tueur le plus célèbre du cinéma, Billy apprend à remarcher.
Carrière cinématographique ? Dead. Ca y est, c’est dit.
Billy Idol part en tournée, avec sa tige en acier, une canne et Faith No More en première partie, choisis avant même qu’Epic ne les propulse sur le devant de la scène. Mais le vent tourne. Le grunge est là, avec ses fringues sales et son mépris pour tout ce qui brille. Billy Idol est du mauvais côté de l’histoire.
1993, Cyberpunk. L’album est enregistré chez lui, sur son ordinateur. Le dossier de presse est envoyé sur disquette. Billy crée une adresse email pour que ses fans lui écrivent directement. Poste sur des forums Usenet. Vingt ans avant que tout le monde n’appelle ça stratégie digitale. Ça ne prend pas. « Cybershit » titre un journaliste. L’album finit dans les bacs à solde. Et moi, je le lâche. Le changement de tête avec des dreadlocks peroxydées qui ressemblent à des nouilles froides, c’est au-dessus de mes forces.
Should be dead ? Oui. Mais non.
Douze ans de solitude
S’ensuivent douze ans de naufrage en slow motion. Akerlund les traverse vite. Trop vite. En 1994, Billy s’effondre devant une boîte de nuit. Overdose, hôpital, retour à la case départ. C’est là qu’il décide de changer. Pour ses enfants. William décide de sauver Billy. Billy veut faire sa peau à Zool. Désintox, rechute, désintox, rechute. Son monde s’écroule. Le documentaire d’Akerlund effleure ces années. Ce sont pourtant elles qui expliquent pourquoi William a fini par gagner.
En 2001, son Greatest Hits dépasse le million d’exemplaires. MTV fête ses 20 ans. Billy Idol est dans la salle. Réconciliation avec Steve Stevens, ils repartent en tournée des clubs. Comme avant. De là nait l’album Devil’s Playground en 2005. Douze ans d’absence, je replonge. Moyen, l’album. Pour être gentille. Mais bon. Il est de retour, c’est tout ce qui compte.
Akerlund passe sous silence ce qui suit. Un album avec dix-sept chansons de Noël. Dix-sept. On va dire que c’est une décision éditoriale.

La minute et seize secondes
2014, nouvel album Kings & Queens of the Underground. Du bon et du moins bon. Pas de quoi décrocher Rebel Yell ou Whiplash Smile de mon étagère, mais surtout, une tournée. Et enfin une date en France après vingt-deux ans d’absence. La France qui fait semblant de ne pas le connaître va devoir se lever.
Ce soir-là, Billy me regarde. Une minute et seize secondes. Les yeux dans les yeux, le poing tapant son cœur, un petit déhanché, un coup de rein sec. Pour moi. Rien que pour moi.
Quelques mois plus tard, Billy n’a de yeux que pour une autre. Miley Cyrus. Les vieux clips de Billy sont ses pornos préférés. C’est elle qui le dit. Et le répète dans le documentaire. Duo live en 2016. Ils se revoient. Ce fut elle, ça aurait pu être moi. À vingt-quatre heures près, on était tous les deux dans le même hôtel à Los Angeles. Duo studio en 2020. Bon, là, je n’ai pas ma place.
Jalouse ? Moi ?
Oui. Mais non
Sex, drugs and rock’n’roll, ça laisse des traces. Disques de platine, trous de mémoire, et un fils découvert trente-cinq ans plus tard. Surpris, Billy ? « I had sex with a million people ». Pragmatisme absolu, encore. Derrière les trois mantras du rock, il y a le reste. Tout le reste. Vivre et survivre.
Survivre chez Billy Idol, c’est se fragmenter pour ne pas disparaître complètement. William, Billy, Zool, Bilvis, et peut-être d’autres encore. Akerlund les a tous compris. Ce documentaire n’est pas l’histoire d’un homme qui aurait dû mourir deux fois. C’est celle d’un homme qui a failli disparaître à chaque décennie. Qui s’est relevé à chaque fois avec un nom de moins et une cicatrice de plus. Akerlund n’a pas fait le portrait d’un musicien. Steve Stevens traverse le film comme une parenthèse. Une seule apparition, furtive. Maman William et Perri, elles, ne le lâchent pas, fil conducteur d’une mémoire qui n’appartient plus tout à fait à William. Akerlund a fait celui d’un homme qui a survécu à ses propres disparitions.
Ce qu’Akerlund a choisi de ne pas montrer, Billy Idol l’a écrit dans son autobiographie (Drugs, Sex & Rock’n’Roll, Editions l’Archipel, 2015). Il n’a rien épargné. Si le documentaire ouvre des portes, le livre les défonce. Cerise sur le gâteau, l’autobiographie existe en version audio enregistrée par Billy Idol himself. Douze heures avec sa voix… Nuits d’insomnies et problèmes de couple en perspective.
À la fin de la projection, Billy Idol se prête au jeu des questions. Il rigole, il lève le poing, il assume. Sans embellir. Sans rédemption de façade. Pas de mea culpa. Quarante ans qu’il se relève. Qu’il dit va te faire foutre au No Future.
Billy remonte l’allée de la salle de cinéma. Un mètre à peine nous sépare. Ma rétine restitue le poster de ma chambre d’ado. Torse nu, chaînes, slip en cuir. Billy file sans s’arrêter. Sans que je lui saute dessus. Je vieillis.
Elle a raison, Miley. Billy Fucking Idol est toujours le gars le plus hot de la salle.
Delph

Billy Idol Should Be Dead disponible sur Sky Arts et NOW depuis le 26 mars 2026.
Autobiographie : Billy Idol Drugs, sex & Rack’n’Roll, Edition l’Archipel 2015




