Interview – Mike Sanchez, Acid Bath : « L’amour est plus puissant que la haine. »

par | 17 Sep 2026 | Actus, Interviews

Temps de lecture : 16 min

Dans les entrailles du Stade de France, Mike Sanchez parle d’Acid Bath comme d’une bête remontée des marécages : née de la faim, de la colère, de l’acide et du deuil. Quelques heures avant d’ouvrir pour Queens of the Stone Age et System of a Down, le guitariste évoque une résurrection inattendue pour un groupe longtemps considéré comme maudit, revenu réclamer sa place comme une ombre qui refuse de disparaître. Du Hellfest brûlant aux fantômes d’un ami disparu, il raconte comment une formation culte des terres humides de Louisiane s’est retrouvée propulsée devant un public qui, pour beaucoup, n’était même pas né lors de leurs débuts.

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Mike Sanchez, sur la scène du Stade de France. Photo François Capdeville.

 

2 juillet, 14h30. Le Stade de France est là, sous la pluie. Le soleil. Les deux. Par intermittence. Ce soir c’est System of a Down et Queens of the Stone Age, pour la première date de leurs deux concerts-évènements. J’arrive en avance pour l’interview d’Acid Bath qui joue en première partie, sans savoir qui je vais rencontrer. Dax prendra-t-il la parole ? Rien n’est moins sûr. Premier contrôle-check. Ah non, l’accès presse ce n’est pas ici. Demi-tour. Ressortez, allez à la barrière. Deuxième contrôle-check. Pas de liste, pas de laisser-passer. Heureusement j’ai le contact du tour manager d’Acid Bath. Message. Téléphone. Talkie-walkie. Il faut montrer patte blanche ou mouton à cinq pattes de 3 niveaux de blanc en l’occurrence. Finalement on m’imprime un laisser-passer dans les loges avec une photo sortie d’insta et c’est en voiturette de golf qu’on vient me chercher pour m’enmener dans les sous-sols du Stade de France, via un méandre de tunnels et de virages en dérapage. Bien accrochée. Pas tomber. Enfin le bon étage et un long couloir avec des portes fermées. Loge de SOAD. Loge de QOTSA. C’est étrangement calme. Puis au fond sur la droite une porte ouverte et tous les membres d’Acid Bath sont là, ça rigole et ça papote en buvant de l’eau minérale. Hi guys ! Grands sourires, check de main et welcome hug, les gars sont visiblement très heureux d’être là. Tour manager : « Hey, qui veut faire l’interview avec Rock Sound ?  » Dax réserve sa voix. Mike se porte volontaire. « Allez, moi je veux bien, ça va être cool ! ». Nouvelle loge pour être au calme. Canapés moelleux, micro branché. C’est parti.

 

Caro (RockSound) : Salut Mike, comment vas-tu ? En forme pour ce soir ?

Mike Sanchez : Ça va pas mal merci mais mon nez est complètement foutu. L’air est très sec ici, Je suis habitué à l’humidité de la Louisiane, j’ai les sinus en vrac…

Caro : J’étais au Hellfest fin juin, mais je t’ai raté là-bas avec Acid Bath, donc aujourd’hui, c’est ma deuxième chance de te rencontrer.

Mike Sanchez : C’est cool. Heureux de te rencontrer !

Caro : Tout pareil. Comment c’était, le Hellfest, pour toi ?

Mike Sanchez : C’était génial. C’était fun. Juste très chaud. On est arrivés à 11 h le dimanche. On a joué à 20 h 50, et la clim est tombée en panne entretemps. Mais c’était fun. Vraiment fun.

Caro : Je vous ai raté parce que pendant que vous jouiez, j’étais sur la Mainstage en train de fondre devant The Hives.

Mike Sanchez : D’accord, les suédois en folie.

Caro : Totalement en folie et totalement en surchauffe, j’adore. Il faisait 42 degrés sur la Mainstage. Le sol était goudronné, chauffé à 50 degrés, et la chaleur traversait nos semelles. C’était intense le dimanche. J’ai encore de la poussière du Hellfest sur les chaussures, regarde !

Mike Sanchez : Ouais, c’est comme ça chez nous, on est habitués aux grosses chaleurs bien humides qui font friser les cheveux.

Caro : Et le public ?

Mike Sanchez : Le public était super. Je pense qu’il y avait des gens qui savaient qui on était, mais la majorité ne nous connaissait pas. Mais ils sont quand même rentrés dedans. Personne n’est parti. Les gens arrivaient encore pendant notre set, donc c’était bon signe.

Caro : C’est un gros retour — après deux décennies — et vous faites le Hellfest, énorme, puis le Stade de France aujourd’hui (et demain aussi), encore plus énorme. Comment tu vis ce comeback ?

Mike Sanchez : Ça se passe super bien. Vraiment. Je n’aurais jamais imaginé ça il y a 28 ans, 30 ans. Je suis fier de certaines des musiques qu’on a écrites, qu’elles aient une chance d’atteindre le public. C’est beau.

Caro : Vous avez commencé dans des petits bars en Louisiane, donc j’imagine que vous ne vous projetiez pas dans des stades.

Mike Sanchez : Je n’aurais jamais pensé qu’on pourrait venir en Europe, honnêtement.

Caro : Ouais ?

Mike Sanchez : Ouais.

Caro : Mais les deux albums ont super bien marché, et ils sont arrivés en Europe aussi.

Mike Sanchez : On était signés chez Roadrunner pour le premier album — ou Road Racer, un truc comme ça — mais ils n’ont rien fait. Personne n’en avait vraiment quelque chose à foutre de nous à l’époque. On était un groupe différent dans les années 90. On ne pouvait jouer avec personne parce que personne ne savait avec qui nous mettre. À l’époque, il y avait des groupes très lourds : Cannibal Corpse, Napalm Death… Il n’y avait pas de groupes “son Acid Bath”. Donc c’était dur de trouver une tournée qui nous représentait. On était vus différemment.

Caro : Parce que vous arriviez après le grunge et dans un style qui ne ressemblait à aucun autre…

Mike Sanchez : En même temps, je suppose. Ce n’était pas du grunge. On ne savait pas comment appeler ça, honnêtement. Pour nous, c’était juste de la musique. J’aime les chansons. Pas les catégories… tu vois, les gens aiment les groupes. Moi j’aime les chansons. C’est pour ça que dans Acid Bath tu as des morceaux très différents — de “Bones and Baby Dolls” à “Locust Spawning”. Un gros contraste. On aime juste les chansons.

 

 

Le retour d’Acid Bath

Caro : Et quel a été le vrai déclencheur, le vrai catalyseur du retour d’Acid Bath après toutes ces années ? Une conversation ? Un moment où vous vous êtes dit : “OK, on y va” ?

Mike Sanchez : Il y a un gars qui s’appelle Tommy Beatar. Un vieil ami. Une très belle personne. On est allés jouer… je ne sais plus où, Panama City ou un endroit comme ça. Et quand on est revenus, il est mort le week‑end suivant. On parlait déjà de se remettre ensemble, mais on ne savait pas comment faire. Je ne savais pas comment les gens réagiraient.

Caro : Rien n’était clair.

Mike Sanchez : Sam était sur la route. Sammy disait : “Ouais, il faut qu’on le fasse.” Mais on n’a jamais pensé que ce serait aussi gros. On imaginait mille personnes, peut‑être. C’était quoi la question déjà ?

Caro : Quand vous avez décidé de revenir… Le déclencheur.

Mike Sanchez : Après la mort de Tommy, moi et Sammy on en parlait. Puis on a appelé Dax. Il a dit : “Oui, je pense que c’est le bon moment.” Mais Sammy était sur la route. Donc moi et Dax, on s’est réunis avec quelques autres pour commencer à organiser. Quand Sam est revenu avec Zach et Shane, ça a tout soudé. Et là, on a su qu’on avait quelque chose. Le premier concert s’est vendu en cinq minutes, à La Nouvelle‑Orléans. On a eu plus de confiance. Puis on a commencé à remplir des salles à New York et L.A. D’un coup, c’était : “Qu’est‑ce qui se passe, putain ?” On ne s’y attendait pas. On n’a vraiment cru que c’était réel qu’en arrivant sur place. Et là, plein de gens. J’ai adoré. C’était génial.

Caro : Pour le premier concert, vous aviez annoncé la réunion ? Ou vous avez juste fait le show ?

Mike Sanchez : On avait annoncé le Sick New World, mais ça a été annulé. On avait beaucoup répété pour ce show. Il a été annulé — pas cette année, l’année dernière. En 2025, je crois. Donc on était déjà prêts. Notre agent a dit : “Faites un concert au Fillmore, à New Orleans.” On l’a fait. C’était une super expérience. Très émotionnelle.

Caro : Avant ça, il y avait des messages de fans qui vous demandaient de revenir ?

Mike Sanchez : Pas à moi personnellement. Mes amis disaient toujours : “Quand vous vous remettez ensemble ?” Je ne savais pas. Je ne suis pas un mec des réseaux sociaux. Je ne suis personne. Je ne sais pas quoi dire. Je suis juste un vieux freak. Donc je ne savais pas que ce serait aussi gros.

Caro : Et la première répétition après tout ce temps ? La musique est revenue tout de suite ?

Mike Sanchez : Dax est un super chanteur, mais il ne savait pas s’il pouvait encore crier.

Caro : Oui, mais il a fait des projets solo.

Mike Sanchez : Oui, mais il ne criait pas — il chantait. Il se défonçait la voix. Donc il ne savait pas ce qu’il pouvait faire. On était dans la salle de répète, et j’ai commencé à jouer “Pagan Love Song”. On s’est tous mis à jouer. Dax est monté en courant, en le chantant parfaitement. On s’est dit : “C’est bon.” C’était revenu.

Caro : Certains vieux morceaux sonnent différemment maintenant ?

Mike Sanchez : Oui. On les a un peu changés. Une variation différente. Par exemple “Bones and Baby Dolls”, la fin est plus lourde maintenant. C’est comme une nouvelle “New Death Sensation”. On a changé des trucs que vous ne remarquez peut‑être pas, mais nous oui. Ça rend le truc plus fun.

Caro : Et quand vous revisitez “The Winter Kite Swing Pops” ou “Pagan Treadmills”, vous entendez des choses que vous n’entendiez pas à l’époque ?

Mike Sanchez : Oui. J’entends plein de trucs que j’aurais dû faire. Chaque putain de disque que j’ai fait, j’ai l’impression que j’aurais dû faire mieux. On enregistrait en deux semaines, avec 5 000 dollars. Chaque album : “Faites vite, sortez‑le.” Si on avait eu plus de temps, ça aurait été mieux… ou pire. Tu ne sais jamais. Peut‑être trop produit. Mais j’entends des choses que je n’aime pas et que je ferais différemment aujourd’hui — et que je fais différemment aujourd’hui. C’est frais.

Caro : Emotionnellement, un morceau te touche différemment maintenant ?

Mike Sanchez : “New Death Sensation”, la fin. C’est puissant, la façon dont Dax la chante.

 

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Acid Bath – Stade de France – Photo by François Capdeville

 

La scène louisianaise

Caro : La scène louisianaise des 90s était unique, créative, dangereuse. Qu’est‑ce qui la rendait si spéciale pour vous ?

Mike Sanchez : Pour ceux qui n’y étaient pas, c’était spécial. Pour nous, c’était la faim et la colère. C’était dur. J’ai dormi dans un cinéma porno fermé. Sur des canapés pendant sept ans.

Caro : Beaucoup de musiciens connaissent les canapés en tournée en effet…

Mike Sanchez : Je ne pouvais jamais être moi‑même. Je devais jouer un rôle. Si les gens ne m’aimaient pas, je ne pouvais pas dormir chez eux. Donc je devais être drôle, vif, ce qu’ils voulaient que je sois. Très stressant. Je n’avais rien — pas de téléphone, pas de voiture. Aujourd’hui, c’est mon anniversaire de mariage — 25 ans. Quand j’ai rencontré ma femme, je lui ai donné le numéro de mon batteur, parce que je vivais chez lui.

Caro : Méfie‑toi des batteurs ! Ahaha !

Mike Sanchez : Je ne pouvais rien garder, même pas des fringues. Maintenant je peux être mon moi bizarre.

Caro : Acid Bath aurait pu naître ailleurs, comme Seattle ?

Mike Sanchez : Non. Il fallait qu’on soit là d’où on vient. On ne vient pas vraiment de New Orleans — on vient des marécages autour : Deep Colma, Morgan City, Galliano. Il n’y a rien à faire. Donc tu écris. Tu crées.

Caro : Oui.

Mike Sanchez : Et à l’époque… beaucoup de drogues. Beaucoup d’acide. Ça élargissait l’esprit. Ça enlevait la solitude, la douleur, la colère. La vie était misérable. De 94 à 96, c’était bien. Puis notre bassiste est mort en 97. Ça a tout détruit. C’était un super gars. J’y pense tous les jours.

Caro : Et vous avez décidé que c’était fini.

Mike Sanchez : On était des frères. Et quand tu perds un frère, tu ne peux que souffrir. Mais ça nous a fait grandir. On écrivait des chansons en trois minutes, mais on n’arrivait pas à choisir une pochette. On avait tous des idées différentes. Ron, du label, a pris un artiste — Ken Cornidge, je crois. Il a lu les paroles de Dax et a dit : “C’est un serial killer.” Mais non. C’est psychologique. Comme parfois dans nos têtes : quelqu’un te coupe la route, tu veux lui trancher la gorge. C’est humain.

Caro : Tant que tu ne le fais pas…

Mike Sanchez : On est des animaux avec de l’amour. Des hippies au cœur noir.

 

 

Un nouveau public

Caro : Aujourd’hui, tu joues devant des gens qui n’étaient pas nés. Comment tu le vis ?

Mike Sanchez : C’est merveilleux. Je ne pensais pas que des gamins aimeraient ça. Comment expliquer Acid Bath ? C’est complètement barré.

Caro : Ce n’est pas un genre.

Mike Sanchez : C’est l’âme. Mon esprit dans les chansons. Sans ça, tu n’as rien.

Caro : On m’a dit que votre musique redevenait virale sur TikTok.

Mike Sanchez : Je n’y croyais pas. Je pensais que c’étaient les mêmes 20 personnes. Tu ne sais jamais ce qui se passe. Tu sais pourquoi je regarde le papier toilette après m’être essuyé ? Parce que je ne crois pas à la merde.

Caro : À un moment tu as dit : “On est devenus une tendance.”

Mike Sanchez : Je ne pense pas qu’on soit une tendance. Les gamins comprennent juste maintenant. Avant, c’était soit très lourd, soit Nirvana/Pearl Jam. Nous, on était partout. On a même joué une ballade au Hellfest.

Caro : Sur la scène Valley, c’est plutôt stoner/psyché comme style de programmation.

Mike Sanchez : On a un peu de tout dans notre style. Grunge ? Sludge ? Je n’appelle ça rien. Sludge, on dirait un escargot qui joue ahaha.

Caro : Des fans ont mis votre musique sur Pornhub pour que ce soit accessible à un moment où elle n’était plus nulle part. Tu le savais ?

Mike Sanchez : Pornhub ?

Caro : Oui, parce qu’on ne trouvait vos morceaux nulle part.

Mike Sanchez : Une chanson qui donne des orgasmes ? J’adore ça. Je ne pourrais pas me masturber sur ma propre musique.

Caro : Ce serait étrange.

Mike Sanchez : Oui.

Caro : Vous travaillez sur un troisième album ?

Mike Sanchez : Jamais dire jamais. Peut‑être. Ça dépend de choses dont je ne peux pas parler. Moi, j’aimerais. Mais il faut que certaines conditions soient réunies.

Caro : Et tourner à nouveau dans des énormes salles, ça vous fait quoi ?

Mike Sanchez : C’est fabuleux. Je n’aurais jamais imaginé ça. Quand j’étais gamin, je voyais David Lee Roth et je me demandais comment ils faisaient. Maintenant je le fais. Devant 2 000 personnes, c’est intime. Dans les arènes, tu ne vois que quelques rangées. Manchester était incroyable — les gens chantaient fort. Mais c’est dur d’être intime dans une arène.

Caro : Comment vous avez rejoint cette tournée ?

Mike Sanchez : Je ne sais pas. Notre agent a dit : “Vous voulez jouer en Europe avec System of a Down et Queens of the Stone Age ?” Bien sûr. Je ne sais pas comment c’est arrivé. On m’a juste demandé. Je n’allais pas dire non.

Caro : Aujourd’hui, j’ai écouté le nouvel album de Queens of the Stone Age avec Josh Homme. Tequila pour tout le monde.

Mike Sanchez : Ça met dans l’ambiance. Je valide la démarche.

 

Un trip d’amour

Caro : D’où vient le nom Acid Bath ?

Mike Sanchez : Pour notre première tournée, en 93, on était payés 50 dollars et de l’eau. On a acheté mille doses d’acide. Tu achetais une dose, tu avais un t‑shirt et un CD pour 20 dollars. Ça nous a sauvés. D’où Acid Bath.

Caro : Voilà donc l’origine du nom.

Mike Sanchez : Il y avait un groupe punk qui s’appelait comme ça. On leur a demandé la permission. Pour nous, c’est un trip LSD, pas un bain d’acide qui te dissout.

Caro : Tu écoutes et tu pars dans une autre dimension…

Mike Sanchez : Moi je pars sur scène… en jouant.

Caro : Quel est ton meilleur souvenir de concert ?

Mike Sanchez : Le premier, au Fillmore. Je n’avais jamais ressenti ça. Des gens pleuraient. Je ne comprenais pas à quel point on comptait pour eux. C’était comme de l’héroïne. Puissant. Comme Dieu avec une carte de crédit.

Caro : L’image est parfaite.

Mike Sanchez : L’amour partagé. L’amour est plus puissant que la haine. Les gens pensent que l’amour c’est pour les faibles. Pas celui dont je parle. L’amour de la musique, des gens. La haine et l’amour, c’est yin et yang. Tu ne peux haïr que ceux que tu aimes. Si tu t’en fous, tu t’en fous. Si tu dois tuer quelqu’un, tue quelqu’un que tu aimes. Que ça compte.

Caro : Ou ne tue personne.

Mike Sanchez : Cette expérience m’a fait grandir. Avant, j’étais un punk taré. Maintenant je réfléchis avant de réagir. Beaucoup de choses dans ta tête ne sont pas réelles. Tu stresses pour rien. J’ai appris à rester calme. À ne pas prendre les critiques à cœur.

Caro : Qu’est‑ce que tu veux que le public ressente ce soir ?

Mike Sanchez : L’âme. L’esprit. Mon show. La France.

Caro : J’espère vous revoir dans une petite salle l’an prochain.

Mike Sanchez : Je suis à droite sur scène si tu regardes tout à l’heure.

Caro : Je serai à gauche, côté presse.

Mike Sanchez : Une demi‑heure avant de jouer, je perds toute énergie. Mais dès les deux premières notes… je suis dedans. Je pense que je réfléchis trop.

Caro : Quelle est ta chanson préférée sur scène ?

Mike Sanchez : “Pagan Love Song”. “Tranquilized”. Elles sont toutes cool.

Caro : Une où tu te sens le plus toi‑même ?

Mike Sanchez : “New Death Sensation”. Je l’ai écrite. Elle a plus de substance pour moi. “Leave Me An Ocean” aussi. “Venus Blue”. Elles ont toutes des moments où tu sens l’âme, l’émotion.

Caro : Oui.

Mike Sanchez : Si tu ne joues pas les dynamiques correctement, tu perds l’effet. Quand le moment arrive… c’est beau. C’est pour ça que je saute ou fais un truc débile.

Caro : Y a-t-il une chanson qui surprend le public ?

Mike Sanchez : Non. Celles que je pense efficaces… le sont. On ralentit au milieu, c’est intime. J’aime les lentes pour le ressenti. J’aime les lourdes pour jammer. Elles ont toutes leurs moments. “Pagan Love Song”, “Believe Me Love”… On les joue ce soir.

Caro : Merci beaucoup Mike pour cette discussion, j’ai hâte de vous voir tous à l’œuvre sur scène.

Mike Sanchez : Merci à toi, c’était très cool de prendre le temps de causer.

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Une interview de Caro @Zi.only.Caro sur Instagram, dans les méandres du Stade de France avec les belles photos de François Capdeville.

@acidbath.official sur Instagram