The CURE NIMES-Credit photo Eric CANTO

The Cure illumine le festival de Nîmes

par | 30 Juil 2026 | À la Une

Temps de lecture : 7 min

Festival de Nîmes, 24, 25 et 26 juillet 2026. And Also the Trees en ouverture. Sur scène à 21h25, rideau à 00h05, deux heures quarante par soir, trois soirs de suite. Et dans les gradins, une foule qui n’a pas attendu la troisième chanson pour se lever.

Il y a des concerts où le public arrive poli, s’assied, attend qu’on lui prouve quelque chose. Ce n’était pas le cas ici. Dès les premières notes, le public est debout, et il le restera jusqu’à minuit passé. Les Arènes ont deux mille ans d’habitude en matière de foules bruyantes, et pourtant elles ont rarement vu ça : une ferveur qui ne retombe pas, qui ne cherche pas son souffle, qui tient la distance sur presque trois heures et sur trois soirs d’affilée.

The CURE NIMES-Credit photo Eric CANTO

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Une édition qui n’avait rien à envier à personne

Il faut remettre ces trois nuits dans leur contexte, parce que le Festival de Nîmes vient de signer une édition d’une insolence rare. Regardez ce qui est passé sous ces arcades entre juin et fin juillet : Nick Cave and the Bad Seeds, Sting, Lorde, les Pixies, Jamiroquai, Lenny Kravitz, Katy Perry, Marilyn Manson, les Black Eyed Peas, Sabaton et Bloodywood, Feu! Chatterton, Vanessa Paradis, Gaëtan Roussel, deux soirs d’Orelsan. Puis The Cure, trois fois.

Peu de festivals européens peuvent aligner une telle amplitude sans se disperser, et encore moins dans un lieu de cette taille où chaque soir se joue à guichets fermés ou presque. Programmer un groupe trois nuits d’affilée aux Arènes n’est pas une facilité de calendrier, c’est une déclaration : celle d’un festival qui assume de transformer une date en résidence, et qui parie que le public suivra. Le public a suivi.

Un public qui se transmet de père en fille

Le plus frappant se voyait avant même le premier accord, dans les files d’attente et dans les travées. Des gens de soixante ans qui ont acheté leurs disques en 1980, à côté d’adolescents qui connaissent chaque parole par coeur et qui n’étaient pas nés quand Wish est sorti. Des familles entières. Du noir, beaucoup de noir, du rouge à lèvres, des cheveux dressés, et juste à côté des gamins en t-shirt qui hurlent aussi fort.

C’est le privilège des groupes devenus culte, et il ne se décrète pas. On ne fabrique pas ça avec du marketing, on l’obtient en tenant quarante-sept ans sans se renier. The Cure n’a pas un public de nostalgiques, il a un public qui se transmet. Ce n’est pas la même chose, et ça s’entend au volume des reprises en choeur, qui montaient des gradins hauts jusqu’à recouvrir la scène.

The CURE NIMES-Credit photo Eric CANTO

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La voix

Robert Smith a soixante-sept ans. Sa voix n’a pas bougé.

Il faut le dire simplement parce que c’est simplement vrai, et parce que c’est rare au point d’en être presque anormal. Le même timbre, la même fragilité tenue, la même capacité à passer du murmure à la plainte sans effort apparent. Aucune baisse de tonalité, aucun morceau expédié, aucun de ces arrangements de complaisance qui trahissent les chanteurs fatigués. Sur Pictures of You, sur A Forest, sur Endsong, il chante exactement comme on l’attendait, et cette absence de compromis est en soi une prise de position.

Le groupe derrière lui joue avec la même rigueur. Deux heures quarante par soir, trois soirs, sans une minute de retard ni une minute de rabiot. Une régularité de métronome au service d’une musique qui parle d’effondrement. On peut trouver ça paradoxal, on peut aussi y voir la définition du professionnalisme.

The CURE NIMES-Credit photo Eric CANTO

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Trois soirs, trois concerts différents

Le dispositif était plus malin qu’une simple triplette de dates. Une colonne vertébrale identique chaque nuit, et au milieu un espace que The CURE remplissait autrement à chaque fois. Le 24, ils sortent alt.end, Treasure, Want, Secrets. Le 25, Never Enough, In Your House, Primary. Le 26, ils ouvrent le tiroir du bas et vont chercher Three Imaginary Boys, Charlotte Sometimes, Shake Dog Shake.

Au total, quarante et une chansons différentes sur trois nuits, puisées dans quinze albums, de 1979 à 2024. Les habitués qui avaient pris les trois soirs n’ont pas vu trois fois le même concert, et c’est exactement ce qu’ils étaient venus chercher.

Le premier soir restera dans les annales pour une autre raison : Faith et It Can Never Be the Same y font leur retour, pour la première fois de la tournée. A Letter to Elise réapparaît le même soir, pour la première fois depuis 2016. Trois chansons remontées sur scène après un long sommeil, et Nîmes est l’endroit où ça s’est produit.

The CURE NIMES-Credit photo Eric CANTO

 

THE CURE FDN 2026 Photo Eric CANTO 1

 

 

De l’apocalypse à la piste de danse

L’architecture émotionnelle de la soirée mérite qu’on s’y arrête. Le set principal s’achève sur Endsong, le premier rappel sur Faith. Autrement dit, quatre-vingt-dix minutes qui descendent lentement vers le fond. Puis le second rappel enchaîne neuf chansons pop d’affilée, de The Walk à Boys Don’t Cry en passant par Friday I’m in Love et The Lovecats.

Onze titres de rappel. Plus long, à lui seul, que le set complet de bien des groupes passés dans ces arènes cet été. Et le basculement fonctionne : les mêmes gens qui avaient les yeux humides vingt minutes plus tôt sautent en l’air, et personne ne trouve la transition étrange. C’est la marque de fabrique de ce groupe, et personne d’autre ne sait vraiment le faire.

The CURE NIMES-Credit photo Eric CANTO

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Deux gestes qui disent tout

Les trois soirs, sur A Night Like This, un saxophone. Il est joué par Gabriel Cooper, le fils de Jason Cooper, le batteur. Trois soirs de suite, dans un amphithéâtre romain, devant une foule considérable. On peut disserter longtemps sur ce qui fait tenir un groupe pendant quarante-sept ans, ou bien regarder ça.

Et le dernier soir, à la sortie de A Forest, Simon Gallup glisse quelques mesures de The Holy Hour, seul à la basse. Un fragment de 1981, quelques secondes, offert à ceux qui savent. Un groupe mort en tournée ne fait pas ce genre de choses.

Ce qui reste

Trente-six mille personnes cumulées sur trois nuits, si l’on retient les chiffres avancés. Quarante et une chansons. Une voix de soixante-sept ans qui sonne comme celle d’un homme de trente. Et un amphithéâtre bâti au premier siècle qui, pendant trois soirs, a servi à ce pour quoi on l’avait construit : rassembler beaucoup de monde autour de quelque chose de plus grand qu’eux.

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THE CURE FDN 2026 Photo Eric CANTO 2

THE CURE FDN 2026-Photo Eric CANTO


Fiche technique THE CURE NIMES

  • Lieu : Arènes de Nîmes
  • Cadre : Festival de Nîmes 2026
  • Dates : vendredi 24, samedi 25, dimanche 26 juillet 2026
  • Première partie : And Also the Trees (les trois soirs)
  • Portes : 17h30. Entrée en scène : 21h25. Fin : 00h05. Durée : 2h40
  • Affluence : chiffre de 12 000 par soir à confirmer avant publication

Les trois setlists

THE CURE 24 juillet More Alone (bande) / Alone / Pictures of You / High / Lovesong / Catch / Burn / Fascination Street / alt.end / Push / In Between Days / Just Like Heaven / Treasure / Want / A Night Like This (saxophone : Gabriel Cooper) / Secrets / Play for Today / A Forest / From the Edge of the Deep Green Sea / Endsong Rappel 1 : It Can Never Be the Same (première de la tournée) / Faith (première de la tournée) Rappel 2 : A Letter to Elise (première depuis 2016) / Lullaby / Hot Hot Hot!!! / The Walk / The Lovecats / Friday I’m in Love / Close to Me / Why Can’t I Be You? / Boys Don’t Cry

THE CURE 25 juillet More Alone (bande) / Alone / Pictures of You / High / Lovesong / Catch / Burn / Fascination Street / Never Enough / Push / In Between Days / Just Like Heaven / The Last Day of Summer / In Your House / A Night Like This (saxophone : Gabriel Cooper) / Play for Today / A Forest / Primary / From the Edge of the Deep Green Sea / Endsong Rappel 1 : It Can Never Be the Same / Faith Rappel 2 : A Letter to Elise / Lullaby / The Walk / Mint Car / The Lovecats / Friday I’m in Love / Close to Me / Why Can’t I Be You? / Boys Don’t Cry

THE CURE 26 juillet More Alone (bande) / Alone / Pictures of You / High / Lovesong / Catch / Burn / Fascination Street / A Night Like This (version album, saxophone : Gabriel Cooper) / Push / In Between Days / Just Like Heaven / Trust / Three Imaginary Boys / Charlotte Sometimes / Play for Today / A Forest (suivi d’un fragment de The Holy Hour à la basse par Simon Gallup) / Shake Dog Shake / From the Edge of the Deep Green Sea / Endsong Rappel 1 : It Can Never Be the Same / Faith Rappel 2 : A Letter to Elise / Lullaby / The Walk / The Lovecats / Let’s Go to Bed / Friday I’m in Love / Close to Me / Why Can’t I Be You? / Boys Don’t Cry

Photos : Eric Canto