Vingt-neuf minutes. C’est à peu près le temps qu’il faut à certains pour choisir une playlist. Slayer, lui, a réussi à y faire tenir Reign in Blood, un des disques les plus rapides, les plus secs et les plus discutés de l’histoire du metal. Quarante ans plus tard, il tourne encore.

Reign in Blood : contexte et genèse
Slayer arrive en 1986 avec deux albums derrière lui et une réputation déjà solide dans le thrash. Le virage se joue avec Rick Rubin, producteur du label Def Jam, plus connu à l’époque pour son travail dans le hip-hop. Selon Wikipédia, son regard extérieur provoque un vrai changement de son : morceaux plus serrés et plus rapides, production nette, très peu de réverbération pour que la musique sonne « plus menaçante » et batte comme un pouls plutôt que comme un flou.

Enregistrement
L’album est enregistré entre janvier et mars 1986 à Los Angeles, avec Rick Rubin à la production et Andy Wallace à l’ingénierie, puis mixé à Hit City West. La formation est celle que les fans connaissent par cœur : Tom Araya (basse, chant), Kerry King et Jeff Hanneman (guitares) et Dave Lombardo (batterie).
Tracklist de Reign in Blood
| N° | Titre | Écriture |
|---|---|---|
| 1 | Angel of Death | Jeff Hanneman |
| 2 | Piece by Piece | Kerry King |
| 3 | Necrophobic | Hanneman, King |
| 4 | Altar of Sacrifice | Paroles de King, musique de Hanneman |
| 5 | Jesus Saves | Paroles de King, musique de Hanneman et King |
| 6 | Criminally Insane | Hanneman, King |
| 7 | Reborn | Paroles de King, musique de Hanneman |
| 8 | Epidemic | King, Hanneman |
| 9 | Postmortem | Jeff Hanneman |
| 10 | Raining Blood | Paroles de Hanneman et King, musique de Hanneman |
La réédition de 1998 ajoute Aggressive Perfector et un remix de Criminally Insane, ce qui porte la durée de 28 minutes 55 à 34 minutes 43. Deux singles en ont été tirés : Postmortem (1986) et le remix de Criminally Insane (1987).

Angel of Death : la polémique
La chanson d’ouverture évoque Josef Mengele et les expériences humaines qu’il a menées à Auschwitz. Le texte a valu à Slayer des accusations de sympathie nazie et de racisme. Columbia Records a d’abord refusé de distribuer l’album à cause de ce titre. Il a finalement été distribué par Geffen, mais n’a pas figuré dans le calendrier de sorties du label et le logo Geffen n’a pas été apposé sur la pochette.
Décrire une horreur ne revient pas à l’approuver, une distinction qui a longtemps échappé à une partie du public.
Raining Blood et le sang sur scène
Raining Blood, qui clôt l’album, est joué à presque tous les concerts de Slayer. Sur la vidéo Still Reigning, le groupe finit le morceau recouvert de faux sang.
Lombardo, King, Hanneman : ce que dit la critique
La batterie de Dave Lombardo est régulièrement citée parmi les plus puissantes jamais enregistrées. Lombardo a quitté le groupe fin 1986, avant de revenir en 1987. La pochette, signée Larry Carroll, a contribué à la mauvaise réputation du disque.

Accueil critique, classements et chiffres
L’album a reçu un accueil très favorable : 5 sur 5 chez AllMusic, « plus lourd album de tous les temps » selon Kerrang!, « meilleur album de metal des vingt dernières années » pour Metal Hammer en 2006, 6e du classement Rolling Stone des 100 meilleurs albums de metal en 2017, 6e aussi du classement Rock Hard des 500 meilleurs albums rock et metal en 2005. Il a atteint la 94e place du Billboard 200 américain (débuts à la 127e), la 47e du classement britannique, et a été certifié disque d’or par la RIAA le 20 novembre 1992.

Reign in Blood aujourd’hui
Pour le 40e anniversaire de l’album, Slayer a repris Reign in Blood de bout en bout en concert, d’Angel of Death à Raining Blood, selon MetalZone. Jeff Hanneman est mort en 2013.
Par où commencer ?
Notre avis : lance le disque en entier, d’une traite. C’est la seule façon de comprendre pourquoi Reign in Blood est un album et pas un recueil de singles. Puis passe à South of Heaven (1988) pour voir ce que Slayer fait quand il ralentit.





