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Festival de Nîmes 2026 : l’édition qui a fait sauter tous les compteurs

par | 9 Sep 2026 | À la Une, Culture

Temps de lecture : 4 min

Il y a des soirs où même Robert Smith paraît étonné du bruit qu’il fait encore. Le 26 juillet, sous les arcades des Arènes, quand la dernière note de « Boys Don’t Cry » s’est éteinte, ça faisait trois nuits d’affilée que The Cure jouait à guichets fermés dans un amphithéâtre romain de 2000 ans, et vingt-huit ans presque jour pour jour depuis leur premier passage ici, en 1998, sur une affiche où ils partageaient la soirée avec Louise Attaque. Vingt-huit ans d’écart entre deux venues : jamais vu dans l’histoire du festival.

Crédit photo: Eric CANTO

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Le chiffre qui compte, celui que la mairie a brandi comme un trophée dès le lendemain de la clôture : près de 270 000 spectateurs sur l’ensemble de l’édition. Le précédent record datait de 2024, 190 000 personnes, déjà qualifié à l’époque d’historique. Deux ans plus tard, le festival de Nîmes a fait sauter la banque de 80 000 places supplémentaires. Vingt-neuvième édition, trente et un concerts entre le 11 juin et le 26 juillet, quinze soirées complètes. Un « grand millésime ». Pour une fois, l’expression n’est pas usurpée.

Et l’affiche, cette année, ne jouait vraiment pas petit bras. Le 7 juillet, les Pixies ont posé l’une des deux dates françaises de toute leur tournée mondiale « P40, Celebrating 40 Years » aux Arènes, entre un Rock Werchter et un Festival Beauregard : vingt-neuf titres, dix pioches dans « Doolittle », une reprise de Neil Young (« Winterlong ») glissée au milieu, et un groupe de Boston qui a influencé aussi bien Nirvana que Radiohead venu rappeler que sa tension abrasive/douce n’a pas pris une ride en quarante ans.

Le lendemain, changement total de messe : Marilyn Manson a plongé les Arènes dans le noir pour sa tournée « One Assassination Under God », lumières sombres, fumée, costumes funèbres, « atmosphère de messe inversée » comme l’a décrit la presse locale, sans plus aucun besoin de la provocation choquante de ses débuts pour tenir la salle. Deux jours plus tôt, retour à un tout autre registre avec Sting, en formule « Sting 3.0 », trio resserré avec Dominic Miller à la guitare et Chris Maas à la batterie, revisitant ses classiques en version brute, quatre ans après son dernier passage nîmois de 2022.

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Ajoute à ça Nick Cave & The Bad Seeds le 14 juillet, une messe noire et solennelle qui n’a rien perdu de son intensité malgré l’âge du bonhomme, Lenny Kravitz le 24 juin avec DE’WAYNE en ouverture, Katy Perry traversant la fosse dans une bouteille en plastique géante, Jamiroquai pour sa cinquième venue depuis 1997, et tu obtiens une programmation qui ratissait large sans jamais sonner comme du remplissage : treize têtes d’affiche à guichets fermés avant même d’arriver à The Cure.

Seule fausse note du calendrier, l’annulation du concert Neil Young.

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Et puis il y a eu ce triptyque final, qui mérite qu’on s’y arrête un peu plus longtemps parce que c’est rarement qu’un groupe de cette stature accepte de jouer trois soirs de suite dans la même ville sans se répéter. Portes à 17h30, Robert Smith en scène à 21h25, sortie vers minuit passé, deux heures quarante de set chaque soir, And Also the Trees en ouverture les trois nuits.

Sur l’ensemble du week-end, le groupe a puisé dans quinze albums, de 1979 à 2024, pour balancer quarante et une chansons différentes. Premier soir, « Faith », « It Can Never Be the Same » et « A Letter to Elise » ont fait leur retour, cette dernière pour la première fois depuis 2016. Sur « A Night Like This », c’est Gabriel Cooper, le fils du batteur Jason Cooper, qui s’est chargé du saxophone. Et le dernier soir, Simon Gallup a glissé un fragment de basse de « The Holy Hour » au milieu d’un autre morceau. Quant à la voix de Smith, à soixante-sept ans, elle n’a strictement pas bougé d’un iota.

Le festival, lui, voit déjà plus loin : 2027 marquera les trente ans du festival.Trois décennies et une évolution en forme d’explosion : en 1997, pour sa toute première édition, le Festival de Nîmes tenait sur deux soirées et une poignée de noms, le genre d’affiche qu’on programme aujourd’hui en milieu de semaine sur un petit festival régional. Vingt-neuf ans plus tard, la même manifestation aligne trente et une dates, empile Nick Cave, Kravitz, Sting, les Pixies, Manson et trois soirs de Cure sur un seul été, et fait presque exploser le compteur des 300 000 festivaliers. Pour l’instant, ni programmation ni dates précises n’ont filtré pour 2027.

Mais après un cru pareil, difficile de faire moins que promettre une fête à la hauteur de l’anniversaire.

The CURE NIMES-Credit photo Eric CANTO

The CURE NIMES-Credit photo Eric CANTO