PUSSY MIEL - Trampoline - CREDIT MARGOT FOR IT

Interview- Pussy Miel :  » Le rock est notre exutoire ! « 

par | 16 Avr 2026 | Interview, À la Une

Temps de lecture : 8 min

Pussy Miel arrive comme une vague qui ne prévient pas : un rock tendu, solaire, nourri de 90’s et d’énergie brute. Depuis Capbreton, le quatuor impose un son qui sent la scène, la sueur et la liberté, porté par une sororité solide et une identité qui ne se dilue jamais. Entre riffs abrasifs, concerts qui débordent et une bassiste tatoueuse qui grave autant qu’elle groove, le groupe s’impose comme l’un des plus excitants de la scène française actuelle.

 

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Quelques jours avant de se produire à la Cigale à Paris, en première partie de Elmer Food Beat, c’est Laura (guitare) et Margot (basse) du quatuor Pussy Miel qui répondaient à mes questions sur la vie, le groupe, la story… et le tattoo ! Car, quand Margot n’est pas sur scène, elle pique des peaux avec talent sous le pseudo de Jeanine La Torture !

Caro (Rock Sound) : Vous venez de Capbreton: en quoi l’environnement surf, skate et forêt nourrit‑il votre musique et votre inspiration ?

Laura : Il fait bon vivre à Capbreton. L’océan et la forêt sont nos batteries : on s’y ressource, on s’y perd, on s’y retrouve. La culture skate et surf a façonné le coin, et ça a créé un terrain de jeu parfait pour les amoureux de rock que nous sommes. Les lieux underground et DIY y sont très vivants, les concerts tournent toute l’année, et le public est réputé pour être sauvage et dansant. Cette ambiance nous a portées dès nos débuts : on a pu jouer dans des lieux incroyables, soutenues par les locaux, et on s’est nourries de tous les groupes croisés sur la route.

Caro (Rock Sound) : Quelle histoire se cache derrière la formation du groupe et votre rencontre ?

Laura : On se croisait tout le temps dans les salles de concerts et les spots rock du coin. Amandine, Inès et moi, on a même pris trois ans de cours de batterie ensemble. On rêvait d’un groupe de rock entre copines. Inès a lancé l’idée, et on s’est mises à composer et répéter chaque semaine. Margot nous a rejointes il y a deux ans, et depuis… tout a dépassé nos rêves.

Caro (Rock Sound) : Qu’est‑ce qui définit pour vous ce fameux “punky stoner” de votre son ?

Laura : C’est un mélange de stoner, de punk et de garage, avec des touches post‑punk et new wave. Un univers coloré, pop, féminin. C’est lourd, énergique, mignon et vénère à la fois. “Punky Stoner”, ça résume bien ce joyeux chaos.

Caro (Rock Sound) : Quelle énergie aimez‑vous transmettre sur scène ?

Laura : Le live, c’est notre exutoire. On s’y défoule, on s’y libère, c’est cathartique. Et c’est surtout un moment de partage : on rigole, on fait participer le public, on les fait chanter. On nous dit souvent que notre énergie donne envie de danser, et que nous voir bouger autant donne envie de se lâcher avec nous.

Caro (Rock Sound) : De quelle manière construisez‑vous vos morceaux ensemble ?

Laura : Amandine arrive souvent avec un riff ou un début de morceau, puis on construit tout ensemble. Elle écrit les paroles. Les morceaux évoluent beaucoup en live : on les rallonge, on les raccourcit, on ajoute des ponts selon la réaction du public.

Caro (Rock Sound) : Qu’est‑ce qui vous a donné envie d’adopter ce nom étonnant, “Pussy Miel” ?

Laura : C’est une référence au film culte Les 4 Saisons d’Espigoule, avec un jeu de mots évidemment — on adore l’humour. Il y a aussi un clin d’œil à Pussy Riot, et à l’abeille, figure matriarcale. C’est trash et doux à la fois, comme nous.

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Caro (Rock Sound) : Comment s’est déroulée la création de votre EP récemment sorti ?

Laura : On joue partout depuis deux ans : festivals, bars, salles, soirées improbables. Cet EP, c’est un concentré de live. On a dû se poser un moment pour enfin l’enregistrer et répondre à la demande de CD et vinyles qu’on nous faisait au merch. On a enregistré au studio 4US à Anglet avec notre ami Jérémy Le Roic. On a capté les bases en live pour garder l’énergie basse/batterie, puis ajouté guitares et voix. Rémy R3myBOY a mixé et masterisé le tout.

Caro (Rock Sound) : Qu’est‑ce qui explique votre son très 90’s : un choix assumé ou une influence naturelle ?

Laura : Les deux. On a grandi avec le rock des années 90, c’est notre terrain d’entente, nos références communes, notre esthétique.

Caro (Rock Sound) : De quelle première claque rock des années 90 vous souvenez‑vous encore aujourd’hui ?

Margot : Killing in the Name de Rage Against the Machine. J’avais même pas 10 ans.

Laura : Nirvana. À 14 ans, j’ai découvert que mon père cachait une guitare électrique. Je lui ai piqué et j’ai poncé Smells Like Teen Spirit dessus.

Caro (Rock Sound) : Quels artistes ont façonné votre univers musical, hier comme aujourd’hui ?

Laura : Kurt Cobain, Courtney Love, Fat Mike, Brody Dalle, Uncommonmenfrommars… Aujourd’hui, on adore le punk rock australien, le rock psyché stoner, le post‑punk. On s’inspire de Stiff Richards, Slomosa, Turnstile, Amyl and the Sniffers, Die Spitz, Frankie and the Witch Fingers, Teen Mortgage, Mannequin Pussy…

Caro (Rock Sound) : Qu’est‑ce que cela représente pour vous d’être un groupe 100 % féminin ?

Laura : On avait un bassiste au début, mais on est très contentes d’être entre filles. On rigole tellement bien ensemble.

Caro (Rock Sound) : Comment percevez‑vous l’évolution de la place des groupes féminins dans le rock actuel ?

Laura : Il y en a de plus en plus, et heureusement ! Mais vu la parité dans les festivals, il y a encore du boulot. En tant que public, on veut voir plus de diversité. C’est essentiel pour que les prochaines générations se sentent légitimes.

Caro (Rock Sound) : À quoi ressemblaient vos tout premiers concerts ?

Laura : Les trois premiers : le village d’Inès à Hasparren, mon jardin, et l’anniversaire d’Amandine dans une salle louée. C’était privé… jusqu’à ce que 200 personnes débarquent par le bouche‑à‑oreille. Un souvenir fou. On a toujours eu des retours hyper encourageants, tous âges et styles confondus.

Caro (Rock Sound) : Quelle chanson vous procure le plus de plaisir à jouer sur scène, notamment pour votre date à la Cigale ?

Margot : La dernière du set. C’est l’apothéose : solo de basse, explosion finale. On adore finir là‑dessus.

Caro (Rock Sound) : Quel souvenir de scène — drôle, intense ou improbable — vous revient spontanément ?

Laura : Une soirée qui s’appelait “Mange ton Punk”. Très punk. On renverse un verre d’eau sur les amplis, je pète deux cordes, Amandine finit en air guitare.

Margot : À Tours, pour Les Poulettes, l’Assaut des Drag Queens est monté sur scène avec nous. Et à la Fête de l’Huma, la place s’est remplie pendant le line check. Les gens chantaient déjà le refrain avant qu’on commence. Best concert ever.

FOCUS TATTOO — MARGOT

Caro (Rock Sound) : Quand ton intérêt pour le tatouage a‑t‑il commencé ?

Margot : Bien avant d’avoir l’âge d’en avoir. Dès que j’en ai vu sur des gens, ça m’a fascinée.

Caro (Rock Sound) : Qu’est‑ce qui te plaît dans le tatouage, en tant que tatouée comme en tant que tatoueuse ?

Margot : Marquer quelque chose qui compte. Et voir le sourire de la personne tatouée à la fin.

Caro (Rock Sound) : Dans quelles circonstances t’es‑tu fait tatouer pour la première fois ?

Margot : À 17 ans, en Suisse, loin de mes parents qui n’aimaient pas ça. Ce n’est pas le plus beau, mais je l’ai fait pour garder près de moi un ami disparu en montagne. Aucun regret.

Caro (Rock Sound) : Quels tatouages liés à la musique portes‑tu, et comment mêles‑tu tes deux passions quand tu piques ?

Margot : Ma basse Rickenbacker est gravée sur ma jambe. J’ai fait des flashs et des tattoos liés à la musique, et tatoué des logos de groupes. Impossible de piquer sans musique.

Laura : On est devenues amies comme ça ! La première fois qu’elle m’a tatouée, on a parlé musique en écoutant sa playlist. Je me suis dit : “J’adore cette meuf.”

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Caro (Rock Sound) : Le tatouage représente‑t‑il pour toi une forme d’expression comparable à la musique ?

Margot : C’est différent. Le dessin, c’est un langage silencieux.

Caro (Rock Sound) : Qui ont été tes premiers cobayes lorsque tu as commencé à tatouer ?

Margot : Mes amis. Ils étaient plus motivés que moi, j’avais peur de me rater.

Laura : On s’est toutes fait piquer par Margot. On a même un tattoo commun : Pussy Power.

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Caro (Rock Sound) : Quel style de tattoo pratiques‑tu aujourd’hui ?

Margot : Inspiré du trad : simple, efficace, qui vieillit bien.

Caro (Rock Sound) : Quels artistes de la scène tattoo t’inspirent particulièrement ?

Margot : Vince Pagès, à Genève. Un ancien pote de snowboard, son travail est magnifique. Et grosse pensée pour notre Mr Kube, qui nous regarde de là‑haut. Il a dessiné notre logo, et Amandine a écrit Délivré pour lui. On l’emmène partout avec nous.

Caro (Rock Sound) : Quel message aimerais‑tu transmettre aux lecteurs pour conclure ?

Margot : La vie est courte, soyez heureux.

Laura & Margot : Merci et à très vite en concert !

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@puss.y.miel_band

Leur nouvel EP Bee Raged est déjà sorti !

Et pour les fans de papier et d’encre sur la peau, retrouvez l’interview rock et tattoo de Pussy Miel dans l’édition de printemps des copains de Tatouage Magazine, en kiosque le 17 avril !

 

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