Sam Fender, People Watching : critique de l’album (4/5)

par | 28 Fév 2025 | Chroniques

Temps de lecture : 3 min

4/5

En bref : People Watching, troisième album de Sam Fender, est sorti le 21 février 2025 chez Polydor. Onze titres, une pochette signée d’une photographie de Tish Murtha, une première place au classement britannique (107 100 unités la première semaine) et le Mercury Prize 2025. Notre note : 4/5.

Si en Angleterre, il remplit des stades, en France, il reste étrangement en retrait, à l’écart des radios et médias populaires. Ce mois-ci, Sam Fender revient avec un nouvel album : People Watching.

Chronique de Julien Maurey

 

Sous le ciel pluvieux de North Shields où il a grandi, Sam Fender, dans sa vingtaine, dressait déjà le portrait d’une génération, la sienne, celle d’Hypersonic Missiles, son premier album (2019). Celle d’un monde au bord des guerres où les informations défilent trop vite pour qu’on puisse vraiment les comprendre et où les alarmes retentissent sans jamais réveiller les âmes endormies de sa banlieue ouvrière, où la jeunesse, sa jeunesse, est coincée entre des rêves trop grands et un ciel trop gris.

Ce n’est pas un hasard si Sam Fender a choisi de mettre à l’honneur pour les différentes éditions de son troisième album, le regard avisé de Tish Murtha, la photographe des classes populaires du Nord-Est de l’Angleterre. Lui aussi en porte la voix et dépeint assidûment la réalité de son pays avec toujours cette force, sa force, celle de faire exister ensemble son récit, son vécu, et ses réflexions sensibles et réfléchies sur la société anglaise.

 

Sam Fender

Sam Fender

 

Aujourd’hui et alors qu’il entame ses trente ans, sa musique se fait plus riche « Wild Long Lie » et pourtant moins éparse que sur son disque précédent Seventeen Going Under (2021). Nous sommes maintenant face à un rock grand, car simplement beau où les mélodies ne sont pas forcément imparables comme elles pourraient l’être ailleurs. Ici, elles prennent le temps de s’installer, de ne pas rester en surface. Avec un sens de la composition encore plus ciselé « Rein Me In » et des parties orchestrales particulièrement bien senties, People Watching s’affirme comme un album franc et pleinement abouti.

Sam Fender nous offre un son devenu plus mature, qui prend plus d’ampleur et qui va à l’essentiel. Et même si ses héros ne sont jamais loin (on pense encore parfois à Bruce Springsteen), sa composition, son jeu, sa voix apparaissent ici resserrés, libérés comme sur le très personnel « Remember My Name », morceau, ressenti par notre chroniqueur comme un hommage à ses grands-parents disparus, qui signe à la fois la fin de l’album et son ouverture vers d’autres horizons musicaux.

Alors, faut-il s’émanciper de ses modèles pour être un artiste totalement accompli, ou faut-il grandir et avancer avec eux, en faire ses pairs, ses frères d’armes avec qui l’on conquiert le cœur des mélomanes avides et autres foules de festivals ? Il semblerait que Sam Fender ait choisi de ne jamais rien renier : ni sa vie, ni ses opinions, ni ce qui le constitue, car c’est ce qui fait l’essence de ce troisième album brillant, limpide et qui lui ressemble profondément.

 

People Watching - Sam Fender

Tracklist de People Watching

  1. People Watching
  2. Nostalgia’s Lie
  3. Chin Up
  4. Wild Long Lie
  5. Arm’s Length
  6. Crumbling Empire
  7. Little Bit Closer
  8. Rein Me In
  9. TV Dinner
  10. Something Heavy
  11. Remember My Name

Accueil et récompenses

L’album affiche 85/100 sur Metacritic d’après Wikipédia anglophone (16 critiques) et a remporté le Mercury Prize 2025. Il a été produit par Adam Granduciel, Markus Dravs et Sam Fender lui-même. Six singles en ont été tirés, dont « People Watching », « Wild Long Lie », « Arm’s Length » et « Remember My Name ».

Sources :