Heavy-Week-end-2026

Heavy Week-End 2026 à Nancy – gros son et cotillons enflamment la maison

par | 1 Juil 2026 | Live Report

Temps de lecture : 10 min

Fouler le Zénith Open Air de Nancy en ce premier week-end de juin, c’est comme retrouver une maison qu’on n’aurait jamais vraiment quittée. Et cette impression, Leo de Wings of Steel l’a visiblement eue aussi, lui qui était sur cette même scène l’an dernier et qu’on a croisé pour cette nouvelle édition en festivalier, le smile jusqu’aux oreilles pour voir des légendes et prendre du bon temps. Ça résume mieux que n’importe quelle setlist ce qu’est devenu le Heavy Week-End en trois éditions : un endroit où l’on revient parce qu’on se sent chez soi.

 

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Electric Callboy – HWE 2026photo GregH

 

Vendredi 5 juin : opéras, fantômes et chars d’assaut

Dominum ouvre le premier rideau 2026 dans un décor de cimetière assumé : crânes, croix en pierre, pleine lune en backdrop et un Dr. Dead qui anime ses zombies musiciens avec un enthousiasme communicatif. Le power metal accrocheur des Allemands fait son job d’opener : la fosse se réveille, la reprise de « Thriller » en mode metal déclenche les premiers crowd surfers, et le groupe annonce au passage son futur album pour juillet. Une mise en bouche efficace qui nous aura bien ravis.

 

DOMINUM 4

Dominum – HWE 2026 – photo GregH

 

La fosse se densifie un peu plus avec l’arrivée d’Avantasia. Tobias Sammet déroule son opéra metal all-stars avec la précision d’un chef de troupe qui sait exactement ce qu’il fait : Kenny Leckremo, Tommy Karevik, Bob Catley, Herbie Langhans, Ronnie Atkins, Chiara Tricarico se succèdent sous des lumières qui transforment le Zénith en cathédrale temporaire. C’est grandiloquant et généreux, avec le soutien d’un public fidèle qui reprend chaque refrain en chœur dans une ambiance fraternelle.

 

Avantasia

Avantasia – HWE 2026

 

Savatage fait son entrée dans une immense clameur. Les géants américains du heavy se font rares et ce retour a quelque chose de l’ordre de l’apparition. Zak Stevens est en forme, le duo de guitares entre Chris Caffery et Al Pitrelli est magistral, et la fosse reprend « Hall of the Mountain King » comme si elle avait attendu ça toute sa vie. Mais le moment qu’on n’est pas près d’oublier, c’est « Believe » : Jon Oliva, fondateur du groupe et absent pour raisons de santé, apparaît en piano-voix sur les écrans géants, seul en studio, avant que la formation sur scène prenne le relais à mi-chemin du morceau. Derrière lui, les photos de son frère Criss mort tragiquement en 1993. L’émotion tombe dans le public comme une lame. On n’était pas prêts à se prendre une telle décharge, et on comprend pourquoi ce groupe est définitivement culte.

 

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Savatage – HWE 2026 – photo GregH

 

La première journée se clôture avec Sabaton qui embrase la soirée, au sens très littéral du terme. Des chars sur scène, des flammes qui montent jusqu’au toit, la Marseillaise reprise par des milliers de personnes à l’arrivée de Napoléon et « Christmas Truce » qui se noie sous une mer de téléphones allumés. Joakim Brodén court d’un bout à l’autre de la scène avec l’aura de quelqu’un qui fait exactement le job qu’il est censé faire sur cette planète. Le power metal suédois n’invente rien mais comme spectacle monumental il n’y a pas mieux, et c’est toujours un merveilleux moment qu’on passe avec eux.

 

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Sabaton – HWE 2026 – photo GregH

 

Samedi 6 juin : la journée des fratries

La jauge a grimpé, les t-shirts de la tête d’affiche Gojira ont envahi le Zénith, quelques nuages gris traînent au-dessus du site mais ça n’empêche personne d’être là, ni d’avoir la dalle. Nova Twins ouvre avec une énergie qui prend tout le monde de court. Amy Love et Georgia South (guitare, basse, voix, et des pédales d’effets à n’en plus finir) occupent la scène avec une assurance qui n’a rien à faire avec leur rang d’opener. Les amplis Marshall décorés de papillons ne trompent personne : le duo est là pour griffer et mordre, et ça laisse des traces. La fosse danse, les filles jouent avec elle et elle leur répond à coup de « N.O.V.A », un set vécu de l’intérieur à la perfection avec de talentueuses artistes.

 

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Nova Twins – HWE 2026 – Photo GregH

 

C’est maintenant au tour de Cavalera Chaos A.D. de prendre les terres Nancéennes. Une averse s’invite entre les deux sets. Personne ne bouge. Même une tempête force 5 ne pourrait nous déloger devant les frères Cavalera. La momie de la pochette trône à l’arrière-scène, trente ans au compteur et toujours aussi menaçante. Igor installe le tempo dès les premières mesures, machine implacable qui broie tout sur son passage. Max est partout à la fois : rageur, souriant, généreux. Quand sa guitare lui fait faux bond il lâche un « how do you say Guitar in french ? » avec le sourire. La réponse fuse de partout. Il repart de plus belle. « Refuse/Resist » embrase la fosse, circle pit, slams, wall of death, on a la joie d’apercevoir en coulisses les frères Duplantier qui regardent leurs idoles. Joe le dira plus tard au micro avec des mots sincères : ils ont grandi avec cet album. Ça s’entend dans ce qu’ils sont devenus. Voir Cavalera jouer Chaos A.D. en intégralité en 2026, c’est comprendre d’où vient tout le reste.

 

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Cavalera Chaos A.D. – HWE 2026 – photo GregH

 

Trivium enchaîne en mode bulldozer. Matt Heafy donne l’impulsion à une fosse qui répond au doigt et à l’œil par des circle pits (demandés en français s’il vous plaît !), refrains repris en chœur et un public prêt à en découdre à chaque sollicitation. Notre leader se déshabille au fil du set pour finir torse nu, exposant des tatouages qui mériteraient leur propre chronique. À mi-parcours la silhouette gonflable du monstre d’Ascendancy surgit en fond de scène, les cotillons explosent, les flammes pulvérisent et Nancy décroche le titre de meilleur public de la tournée. On commence à avoir l’habitude du compliment, mais quand une fosse entière s’agenouille avant de se relever d’un seul bloc sur « In Waves », difficile de lui donner tort.

 

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Trivium – HWE 2026 – photo GregH

 

 Ce deuxième jour touche à sa fin avec l’arrivée des maîtres Gojira. Seule date française de l’année pour le groupe, et cette arène quasiment pleine avant même la première note raconte tout de l’ambiance ici. Quand la musique explose, le Zénith change d’état telle une masse qui respire, cogne et chante d’une seule voix. La pyrotechnie est infernale, Joe en frontman charismatique nous absorbe et nous fait rire aussi : ce « je ne sais pas ce qu’on partage ce soir, mais c’est cool » lancé à 13 000 personnes résume à lui seul pourquoi ce groupe est aimé comme il est aimé. Le titre « Love » dédié aux frères Cavalera, avec des mots simples et sincères sur ce que Chaos A.D. représente pour eux. « Flying Whales » fait trembler les murs. « The Chant » est repris par toute l’arène dans un de ces moments qui donnent la chair de poule même quand on les connaît par cœur. Le boss Mario se lève derrière sa batterie, brandit ses pancartes légendaires et la foule répond dans un délire collectif et jouissif. Pour finir, « Mea Culpa (Ah ! Ça Ira !) » sans Marina Viotti mais avec un feu d’artifice qui embrase le ciel nancéien, suivi de « The Gift of Guilt » en apothéose. On est ressortis avec les boyaux retournés et le smile absolu. Deux heures plus tôt on pensait que Cavalera avait mis la barre trop haut. Gojira l’a posée sur l’Olympe.

 

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Gojira – HWE 2026 – photo GregH

 

Dimanche 7 juin : la fête jusqu’au bout

Dernier jour de festival sous le soleil de Nancy, avec une programmation qui fait exactement ce que le Heavy Week-End fait de mieux : prendre des risques. Exit le power métal et la brutalité thrash, place à l’électro-indus cyberpunk, au metalcore horrifique, à l’alternatif canadien et à l’électro-metal allemand en mode foire assumée. Shaârghot ouvre dans un nuage de fumée verte. Le collectif parisien déploie son univers post-apocalyptique avec une générosité folle : musiciens en costumes futuristes, deux créatures qui rôdent en bord de scène et peignent de leurs mains noires les visages du public, guitare qui crache des étincelles, mouvements de foule orchestrés à coups de « gauche ! droite ! ». En quarante minutes, ils mettent tout le monde d’accord. Mission opener accomplie avec les honneurs.

 

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Shaârgot – HWE 2026 – photo GregH

 

Les terrifiants Ice Nine Kills prennent le relais avec Spencer Charnas qui change d’accessoires à chaque titre pour un show reprenant les codes des grands classiques de films d’horreur : l’imperméable d’American Psycho, le gant de Freddy Krueger, le Nécronomicon, une tronçonneuse (factice, heureusement !) et la guest Alissa White-Gluz qui surgit pour deux titres sous les cris de la fosse. Le metalcore horror-shock est carré, visuel, maîtrisé de bout en bout, et le public adhère à l’excellente performance du set.

 

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Ice Nine Kills – HWE 2026 – photo GregH

 

Three Days Grace change de braquet. Le soleil se couche sur le Zénith, l’ambiance bascule dans moins de rage, plus d’émotions à fleur de peau. Adam Gontier est là, crête iroquoise et voix qui n’a pas pris une ride, et quand il prend le micro aux côtés de Matt Walst, quelque chose se verrouille instantanément. Ces deux-là ensemble sur scène, c’est une évidence qui n’avait rien d’acquis. « Animal I Have Become », « I Hate Everything About You », « Riot », chaque titre déclenche sa propre déflagration dans la fosse. Les gens reprennent leurs chansons avec cette ferveur particulière de ceux qui n’ont pas eu beaucoup d’occasions de le faire en France. Le groupe commence à peine à rattraper le temps perdu ici, et Nancy a bien fait de ne pas attendre.

 

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Three Days Grace – HWE 2026 – photo GregH

 

Et enfin, Electric Callboy referme cette édition 2026. Parce que oui, le Heavy Week-End se permet de conclure trois jours de metal avec de l’électro-techno déjantée, et d’en faire le moment le plus inattendu du week-end. Le drapeau « Tanzneid » dissimule la scène, la foule trépigne, et quand il tombe, le Zénith bascule dans une autre dimension. Kevin et Nico n’ont pas de plan B, c’est tout dedans tout le temps : breakdowns qui fracassent, refrains qui collent au cerveau, Frank Zummo de Sum 41 qui débarque pour une reprise de « Still Waiting » sous une avalanche de confettis. Le Zénith en dancefloor géant, les perruques qui volent, « Hypa Hypa » repris par 12 000 personnes qui n’ont plus rien à perdre après trois jours de festival. Même ceux qui ne connaissaient pas ont fini par lâcher prise. C’est le genre de pari que seul ce festival pouvait se permettre de tenir.

 

 

Une maison qui grandit

Trois jours, douze groupes, trois ambiances radicalement différentes. Leo de Wings of Steel dans la fosse comme un festivalier ordinaire. Joe Duplantier qui rend hommage aux Cavaleras depuis la scène du Zénith. Et ce public qui revient maintenant chaque année, qui connaît le site et les équipes, qui sait que les sets seront longs, la scéno leur en mettra plein les yeux et que le son sera excellent. Mais ce qu’on adore particulièrement, c’est que ce public est ouvert. Vraiment ouvert. Celui qui a les larmes aux yeux sur Savatage le vendredi danse sur Electric Callboy le dimanche sans se poser de question. Celui qui est venu pour Gojira reste pour Shaârghot et repart avec une nouvelle obsession. C’est ça, la vraie force du Heavy Week-End : on ne vient pas seulement retrouver ce qu’on aime, on repart toujours avec quelque chose qu’on n’attendait pas. La programmation pousse à sortir de sa zone de confort, et le public joue le jeu à fond sans jamais décrocher, avec pour seul carburant la passion pour cette musique fédératrice. C’est ça le Heavy Week End de Nancy. RDV pour la quatrième édition en 2027 les 4,5 et 6 juin.

 

Gojira Cavalera

Gojira – Cavalera -photo GregH

 

DOMINUM 1

DOMINUM 5

SAVATAGE 2

SAVATAGE 4

SAVATAGE 5

SABATON 1

SABATON 7

SABATON 9

Nova Twins 2

Nova Twins 7

Cavalera 1

Cavalera 4Cavalera 7

Trivium 6

Trivium 8

Trivium 11

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Gojira 7

Gojira 9

Gojira final

Gojira 5

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