Ecca Vandal à la Maroquinerie

par | 15 Oct 2026 | Live Reports, Actus

Temps de lecture : 5 min

Imprégnée de ses influences multiples, Ecca Vandal parcourt le monde en première partie de Idles, Limp Bizkit, Queens of the Stone Age ou encore The Prodigy. Ce soir du 12 septembre, elle pose ses valises à Paris sur la scène de la Maroquinerie, face à un public déjà conquis depuis Rock en Seine en août dernier. Récit d’un concert en technicolor.

 

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Ecca Vandal @Luna Lemarchand

 

Dans une Maroquinerie sold-out, les corps se serrent, les épaules se frôlent, l’atmosphère devient dense et pleine d’attente. Cinq cents inconnus patientent dans la pénombre, et pourtant, déjà, quelque chose les lie. C’est Freddy Forbidden qui a tissé ce lien. La première partie, hypnotique, a pris la salle par le col pour ne plus la lâcher, et a transformé ces silhouettes anonymes en une bande de potes venus faire la fête ensemble. Quand les lumières s’éteignent, le public est en ébullition. Il n’att end pas qu’on lui prouve quoi que ce soit. Il sait. Ecca va monter sur scène et ça suffit, on le sent dans l’air, dans les cris, dans l’impatience qui fait vibrer les murs.

Pour comprendre ce tourbillon, il faut remonter loin. Ecca Vandal naît en Afrique du Sud de parents tamouls sri-lankais, réfugiés. Enfant, elle part avec sa famille pour Melbourne. Le gospel la berce, puis elle étudie le jazz. Ces racines marquent déjà la zizanie musicale qu’elle deviendra : du punk rock, du grunge, du hip-hop, du rap, de l’électronique, tout cela à la fois, sans jamais choisir.

 

 

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Ecca Vandal sur la scène de la Maroquinerie

 

Sa carrière débute avec le single « White Flag » en 2014, puis l’EP « End of Time » en 2016. Ce soir, Ecca Vandal incarne l’énergie solaire de Melbourne, et elle l’apporte jusqu’à Paris, au fond de la rue Boyer. En mai 2026, près de dix ans après son premier album, elle sort « LOOKING FOR PEOPLE TO UNFOLLOW ». Entre-temps, il y a eu quelques singles, mais surtout un long retrait du monde. Le disque est enregistré dans la chambre d’enfance de Richie Buxton, son complice musical de longue date, celui que l’on retrouve ce soir sur scène, à la guitare. Quatre murs, un petit studio de fortune, un monde entier à l’intérieur. C’est une période coupée de tout, par la pandémie et par l’envie de tourner le dos au numérique. Ecca et Richie ont écarté le superflu, les délais, les statistiques, la pression de rester visible en ligne. Dans ses textes, elle parle de déconnexion, de laisser derrière soi ce qui épuise. Paradoxalement, ce retrait a produit une reconnexion avec elle-même.

 

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Ecca Vandal @Luna Lemarchand

 

À l’heure des extraits de trente secondes et des contenus calibrés pour une attention de trois secondes, elle défend ce qui est tangible : un album d’une quarantaine de minutes, conçu pour être écouté d’une traite. Une oeuvre à l’énergie électro et brute, aux sons imparfaits et terriblement humains.

Elle entre en scène dans une tornade de longs cheveux bleus, éclatants comme des néons.. L’énergie explose de tous les côtés : chez elle, chez le batteur et le guitariste qui jouent avec la même rage joyeuse, et dans la foule, jamais immobile, jamais silencieuse. Le public chante tant qu’il semble presque collaborer avec elle. Ecca danse, saute, bouillonnante d’énergie. Une tenue acidulée, un regard qu’elle plante dans celui des spectateurs, stable, intense, qui ne cherche pas à plaire mais à réunir, et quand quelqu’un se fait porter par la foule en crowdsurfing, elle sourit.

Les lumières peignent la salle de rose, de bleu, de rouge. Des flashs épileptiques découpent les silhouettes, tout se joue entre ombre et lumière. Au troisième morceau, « Closing Ceremony », sa voix change de nature. Elle vient des entrailles, rugueuse, gutturale, quelque part entre Turnstile et du métal. Puis elle redevient claire, ample, puissante. Cette voix bascule, elle ose passer d’un univers à un autre dans la même phrase. Puis vient le moment qui restera. Ecca invite toutes les filles à monter sur scène. Elle les encourage à être bruyantes, à prendre la place au premier plan, dans une société qui apprend encore aux femmes à être discrètes et douces. Elle les invite à être pleinement elles-mêmes. Le bruit est ici un acte, une libération.

Quand les dernières notes retombent, Ecca s’avance au bord de la scène et prend les mains du premier rang. Elle applaudit son public, un public si bruyant qu’on pourrait presque le créditer en featuring sur chaque morceau. Elle ne s’attarde pas en discours. Ses yeux pétillent de dopamine, et ils disent tout.

 

Ecca Vandal poursuit sa tournée internationale, qui s’achèvera par deux dates à Sydney en novembre.

Suivez les aventures et les actualités d’Ecca Vandal via Instagram @eccavandal

Un live report de Luna Lemarchand, photos et texte ! Et pour son premier jet au stylo, on lui dit un grand bravo !

 

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Ecca Vandal @Luna Lemarchand

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Ecca Vandal @Luna Lemarchand

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Ecca Vandal @Luna Lemarchand

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Ecca Vandal @Luna Lemarchand

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Ecca Vandal @Luna Lemarchand

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Ecca Vandal @Luna Lemarchand