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L’univers brut de Brice Gelot : photojournalisme, tatouages et réalité sans fard

par | 28 Août 2025 | Photo

⏱ Temps de lecture : 14 min

Brice Gelot est un photographe français autodidacte reconnu pour sa photographie brute et puissante, un maître du photojournalisme qui documente la rue, la culture underground et la communauté du tatouage. Né à Dijon, Brice Gelot  a commencé en 2004 avec un Canon A1, puis a traqué l’essence de la vie dans des terrains où la beauté se cache dans la douleur : quartiers pauvres, gangs, sans-abri, tatoués, marginaux. Ses images en noir et blanc, publiées dans Vice, Playboy ou Thrasher, interrogent la société sur la pauvreté, la justice sociale et les droits humains. Ses séries comme Straight out the hood ont raflé des prix internationaux. Si tu veux comprendre pourquoi la rue parle plus fort que les discours, il faut plonger dans l’univers de Gelot.Brice Gelot photojournalisme, tatouages et réalité sans fard

Avant de devenir un photographe primé, exposé et publié à l’international, Brice Gelot a commencé comme un gamin de Dijon qui voulait capturer la réalité. Pas celle qu’on met en vitrine dans les brochures touristiques, mais la vraie, celle qui pue la bière tiède, qui gratte la gorge. Tout démarre en 2004, quand Brice Gelot met la main sur un Canon A1, un appareil argentique qui va devenir son arme et son passeport pour un monde plus vaste. Pas d’école prestigieuse, pas de master class hors de prix : juste de l’autodidaxie, du temps passé dans les rues et la foi dans une idée simple – la réalité mérite d’être vue telle qu’elle est.

Les débuts argentiques (Canon A1, skate culture, tatouages)

À Dijon, son premier terrain de jeu, c’est le skateshop local. Brice Gelot shoote ses potes, les planches usées, les tricks ratés, les tatouages qui s’encrent à même la peau. Le skate n’est pas qu’un sport, c’est une culture de résistance, un cri adolescent gravé dans le bitume. Brice capte ce chaos visuel et y trouve une esthétique. Ses photos respirent la poussière, la vitesse, les visages fatigués et fiers. C’est l’école de la rue, sans filtre ni Photoshop. Le tatouage devient une autre obsession. Dans l’aiguille et l’encre, Brice Gelot lit les cicatrices, les identités alternatives, les drapeaux personnels. Cette fascination pour la peau comme toile vivante marquera durablement son travail.

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L’apprentissage autodidacte et les premières collaborations

Brice n’a jamais attendu qu’on lui donne une place. Brice Gelot s’incruste, propose, shoote. Très vite, les équipes professionnelles et les marques de skate remarquent son regard différent. Ce qui attire ? Ce n’est pas une maîtrise académique, mais la sincérité brute de ses clichés. Là où d’autres embellissent, lui expose. Là où certains cherchent la perfection, lui traque la vérité. Ce refus du vernis, cette obsession pour le réel, deviennent sa carte de visite. Peu à peu, il sort de Dijon, prend la route, accumule des pellicules et des histoires. Ses images sont comme des éclats de verre plantés dans la rétine : on ne les oublie pas.

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Le voyage comme moteur créatif (Los Angeles, Naples, etc.)

Si Dijon a été son berceau, ce sont les voyages qui vont forger le photographe. Los Angeles, Naples, Mexico, Paris… Chaque ville devient un laboratoire. Dans les ruelles de Naples, il capte la chaleur moite, les regards brûlants, les murs écaillés. À Los Angeles, il plonge dans les quartiers que même les guides de voyage ne veulent pas nommer. Il s’invite dans des terrains où la pauvreté se mêle aux tatouages, où les gangs transforment chaque trottoir en territoire.

Ces voyages ne sont pas du tourisme : ce sont des immersions. Brice ne passe pas, il s’installe. Il vit, discute, boit, partage. Et c’est là que ses clichés trouvent leur puissance : ils sont le fruit d’une confiance gagnée, d’une proximité réelle. Brice Gelot ne vole pas les images, il les construit avec ceux qu’il photographie.

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Naissance d’un regard brut sur la rue

Au fil des années, une évidence s’impose : Brice Gelot n’est pas un photographe de paysage ou de studio. Son terrain, c’est la rue, avec ses excès, ses fractures, ses beautés cachées. Ses séries s’intéressent aux gens que la société ignore : les sans-abri, les junkies, les tatoués, les marginaux. Mais Brice Gelot ne les regarde pas avec pitié : il les photographie avec une dignité sauvage. Il met en lumière leur force, leur résilience, leur humanité.

Cette philosophie trouve son apogée dans des projets au long cours comme Straight out the hood – une plongée de plusieurs années au cœur des ghettos urbains, qui lui vaudra prix, expositions et reconnaissance internationale. Brice n’est pas un voyeur, c’est un témoin. Et ce témoin choisit de montrer ce que beaucoup refusent de voir.

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L’engagement photojournalistique de Brice Gelot

Il y a deux types de photographes : ceux qui arrangent le monde pour le rendre instagrammable et ceux qui plongent les deux pieds dans la boue pour en sortir des vérités qu’on ne veut pas voir. Brice Gelot fait partie de la seconde espèce. Son credo : la photo n’est pas décorative, elle est politique. Elle est sociale, elle est une arme. Chaque image qu’il capture cherche à secouer, à bousculer, à ouvrir des yeux fermés depuis trop longtemps.

Montrer l’invisible : gangs, sans-abri, toxicomanes

Brice Gelot documente les marges. Pas les marges cool et branchées des quartiers gentrifiés, mais les vraies : les camps de sans-abri, les squats crasseux, les gangs tatoués jusqu’au regard, les visages creusés par la dope. Il ne cherche pas le sensationnalisme mais la vérité nue.

Dans ses séries, la pauvreté n’est pas un concept abstrait, c’est une main tremblante tendue pour rouler une cigarette. La toxicomanie n’est pas une statistique, c’est un regard perdu dans une flaque d’eau sale. Les gangs ne sont pas des caricatures cinématographiques, ce sont des hommes, des femmes, avec leurs règles, leurs codes, leurs tragédies.

C’est ce regard brut qui fait la force de son travail : Brice Gelot donne une existence visuelle à ceux qu’on efface collectivement.

L’empathie comme arme photographique

Contrairement à certains photojournalistes qui se posent en observateurs froids, Gelot pratique un photojournalisme immersif et empathique. Il vit avec les gens qu’il photographie, il partage leurs galères, il gagne leur confiance. Ses photos ne jugent pas, elles témoignent. Et c’est là que réside le paradoxe : ses images, dures et parfois insoutenables, ne condamnent jamais. Elles invitent à comprendre, à ressentir, à reconnaître l’humanité derrière les stigmates.

Dans une époque saturée d’images lisses et marketées, Brice préfère l’imperfection expressive. Le flou, le grain, le contraste violent deviennent des choix esthétiques qui traduisent une vérité émotionnelle plus forte que la netteté clinique.Brice Gelot photojournalisme tatouages et realite sans fard 10

Dénoncer les stéréotypes et les injustices sociales

Chaque série de Gelot est un doigt d’honneur aux clichés qui collent aux marginalisés. Non, un tatoué n’est pas forcément un criminel. Non, un sans-abri n’est pas qu’un raté. Non, un junkie n’est pas qu’une épave. Ce que Brice montre, c’est la complexité des vies. Il sait qu’une photo peut renverser une perception. Qu’un portrait en noir et blanc, cadré de près, peut casser une barrière mentale. Qu’une image d’un gang réunissant ses membres autour d’un barbecue peut en dire plus que mille discours sur la solidarité des exclus. Avec lui, la photographie devient un acte militant, même s’il n’agit jamais en moraliste. Son militantisme, c’est celui de l’œil. Montrer, sans fard, et laisser au spectateur le soin de sentir la gifle.

L’image comme outil de changement social

Brice Gelot croit au pouvoir de l’image. Pas comme simple produit visuel mais comme outil de changement social. Il a souvent déclaré que la photographie pouvait être un catalyseur de discussions sur des sujets que les gens préfèrent éviter : pauvreté, violence, injustice, exclusion.  Ses photos ne changent pas directement le monde, mais elles forcent à voir, à ressentir, à s’interroger. Et parfois, c’est suffisant pour initier un mouvement.

Ce n’est pas un hasard si ses images ont servi des collectes de fonds internationales : Black Lives Matter, NHS, WarChild, United Nations Crisis Relief. Ses clichés dépassent le cadre artistique, ils deviennent des moteurs de solidarité. Pour Gelot, appuyer sur le déclencheur, c’est aussi prendre position. Son photojournalisme est un engagement : celui de ne pas détourner le regard quand la réalité dérange.Brice Gelot photojournalisme, tatouages et réalité sans fard

La signature visuelle de Brice Gelot

Tu reconnais un cliché de Brice Gelot avant même de voir son nom en bas. Pourquoi ? Parce qu’il a une patte visuelle qui tranche, qui gratte et qui reste collée au cerveau comme une chanson de Joy Division en boucle. Ses images ne sont pas des posters de salon : elles sentent la sueur, la nicotine froide et l’adrénaline. Brice ne photographie pas, il incise la réalité. Et c’est ce style unique qui a fait de lui un photographe de rue et un documentariste incontournable.

Le noir et blanc comme langage universel

Le choix du noir et blanc n’est pas esthétique, il est politique. Brice ne veut pas distraire avec les couleurs, il veut aller droit au cœur du sujet. Le noir et blanc, c’est l’os et la chair, sans maquillage. Ça renvoie à la photographie argentique de ses débuts, au grain brut qui donne une dimension intemporelle à ses images. Ce n’est pas un noir et blanc “élégant”, façon magazines de mode.

Non. C’est un noir et blanc qui claque, qui contraste fort, qui hurle parfois. Le ciel devient une tâche blanche brûlée, les visages des masses sombres sculptées par la lumière. Chaque cliché est une dissection. Le noir et blanc de Brice Gelot fonctionne comme une loupe : il met en avant l’émotion, la souffrance, la dignité, sans le vernis coloré qui pourrait atténuer l’impact. C’est brut, c’est frontal. Et ça fonctionne.

L’esthétique brute vs la photo policée

À l’heure où Instagram fait de chaque gosse avec un iPhone un “photographe”, Brice reste dans une autre galaxie. Pas de filtres mielleux, pas de compositions publicitaires. Son esthétique est brute, crade, mais vivante. Brice Gelot assume le grain, le flou de mouvement, les contrastes explosifs. Là où d’autres voient des “défauts techniques”, lui voit la vérité. C’est une photographie qui prend des coups, qui saigne mais qui raconte. En un sens, Brice pratique une photographie punk. Pas de compromis, pas de polish, pas de concessions à l’algorithme. Et c’est précisément ce qui donne de la force à son travail : il est irréductible, inimitable.

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Construire une série longue : Archives, Straight out the hood

Brice ne se contente pas d’images isolées. Il pense en séries longues. Chaque projet est un récit, une immersion prolongée.

  • Avec Archives Vol.1 (2023), il propose une plongée dans ses années de photo, une sorte de carnet brut de ses explorations visuelles.

  • Avec Straight out the hood, il s’enfonce dans les quartiers difficiles, documentant la vie des gangs, la violence quotidienne, mais aussi la solidarité, les liens familiaux, les moments de grâce. Cette série, primée plusieurs fois entre 2023 et 2025, a été son passeport pour les scènes internationales.

  • Avec Los Angeles et Napoli (2025), il fait le choix du livre, du papier, pour donner une permanence à son travail. Ces bouquins ne sont pas de simples catalogues, mais de véritables témoignages visuels, comme des journaux intimes collectifs.

Ses séries fonctionnent comme des chapitres d’un roman-photo noir. Chaque cliché est une phrase, chaque série un récit. Et ce récit, c’est celui des marges urbaines.

Portraits d’artistes, célébrités et collaboration avec Playboy

Si son terrain de prédilection reste la rue, Brice Gelot a aussi développé une facette plus glamour – ou du moins une version dévoyée du glamour. Ses portraits d’artistes et de musiciens gardent la même intensité que ses clichés de rue : pas de paillettes inutiles, mais des visages marqués, des regards lourds, des corps vivants. Sa collaboration avec Playboy (France, UK, USA) est emblématique : Brice Gelot y injecte son style cru, loin des clichés photoshopés habituels. Ses nus sont vivants, imparfaits, vrais. Ils révèlent une beauté qui n’a pas besoin d’artifice.

Que ce soit un portrait d’un musicien underground, d’une célébrité tatouée ou d’une modèle Playboy, la signature de Brice reste la même : la vérité brute.

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Publications, expositions et reconnaissance internationale

Un photographe peut bien crier dans le vide, mais ce qui fait sa résonance, c’est quand ses images voyagent au-delà de sa pellicule. Et dans le cas de Brice Gelot, ses clichés ont traversé les frontières, squatté les pages de magazines internationaux, atterri dans des galeries, et raflé des prix qui font grincer des dents les gardiens d’un photojournalisme trop lisse. Il est passé de la marge underground à la reconnaissance institutionnelle, sans jamais lisser son style.

Magazines (Vice, Thrasher, Lens, Art Market…)

La liste des publications qui ont accueilli ses images ressemble à une tournée mondiale. Dans le coin underground, on retrouve Vice Magazine, Thrasher, Tattoo Life, Tatouage Magazine, Desillusion, Bing!Bang! – des titres où l’adrénaline et la subculture coulent comme de la bière tiède. Mais Brice n’a pas seulement séduit les niches rebelles. Son travail a aussi trouvé une place dans des titres plus pointus ou artistiques comme Art Market Magazine, AAP Journal, Lens Magazine ou Artesano Magazine. Là, son style brut est analysé comme un manifeste visuel, une esthétique à part entière. Et puis, il y a le numérique, où son nom circule dans les grandes plateformes spécialisées : L’Œil de la Photographie, Blind, FotoSlovo, Street Photography UK, Canvas Rebel, F-Stop Magazine, Collateral… partout, son travail est étudié, discuté, critiqué.

Livres publiés : Los Angeles, Napoli, Archives Vol.1

Un photographe de rue se doit d’imprimer sa trace. Brice Gelot l’a fait avec trois ouvrages essentiels :

  • Archives Vol.1 (2023) : un condensé de ses premières années, comme un carnet noir de sa mémoire visuelle.

  • Los Angeles (2025) : un hommage brutal et sincère à la ville des anges, loin des clichés hollywoodiens, montrant plutôt ses démons.

  • Napoli (2025) : plongée dans les ruelles italiennes, entre chaos, misère et beauté.

Ces livres ne sont pas de simples catalogues. Ce sont des manifestes photographiques, publiés avec un soin quasi bibliophile (ISBN en béton, diffusion internationale). Ils installent Gelot dans une autre dimension : celle des photographes dont le travail restera dans les bibliothèques et pas seulement sur Instagram.

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Expositions et critiques internationales

Brice Gelot a accroché ses images dans des galeries, mais aussi dans des espaces plus alternatifs. Ses œuvres voyagent entre la France, l’Italie, les États-Unis, la Russie et l’Allemagne. Les critiques soulignent toujours la même chose : sa capacité à révéler la beauté dans le chaos. Ce n’est pas de l’exotisme de misère, c’est une confrontation avec une réalité partagée, universelle. Ses expositions collectives et individuelles, souvent accompagnées de conférences et de débats, soulignent son engagement : la photo comme déclencheur de conversations sociales.

Prix et distinctions majeurs

Brice ne court pas après les trophées, mais les trophées ont fini par le rattraper. Entre 2023 et 2025, il a été récompensé par des jurys internationaux :

  • AAP Magazine (Street, Travel, Emerging Photographer…)

  • World Masters of Photography (3ᵉ prix et mentions honorables)

  • Moments Collective (Winner 2024)

  • Hamburg Portfolio Review (sélectionné meilleur photographe)

  • Photographize Annual Book (sélection en 2023).

Ces reconnaissances placent son nom aux côtés des grands de la street photography contemporaine, sans qu’il ait renoncé à son identité visuelle.

Collaborations et projets commerciaux

Un photographe qui shoote les sans-abri, les gangs et les tatoués pourrait se contenter d’un statut de marginal sacré. Mais Brice Gelot n’est pas qu’un poète du chaos : il sait aussi jouer dans la cour commerciale, sans jamais trahir son style. Ce qui frappe, c’est qu’il a réussi à infiltrer des marques mainstream avec son esthétique brute, à transformer un univers policé en un terrain de jeu photographique où son grain, ses contrastes et son regard sans filtre prennent toute leur force.

Playboy, Suicidegirls, Volcom, Carhartt, Vans…

Quand on pense à Playboy, on imagine le glamour siliconé, les photos trop lisses. Brice Gelot a dynamité cette image. Ses séries pour Playboy réinventent le nu avec une esthétique plus vraie, plus viscérale. Ce ne sont pas des corps plastifiés : ce sont des femmes vivantes, imparfaites, humaines.

Et c’est précisément ce regard qui a séduit la marque. Même logique avec SuicideGirls, où l’univers tatoué et alternatif collait parfaitement à son ADN visuel. Côté streetwear, Brice a bossé avec des mastodontes : Volcom Europe, Carhartt WIP, Antiz Skateboard, Doble Skateboard. Là encore, ses images parlent aux communautés underground et renforcent la crédibilité des marques auprès de leur public. Quand Gelot shoote une campagne, ça ne ressemble pas à une pub : ça ressemble à un instant de vie, arraché à la rue.

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Collectes de fonds et engagement humanitaire

Là où ça devient encore plus intéressant, c’est que Brice a utilisé sa notoriété pour des projets solidaires. Ses photos ont servi à lever des fonds pour des causes majeures :

  • Los Angeles Fire Department Foundation (série City of Angels)

  • United Nations Crisis Relief (Make Art Stop War)

  • Black Lives Matter (Unity)

  • WarChild (Stop Knife Crime)

  • NHS (Make It Blue)

  • Lions Club International (Stop Violence)

  • Sk8 Liborius – Long Live Liborius*

Là encore, ses images ne sont pas seulement des témoignages, elles deviennent des armes de mobilisation. Elles font vendre des prints, des bouquins, des collabs… mais pour une cause qui dépasse le simple commerce.

 L’équilibre entre artistique et commercial

C’est là tout le paradoxe de Brice Gelot : il évolue à la fois dans les marges et dans les sphères commerciales. Et il le fait sans schizophrénie. Comment ? Parce que sa signature visuelle reste intacte. Qu’il shoote une série sur des sans-abri à Los Angeles ou une collab pour Vans, l’œil est le même. Le cadre, le grain, la brutalité : rien ne change.

C’est cette cohérence esthétique qui lui permet d’être crédible dans deux mondes en apparence opposés. Ses photos ne deviennent jamais des pubs fades. Elles restent des histoires visuelles, même quand elles s’accrochent sur une affiche ou une page de magazine de mode.

Clients & collaborations de Brice Gelot

  • Playboy (France, UK, USA)

  • SuicideGirls (France)

  • Hellfest (France)

  • Volcom Europe

  • Carhartt WIP

  • Antiz Skateboard

  • Doble Skateboard

  • Vans (chaussures, Costa Mesa, CA, USA)

  • Champion USA (vêtements, Caroline du Nord)

  • Pepe Jeans (vêtements, Londres)

  • Fiber Art (édition limitée, USA)

  • Vangart (édition limitée, Lyon, France)

  • Rugtomize (édition limitée, Santa Ana, CA, USA)

Héritage et influence

Le monde de la photo est saturé d’images. Chaque seconde, des millions de clichés se balancent sur Instagram, TikTok ou dans le flux infini des réseaux. Alors, qu’est-ce qui fait qu’un photographe comme Brice Gelot sort du lot, qu’il imprime sa marque dans la rétine collective ? La réponse est simple : il n’est pas là pour plaire. Il est là pour déranger. Et c’est précisément cette approche qui le rend incontournable dans la street photography contemporaine.

Dans la street photography contemporaine

Brice Gelot a redonné au genre de la street photography une urgence qu’il avait parfois perdue. Beaucoup de photographes de rue se contentent de jouer avec les ombres, les passants, les reflets dans une vitrine. C’est joli, c’est graphique, mais souvent ça sonne creux. Gelot, lui, a ramené la rue dans sa brutalité : pauvreté, gangs, tatouages, marginaux.

Pas d’esthétique gratuite, mais une nécessité documentaire. Ses séries comme Straight out the hood sont devenues des références parce qu’elles montrent la rue non pas comme un décor, mais comme une zone de survie, un espace politique. Dans ce sens, Brice Gelot influence une nouvelle génération de photographes qui voient la street photography non pas comme un exercice esthétique, mais comme un engagement.

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Un regard à contre-courant du photojournalisme mainstream

Le photojournalisme mainstream adore les “sujets vendeurs” : les crises spectaculaires, les guerres, les catastrophes. Gelot, lui, choisit l’angle mort. Les histoires qu’il raconte sont celles qui ne font pas la une des JT. Des gens ordinaires, invisibles, oubliés.  C’est ce qui rend son travail radicalement politique : il remet de l’humain là où le monde médiatique préfère l’abstraction statistique.

Et son style brut, loin des standards esthétiques policés, agit comme un contre-discours. Dans une époque où la photographie documentaire tend parfois à se transformer en produit culturel aseptisé, Gelot reste du côté du sale, du rugueux, du vrai.

Résonance auprès du public et des communautés marginalisées

Ce qui est fascinant, c’est que ses photos ne touchent pas seulement les amateurs d’art ou les critiques spécialisés. Elles résonnent auprès des communautés qu’il photographie. Les tatoués se reconnaissent dans ses clichés. Les skaters voient leur culture respectée et magnifiée. Les marginaux comprennent qu’on les regarde enfin avec dignité. Ce retour du sujet photographié vers le photographe est rare, et c’est sans doute ce qui fait la valeur la plus forte de son œuvre. Ce n’est pas un regard d’ethnographe, c’est un regard de pair. Brice Gelot photographie “avec” plutôt que “sur”. Et ça change tout.

Quel futur pour sa photographie ?

À ce stade, la question se pose : où va Brice Gelot ? Ses livres (Los Angeles, Napoli) l’ont déjà inscrit dans une tradition de grands photographes documentaristes. Ses prix internationaux l’ont placé sur la carte des institutions. Ses collaborations avec des marques prouvent qu’il peut naviguer entre underground et mainstream. Le futur probable ? Une reconnaissance encore plus large, avec peut-être des expositions muséales et de nouvelles séries au long cours. Mais aussi, un engagement encore plus marqué sur les grandes causes sociales et humanitaires.

Car une chose est sûre : Brice Gelot ne se contentera jamais de shooter pour shooter. Sa photographie restera un outil de lutte, un miroir tendu au monde. Et c’est là son véritable héritage : avoir rappelé que la photo peut encore changer les regards, et donc changer les choses.

 

 

Conclusion

Brice Gelot n’est pas seulement un photographe de rue, il est un passeur d’humanité. Ses images sont des claques visuelles qui obligent à regarder ce qu’on préfère ignorer : la pauvreté, la marginalité, la force des oubliés. De Dijon à Los Angeles, de Naples aux squats parisiens, Brice Gelot trace une ligne continue : celle d’un photographe qui refuse le confort esthétique et qui croit au pouvoir de l’image comme outil de changement social.  Ses collaborations commerciales montrent qu’il sait jouer avec les codes sans les trahir. Ses séries documentaires rappellent que la rue est un théâtre tragique mais aussi une école de dignité. Ses expositions et ses prix le placent dans la cour des grands, mais il reste fidèle à son essence : la vérité brute, sans maquillage. Et ca, chez Rock Sound, on adore…

Alors, que tu sois amateur de photo, skater tatoué ou simple curieux, garde un œil sur Brice Gelot. Parce que ses clichés ne se contentent pas de montrer : ils mordent, ils dérangent, ils réveillent.

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