The Lemon Twigs ou l’art de la pop qui pétille

par | 27 Oct 2026 | Actus, Live Reports

Temps de lecture : 5 min

The Lemon Twigs ont conclu leur tournée française par une nouvelle escale à la Rock School Barbey, le 13 octobre. Au programme : une bonne dose de pop vitaminée, des harmonies aux petits oignons et ce mélange de perfectionnisme et de fraîcheur qui continue d’impressionner dix ans après leurs débuts. Si leur dernier album, Look For Your Mind!, nous embarque pour un aller simple vers les Beach Boys, Brian et Michael D’Addario ont une nouvelle fois prouvé que leurs chansons prenaient une tout autre dimension sur scène. Avec Coup Dur en ouverture, la soirée a pris des airs de voyage dans le temps, entre nostalgie et modernité, portée par cette intemporalité qui fait l’ADN des frères D’Addario.

 

Coup Dur 26 scaled

Coup Dur – Photo par Alexia Arrizabalaga

 

Coup Dur

Il y a des premières parties qui semblent avoir été choisies sur mesure. Avec Coup Dur, trio venu de Belgique, la Rock School Barbey nous plonge dans un univers où les mélodies légères, les refrains entêtants et les harmonies pop ont le don de rester en tête pendant des jours. Entre twee pop et yé-yé, Avril, Clémence et César cultivent un charme délicieusement rétro, avec fraîcheur et spontanéité. Leurs mélodies hyper fun et leurs refrains accrocheurs apportent une touche résolument moderne à cet univers teinté de nostalgie. Une première partie rêvée pour The Lemon Twigs, tant les deux groupes partagent ce goût des harmonies ciselées et des mélodies intemporelles. Dans le public, Brian D’Addario ne manque d’ailleurs pas une miette du spectacle. Il se fond dans la foule, discret, arborant son grand sourire. Difficile d’imaginer meilleure validation ! Entre fous rires, humour et bonne humeur communicative, Coup Dur aura parfaitement rempli sa mission, avec ce petit supplément d’âme qui donne envie de prolonger la soirée.

 

 

The Lemon Twigs 71 scaled

The Lemon Twigs – Amexia Arrizabalaga

 

The Lemon Twigs

Depuis trois ans, The Lemon Twigs ont pris l’habitude de faire escale à Bordeaux, et le public répond une nouvelle fois présent en nombre. Les frères D’Addario débarquent sur scène, nonchalants et too cool for school, mais bien décidés à envoyer du bois. Dès les premières notes de « My Golden Years », les harmonies vocales ciselées, les mélodies lumineuses et les guitares affûtées rappellent ce qui fait le sel du groupe : une passion assumée pour la pop des années 60 et 70. Mais surtout, une performance pétillante, animée et parfaitement huilée, qui donne immédiatement le ton de la soirée.

Le son est excellent, les voix résonnent et le public est d’ores et déjà conquis. Le groupe enchaîne avec « I’ve Got a Broken Heart », « What You Were Doing » et « The One », avant de dérouler une setlist qui propose pas moins de dix chansons de leur dernier album, Look For Your Mind !. Une occasion assez rare de découvrir ce nouveau chapitre en live. « The 2 or 3 », « You’re Still My Girl » et « I Just Can’t Get Over Losing You » sont autant de pépites de power pop aux harmonies qui évoquent aussi bien les Beach Boys que les Carpenters. Mais qu’on ne s’y trompe pas : sur scène, la recette Lemon Twigs change la donne. Les chansons gagnent en relief et en consistance, portées par une énergie communicative et une musicalité qui impressionne toujours autant. Les harmonies sont solides, presque instinctives. Les frères D’Addario, accompagnés de Reza Matin et Danny Ayala, se connaissent si bien que les voix s’entremêlent avec une évidence qui relève de la seconde nature.

Tout au long du concert, Brian et Michael D’Addario enchaînent leurs sauts caractéristiques, jambes écartées, avec une énergie inépuisable. Mais au-delà de leur performance, c’est l’osmose entre les quatre musiciens qui frappe. Danny Ayala à la basse et aux claviers, Reza Matin à la batterie. À mi-concert, les rôles s’inversent et le jeu des chaises musicales commence : Michael s’installe derrière la batterie, Reza attrape la guitare et Danny passe aux claviers. La rotation se poursuit sur plusieurs morceaux, apportant une touche de spontanéité qui surprend autant qu’elle amuse. On sent notamment que Michael prend un plaisir particulier derrière les caisses. Polyvalents, joueurs et drôles, les quatre musiciens se comprennent sans même avoir besoin de se parler. Une complicité évidente qui contribue largement à la magie du concert.

 

 

The Lemon Twigs 106 scaled

The Lemon Twigs – Alexia Arrizabalaga

 

 

Au rappel, Brian revient seul à la guitare acoustique pour « Joy », puis « Corner of My Eye », offrant une parenthèse plus intime après l’énergie déployée tout au long de la soirée. « Rock On (Over and Over) » vient ensuite refermer le concert sur une note plus électrique.

La tournée aura été éprouvante, les quatre musiciens ayant été ou étant encore malades. Malgré les circonstances, The Lemon Twigs ont tenu le cap, portés par un public fidèle et une salle dont l’enthousiasme n’a jamais faibli. À la Rock School Barbey, les frères D’Addario ont rappelé que la pop n’avait pas besoin de révolutionner ses codes pour continuer à nous faire vibrer. Quelques harmonies impeccables, des refrains intemporels et quatre musiciens qui prennent visiblement plaisir à jouer ensemble : la recette est simple, mais redoutablement efficace.

Cette nouvelle escale bordelaise aura célébré une pop à la fois travaillée et accessible, sophistiquée sans perdre sa spontanéité, entre nostalgie et fraîcheur. The Lemon Twigs continuent de tracer leur route avec une élégance singulière, sans jamais se laisser enfermer dans le passé, portés par un plaisir de jouer et d’être sur scène toujours aussi communicatif. À Bordeaux, les frères D’Addario nous ont rappelé que certaines chansons ne vieillissent pas : elles continuent de se réinventer, de nous toucher différemment et de grandir avec nous.

 

 

The Lemon Twigs 31 scaled

The Lemon Twigs

The Lemon Twigs 97 scaled

The Lemon Twigs

The Lemon Twigs 70 scaled

The Lemon Twigs

The Lemon Twigs 101 scaled

The Lemon Twigs

The Lemon Twigs 114 scaled

The Lemon Twigs

Coup Dur 40 scaled

Coup Dur en première partie

 

Photos et texte par Alexia Arrizabalaga, envoyée spéciale Rock Sound à la Rock School Barbey de Bordeaux.