Ils arrivent sans prévenir et repartent en laissant une traînée d’électricité derrière eux. Avec The Last Internationale, le rock retrouve sa charge la plus brute : une voix qui brûle, une guitare qui gronde, et une intensité de live qui retourne les salles françaises depuis leur passage remarqué à Taratata. Entre héritage militant, énergie sauvage et ascension fulgurante, le duo new-yorkais rallume la flamme là où on ne l’attendait plus.

The Last Internationale
The Last Internationale naît à New York, mais leur ADN vient d’un ailleurs plus ancien, plus profond : celui des protest singers, des bluesmen cabossés, des voix qui racontent l’injustice avant même de la chanter. Delila Paz et Edgey Pires se rencontrent autour de disques que plus personne n’écoutait dans leur entourage : Bob Dylan, Pete Seeger, Howlin’ Wolf, Woody Guthrie, Robert Johnson… des influences avérées qui les façonnent dès les premiers jours . Leur rock n’est pas un revival : c’est une continuité. Une manière de reprendre le flambeau des chansons engagées de l’East Village, mais avec une intensité moderne, électrique, presque viscérale.
La voix de Delila Paz est l’âme du groupe. Une voix qui porte la soul, la rage, la douceur et la lutte dans un même souffle. Sur Taratata, où la France les découvre en 2020 avec Soul On Fire, elle apparaît comme une révélation : une présence magnétique, un timbre qui rappelle Grace Slick ou Chrissie Hynde, mais avec une profondeur émotionnelle qui n’appartient qu’à elle . Delila ne chante pas pour séduire : elle chante pour dire, pour libérer, pour rassembler.
À ses côtés, Edgey Pires joue la guitare comme on brandit une arme. Son jeu est brut, nerveux, nourri de blues et de rock 70’s, mais traversé d’une urgence punk. On pense parfois à la sauvagerie d’un jeune Jimmy Page, à la tension d’un Tom Morello : influence assumée, puisque Morello a produit leur album Soul On Fire et les considère comme l’un des groupes les plus authentiques de leur génération .
Leur discographie raconte une trajectoire cabossée mais tenace : We Will Reign (2014), Soul On Fire (2019), Running for a Dream (2023) : trois chapitres d’un même combat artistique, marqué par des ruptures avec les labels, des tournées avec The Who, Kiss, Robert Plant, Guns N’ Roses, et une fidélité farouche à leur liberté créative .
Mais un moment précis va changer leur relation avec la France : Taratata 2020. Ce soir-là, Delila partage la scène avec JJ Wilde, autre voix rock-soul explosive. Deux femmes, deux tempéraments, deux intensités qui se rencontrent dans un duo qui frappe comme un uppercut. Pas de fioritures, pas de démonstration : juste deux voix qui se reconnaissent, se répondent, se défient presque.
Ce passage devient un tournant. JJ Wilde est saluée par la presse française. Delila, elle, conquiert un public qui ne la connaissait pas encore. Et The Last Internationale voit soudain arriver, aux concerts suivants, des visages nouveaux : des spectateurs qui les ont découverts ce soir-là, qui ont été happés par cette énergie féminine brute, par cette intensité rare que seule la scène peut révéler.
Et puis il y a “Hard Times”, leur single iconique. Un morceau qui a atteint la première place des charts blues UK, porté par une tension émotionnelle rare, un blues-rock incandescent qui résume tout ce qu’ils sont : la lutte, la sueur, la beauté brute .
Sur scène, The Last Internationale donne tout. Leur live est une déflagration, un moment suspendu où la musique devient un acte de résistance. Ceux qui les ont vus au Trabendo il y a quelques années, en première partie d’Extreme salle Pleyel à Paris, au Heavy Week-end en 2024 ou dans les festivals européens le savent : ce groupe ne laisse personne indemne.
Aujourd’hui, ils poursuivent leur ascension, en tournée en France, avec une fanbase qui grandit à chaque date. Leur actualité brûlante : un nouveau single « Animals » sorti le 27 mars dernier, accompagné d’une lyric vidéo. Avec Animals, Delila raconte un monde où des êtres humains sont traités comme s’ils avaient perdu toute valeur. Elle évoque les arrestations violentes, les familles brisées, la propagande qui salit des vies, les enfants enfermés et affamés, jusqu’aux exécutions menées avec une froideur terrifiante. Pour elle, ces dérives dessinent la montée d’un fascisme américain qui s’accélère. Le morceau agit alors comme un appel à la lucidité, mais aussi comme une invitation à ne pas laisser l’époque nous écraser.
The Last Internationale, c’est un portrait d’artistes en mouvement. Un duo qui puise dans le passé pour mieux embraser le présent. Un groupe qui rappelle que le rock peut encore être un cri, un refuge, une vérité. Une expérience à vivre… de préférence en live, là où leur musique devient un choc, une communion, une nécessité.
The Last Internationale est sur Instagram @thelastinternationale
Ils seront de passage à Paris le 16 juin au Bataclan, en compagnie de Tom Morello ! Ne les loupez pas !





