Un nouvel album des Foo Fighters est bel et bien prêt. Dave Grohl l’a confirmé ce week-end sur scène à Launceston, en Australie, évoquant une sortie possible sans en préciser la date. Plus de trente ans après leurs débuts et près de trois décennies après la sortie de leur premier album, le groupe continue d’avancer sans regarder dans le rétroviseur. À l’approche du concert parisien à la Défense Arena, le 19 juin, l’annonce offre un prétexte idéal pour revenir sur les 25 titres qui racontent le mieux l’histoire et la puissance émotionnelle de Foo Fighters.
25. Waiting On A War (2021)
Issu de l’album injustement sous-estimé Medicine at Midnight, Waiting On A War est sans doute l’approche la plus explicitement politique de Foo Fighters. Dave Grohl y évoque la peur transmise de génération en génération, cette angoisse sourde qui flotte dans l’air quand le monde semble prêt à imploser. Musicalement, le morceau prend son temps, démarre en retenue avant de s’ouvrir sur un refrain massif, presque cathartique. Grohl a expliqué que la chanson faisait écho aux récits de sa mère sur la guerre du Vietnam, et à la manière dont cette peur s’est transmise, consciemment ou non.
24. I’ll Stick Around (1995)
L’un des titres les plus venimeux du premier album. Brut, nerveux, presque méchant, I’ll Stick Around est une décharge de frustration à peine contenue. On y entend un Dave Grohl encore marqué par la fin de Nirvana, décidé à reprendre le contrôle, quitte à régler quelques comptes en chemin.
23. Podunk (1995)
Rare, presque mythique, Podunk est un morceau souvent oublié des classements, mais adoré des fans hardcore. Chaotique, mal poli, ultra-90s, il capture l’esprit DIY des débuts de Foo Fighters, quand Dave Grohl enregistrait dans son garage. Le titre n’est jamais apparu sur un album studio officiel, mais figure en face b sur le maxi de This Is A Call.
22. Rescued (2023)
Premier single de l’ère post-Taylor Hawkins, Rescued porte une charge émotionnelle impossible à ignorer. Sans jamais tomber dans l’hommage appuyé, le morceau parle de survie, de reconstruction et de cette impression étrange de marcher encore, même après le choc.
21. This Is A Call (1995)
Premier manifeste. This Is A Call est une invitation à suivre Dave Grohl dans une nouvelle aventure, loin des fantômes de Seattle. Le morceau est direct, presque naïf, mais redoutablement efficace. Et ce titre, This Is A Call, volontairement vague. Un appel, oui, mais à qui exactement ? À l’auditeur, à un pote, à l’univers… Mystère. Grohl a toujours expliqué qu’il voulait éviter que les paroles soient disséquées à la loupe, traumatisé par l’expérience Nirvana. Résultat : un morceau qui sonne comme un coup de fil lancé dans le vide, et qui, contre toute attente, a été entendu par tout le monde.
20. Rope (2011)
Avec son riff saccadé et son refrain instantanément mémorisable, Rope marque un moment charnière dans la discographie de Foo Fighters. Le morceau est tendu, précis, presque mathématique dans sa construction, comme si le groupe avait sorti la règle et le compas après des années à jouer à l’instinct. Et puis il y a cette guitare en delay dès l’intro, légèrement déroutante, presque élégante.
A partir de cet album, les Foo vont clairement commencer à penser leurs disques aussi comme des objets de production, pas seulement comme des machines à riffs. C’est par ailleurs l’un des premiers titres où l’on sent pleinement l’apport de Pat Smear, guitare aux genoux, depuis son retour officiel dans le groupe. Discret mais essentiel, il agit ici comme une colle invisible qui tient tout ensemble.
19. Walk (2011)
Un slow burn devenu hymne. Walk parle de renaissance, de fatigue mentale, de la sensation très précise d’être à bout avant d’exploser dans un final euphorique, bras levés et gorge serrée. Le tout est évidemment extrait de Wasting Light — un disque qu’on considère chez Rock Sound comme l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur album de Foo Fighters. Ici, tout sonne juste, humain, sincère, sans effet de manche inutile. Le clip, inspiré du film Falling Down, met en scène un Dave Grohl au bord de la rupture nerveuse, en miroir quasi parfait avec le propos du morceau.
18. Walking After You (1997)
Ballade fragile, presque timide, Walking After You montre une facette plus vulnérable du groupe. Dépouillée, émotionnelle, elle contraste fortement avec l’énergie brute de The Colour And The Shape. Petit fun fact, une version alternative figure sur la BO de X-Files, preuve de la capacité du groupe à sortir de son cadre habituel.
17. Big Me (1995)
Sous ses airs de pop song enjouée et faussement innocente, Big Me est un petit cheval de Troie. Le morceau est court, léger, presque sucré, mais il cache une ironie mordante et surtout une vraie intelligence d’écriture. À une époque où Dave Grohl devait encore prouver que Foo Fighters n’était pas un simple projet post-Nirvana, cette chanson a joué un rôle clé : montrer qu’il savait écrire des mélodies immédiates et bigrement efficaces.
La parodie de pub Mentos, géniale sur le moment, a collé à la peau du groupe comme un chewing-gum sous une Converse en plein été. Au point que Grohl a longtemps regretté que Big Me installe cette image trop « fun », presque gadget, alors que le fond du morceau était bien plus fin.
16. Under You (2023)
Under You est une chanson de deuil déguisée en power-pop. Tout semble aller bien en surface, une mélodie immédiate, un tempo entraînant, un refrain qui s’accroche. Et puis, très vite, quelque chose coince. Les mots parlent d’absence, de manque, de cette sensation étrange de continuer à vivre alors que quelqu’un manque à l’appel.
Comme si la chanson souriait pendant que le sol se dérobe lentement sous ses pieds. Inscrite sur But Here We Are, album écrit dans la douleur après la disparition de Taylor Hawkins, Under You montre un Dave Grohl incapable de masquer ce qu’il traverse.
15. White Limo (2011)
Probablement le morceau le plus raw et frontal de Foo Fighters, White Limo fonce tête baissée, sans subtilité, avec un plaisir contagieux. Et pour couronner le tout, Lemmy Kilmister apparaît dans le clip, au volant de la fameuse White Limo.
14. All My Life (2002)
Riff sec, tension permanente, explosion finale : All My Life est l’un des titres les plus forts et les plus mémorables de Foo Fighters. Premier single de One by One, il arrive à un moment où le groupe, après quelques années de succès mélodique, décide soudain de mettre la gomme et de rappeler qu’il n’a rien perdu de sa rage originelle. Derrière l’énergie brute se cache une dualité intéressante.
L’urgence et l’agression semblent diriger tout le morceau, mais les paroles expriment une sorte de recherche insatiable, l’envie d’un accomplissement qui ne se concrétise jamais. Grohl lui-même a confirmé que le morceau avait commencé comme un instrumental « vraiment dissonant et bruitiste » avant qu’on lui colle une voix, et que c’est devenu ce qu’on connaît : un son lourd, tendu, presque primal.
13. Dear Rosemary (2011)
Sous sa mélodie lumineuse, presque rassurante, Dear Rosemary cache un vrai morceau d’introspection douce-amère. C’est typiquement le genre de chanson qui avance sans bruit tout en remuant pas mal de choses en dessous. Et puis il y a Bob Mould, invité discret mais essentiel, pas là pour briller, juste pour ajouter une gravité souterraine. Quand on sait qu’il est l’une des influences majeures de Dave Grohl depuis l’adolescence, sa présence sur Wasting Light ressemble moins à un feat qu’à un passage de relais.
12. Long Road To Ruin (2007)
Power-pop mélancolique, Long Road To Ruin parle d’échec et de cycles qui se répètent, cette fatigue émotionnelle qui finit par s’incruster dans les os. La musique, presque enjouée, fait ressortir le contraste : on sourit un peu en dedans, mais ça gratte quand même. Et puis le clip arrive, fausse bande-annonce kitsch, presque grotesque, et transforme le morceau en Soap-Opéra.
11. Arlandria (2011)
Arlandria est l’un de ces morceaux où Dave Grohl se raconte sans artifice. La chanson plonge dans ses souvenirs d’enfance, entre nostalgie douce et désillusion adulte. Arlandria, ce quartier d’Alexandria en Virginie où il a grandi, devient le théâtre de ses petites révoltes, de ses rêves avortés et de ce mélange étrange entre l’envie de fuir et l’impossibilité de tourner vraiment la page. Musicalement, le morceau est tendu, presque crispé, mais porté par une mélodie qui fait rebondir la mélancolie sans tomber dans le pathos. C’est là toute la force de Arlandria : un titre profondément personnel qui résonne universellement, parce que chacun reconnaît ce subtil équilibre entre passé qu’on chérit et regrets qu’on traîne.
10. The Pretender (2007)
S’il fallait désigner le moment où Foo Fighters sont définitivement passés du statut de grand groupe rock à celui de machine à hymnes générationnels, The Pretender serait un candidat sérieux. Tout ici est pensé comme une montée en pression : l’intro presque feutrée, les silences tranchants, puis l’explosion d’un refrain taillé pour être hurlé poing levé. Le morceau capte parfaitement la colère froide, celle qui ne s’épuise pas mais se canalise.
The Pretender impose un groupe sûr de sa force, capable de mêler rage et contrôle sans jamais sombrer dans la caricature. Dave Grohl a expliqué que la chanson parlait autant de résistance personnelle que de rejet des figures d’autorité, laissant volontairement le texte assez ouvert pour que chacun puisse s’y projeter.
9. Monkey Wrench (1997)
Monkey Wrench, c’est l’urgence à l’état brut. Un morceau qui donne l’impression de courir à bout de souffle sans jamais vouloir s’arrêter. C’est aussi l’un des titres qui ont défini la dimension cathartique de Foo Fighters : une musique qui sert autant d’exutoire à ceux qui la jouent qu’à ceux qui l’écoutent. En concert, Grohl termine souvent le morceau exténué, au point que Monkey Wrench est devenu une sorte de test d’endurance vocale sur les tournées.
8. Best Of You (2005)
Best Of You n’est pas juste un hymne rock monumental, c’est une déclaration de guerre contre tout ce qui t’éloigne de toi‑même. Derrière ce refrain explosif, il n’y a pas une simple rengaine pop, mais un combat intérieur : la lutte pour garder son intégrité, sa force, sa liberté face à ce qui tente de t’aspirer et de t’épuiser. Dave Grohl a expliqué que la chanson est née d’un besoin de se libérer, de ne pas se laisser enfermer par ce qui nous dépasse, qu’il s’agisse d’une personne, d’un système ou d’un idéal.
Musicalement, le morceau est taillé pour la résistance : rythme implacable, guitare qui grimpe, et une construction qui transforme la vulnérabilité du couplet en catharsis collective au refrain. Best Of You a failli ne jamais figurer sur In Your Honor. Enregistrée puis mise de côté, la chanson n’a été rejouée que parce que le manager du groupe a insisté, reconnaissant immédiatement ce qu’elle avait de spécial. Et plus tard, lorsque Prince a repris le morceau au Super Bowl, Grohl aurait avoué que c’était peut‑être la meilleure version jamais jouée, au point qu’il s’est demandé si Foo Fighters devaient encore s’y essayer après ça.
7. My Hero (1997)
My Hero est plus qu’un simple classique des Foo Fighters : c’est un hymne à ceux qu’on ne voit jamais sur les couvertures de magazines mais dont l’élan courageux fonde nos vies. Dave Grohl a expliqué que la chanson n’est pas là pour célébrer des rock stars ou des célébrités, mais des héros ordinaires, ces personnes “solides”, constantes dans leur humanité et leur courage discret. Des gens dont on peut vraiment s’inspirer au quotidien.
Sur The Colour and the Shape, album charnière où Foo Fighters affinent leur son et leur écriture, My Hero se distingue par une construction qui part d’une contemplation presque calme pour exploser en refrain fédérateur, comme si la chanson transformait la reconnaissance en libération collective. Cette approche fait de ce morceau une ode inverse à la notion héroïque traditionnelle. Ce n’est pas l’extraordinaire qui importe, mais l’ordinaire qui ne renonce pas.
6. I Should Have Known (2011)
Lourde, lente, presque écrasante, I Should Have Known est l’une des chansons les plus sombres de Foo Fighters. Difficile de ne pas y entendre un dialogue fantôme, une conversation jamais terminée, avec Kurt Cobain. C’est une chanson de regret, d’anticipation douloureuse et de regards en arrière, comme si Grohl se parlait à lui‑même. Le titre agit comme une confession à retardement, sans pathos inutile, mais avec une sincérité désarmante. Ce qui donne au morceau une résonance supplémentaire, c’est la présence de Krist Novoselic à la basse. Un geste délicat de Grohl, renforçant encore le lien émotionnel évident avec feu notre blondinet préféré.
5. Tired Of You (2002)
Au cœur de One By One, Tired Of You joue la carte de la vulnérabilité avec une économie de moyens rare chez Foo Fighters. À première écoute, la chanson peut sembler simple, presque dépouillée, mais cette apparente sobriété est volontaire, elle expose une fatigue émotionnelle sourde et lancinante.
La répétition obstinée du refrain — “I won’t go getting tired of you” — devient moins une promesse qu’un mantra de survie, une façon de résister à l’épuisement intérieur, de tenir debout face aux contradictions du cœur. Et puis il y a ces guitares de Brian May, guitariste de Queen et seul invité du disque. Son jeu donne au refrain une dimension plus vaste et plus cinématique. Comme si la chanson avait besoin d’un souffle extérieur pour faire tenir ses tensions. Tired Of You, c’est un peu cette phrase que l’on se répète pour se convaincre de ne pas lâcher prise parce que certaines luttes valent plus que la fatigue qu’elles coûtent.
4. Learn To Fly (1999)
Avec Learn To Fly, Foo Fighters trouvent l’équilibre parfait entre légèreté et profondeur. Derrière son apparente simplicité se cache un morceau sur le doute, la remise en question et le désir de s’élever au-dessus de ses propres limites. C’est une chanson de transition, autant pour le groupe que pour son leader. Accessible sans être creuse, optimiste sans être naïve, elle marque un tournant vers une écriture plus ouverte et mélodique. Le clip, parodie totale d’Airplane!, montre un avion en plein chaos : deux mécaniciens zélés (Jack Black et Kyle Gass de feu Tenacious D) sabotent le café, et les Foo Fighters doivent atterrir eux-mêmes, parce qu’être des super-héros du rock, c’est aussi savoir piloter des avions.
3. Rest (2023)
Rest est un peu l’épitaphe sonore de But Here We Are. Dernier titre du plus bel album des Foo Fighters, il se déploie après une double tragédie : la perte de Taylor Hawkins, suivie, quelques mois plus tôt, de celle de Virginia, la mère de Dave Grohl. L’album leur est dédié. La chanson commence comme une veillée, puis arrive le mur de guitares : dense, saturé, presque comprimé, comme si le son lui-même avait absorbé la douleur avant d’exploser dans un moment dévastateur et salvateur.
On ne sait pas si la chanson parle de Taylor, de Virginia, ou des deux. Peu importe, dans sa beauté et sa violence, Rest transforme le chagrin en expérience partagée où le rock n’est plus seulement un son, mais un refuge possible.
2. Times Like These (2002)
Il y a des chansons qui dépassent leur époque, et Times Like These en fait clairement partie. À l’origine, Dave Grohl l’a écrite au moment où Foo Fighters traversaient une période d’incertitude : tensions, remise en question, et cette question lancinante — “Do I stay or run away?”. D’abord introspective, presque fragile, la chanson se transforme peu à peu en déclaration collective, portée par un refrain qui résonne comme une promesse : même dans les pires moments, on apprend à vivre, à donner et à aimer encore.
Depuis sa sortie, son sens n’a cessé d’évoluer, il est devenu une sorte d’hymne secret à la résilience. En 2020, alors que le monde s’arrêtait, Times Like These a connu un regain immense de popularité grâce à une reprise organisée par BBC Radio 1 : une version charity single interprétée par un collectif d’artistes enregistrant chacun depuis chez eux pour soutenir la lutte contre la pandémie et prouver qu’une chanson peut sauver le moral du monde avec ou sans les gestes barrière.
1. Everlong (1997)
Everlong n’est pas juste un tube : c’est la quintessence du Foo Fighters, le morceau qui résume tout ce que le groupe sait faire de mieux — émotion brute, mélodie obsédante, puissance implacable. Dave Grohl a expliqué que, pour lui, composer une partie de guitare revient presque toujours à écrire une partie de batterie : il pense en percussions, en rythmes et en frappes avant même de penser aux notes.
Cette approche est particulièrement flagrante sur Everlong. C’est un morceau qui parle d’amour, de perte, de connexion humaine, sans jamais tomber dans le cliché. Avec le recul, elle apparaît comme la synthèse parfaite de tout ce que Foo Fighters savent faire de mieux. Dave Grohl a écrit la chanson lors d’une période d’insomnie et de bouleversements personnels. Elle est aujourd’hui régulièrement citée par le groupe comme leur titre le plus important, et reste l’un des morceaux rock les plus diffusés de l’histoire moderne.
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Bonus track – Bangin’ (2007)
Véritable trésor caché, Bangin’ est un inédit issu des sessions de Echoes, Silence, Patience & Grace, resté longtemps hors de portée du grand public. Encore aujourd’hui, le seul moyen de mettre la main dessus en CD est de posséder le sampler Rock Sound de décembre 2007, aujourd’hui devenu un objet de collection qui s’arrache à prix d’or sur les sites de revente.
Titre nerveux, direct, furieusement efficace, Bangin’ incarne ce que Foo Fighters savent faire de mieux quand ils lâchent la bride : un rock instinctif, sans calcul, pensé pour la sueur et les amplis à fond. Culte pour celles et ceux qui ont eu la chance de le découvrir, il symbolise aussi ce lien un peu secret entre Foo Fighters et leurs fans les plus acharnés.







