Bloodywood : Le rugissement venu de New Delhi

par | 10 Juin 2026 | À la Une, Groupe

Temps de lecture : 5 min

Il y a chez Bloodywood quelque chose d’inédit : un souffle venu de New Delhi, un mélange incandescent de riffs, de percussions tribales et d’énergie contagieuse qui transforme chaque concert en célébration. Leur metal, nourri de folk indien, de rap et d’une sincérité brute, déborde de couleurs, de puissance et d’humanité. Après avoir enflammé l’Olympia en première partie de Halestorm, le groupe revient en Europe avec une intensité folle et une joie presque cinématographique — un vrai Bollywood du metal, explosif et fédérateur. À l’approche de leur passage au Hellfest 2026, impossible de ne pas se laisser happer par ce phénomène qui réinvente les codes et rassemble les foules.

 

Bloodywood 7 scaled

Il y a des groupes qui surgissent comme une secousse, une onde qui traverse la scène metal et la réveille d’un coup. Bloodywood fait partie de ceux-là. Leur histoire commence loin des capitales du metal, dans les rues vibrantes de New Delhi, où la musique traditionnelle se mêle au chaos urbain, où les percussions résonnent entre les immeubles, où les cultures s’entrechoquent. C’est dans ce décor que Karan Katiyar, guitariste autodidacte et producteur visionnaire, commence à bricoler des reprises metal de tubes pop indiens. Rien de sérieux, juste l’envie de s’amuser, de détourner les codes, de faire sourire. Mais très vite, quelque chose se passe : les vidéos explosent, les vues s’envolent, et un public international découvre ce son étrange, hybride, irrésistible.

 

Leur histoire commence loin des capitales du metal, dans les rues vibrantes de New Delhi, où la musique traditionnelle se mêle au chaos urbain

 

Ce qui n’était qu’un jeu devient une trajectoire. Karan s’associe à Jayant Bhadula, un chanteur à la voix monumentale, capable de passer d’un growl abyssal à une intensité presque chamanique. Puis arrive Raoul Kerr, rappeur au flow tranchant, plume engagée, présence magnétique. À eux trois, ils forment un noyau créatif soudé, complémentaire, animé par une même conviction : faire du metal une force de rassemblement, un espace où les identités se rencontrent, où les colères se transforment en énergie, où la musique devient un langage universel.

Bloodywood n’a jamais ressemblé à personne. Leur son est un mélange incandescent de nu‑metal, de metalcore, de rap et de folk indien, porté par le dhol — cette percussion traditionnelle qui donne à leur musique une pulsation tribale, presque cérémonielle. Les flûtes, les tablas, les mélodies pendjabies se mêlent aux riffs massifs et aux refrains cathartiques. Le résultat est brut, vibrant, profondément vivant. Un metal qui danse, qui frappe, qui guérit.

Bloodywood 4 scaled

Et sur scène, cette fusion prend une dimension encore plus spectaculaire. Il y a quelques mois, ils étaient à l’Olympia en première partie de Halestorm. Une salle mythique, un public parisien exigeant, et pourtant… en quelques minutes, Bloodywood avait tout conquis. Leur set, aussi fou que joyeux, bondissant, incandescent, a transformé la fosse en un tourbillon d’énergie pure. Paris est tombé amoureux d’eux ce soir‑là — et eux ont joué comme si la scène leur appartenait depuis toujours. Ce concert a confirmé ce que beaucoup pressentaient déjà : Bloodywood n’est pas seulement un groupe à suivre, c’est un groupe à vivre.

 

Bloodywood n’a jamais ressemblé à personne. Leur son est un mélange incandescent de nu‑metal, de metalcore, de rap et de folk indien, porté par le dhol

 

 

Ce qui les distingue vraiment, c’est leur engagement. Chaque chanson porte un message clair, direct, sans détour. Jee Veerey parle de santé mentale avec une sincérité bouleversante. Dana Dan est un cri contre les violences sexuelles, un morceau qui brûle de rage et de justice. Gaddaar dénonce la manipulation politique. Endurant s’attaque au harcèlement. Bloodywood ne se contente pas de faire du bruit : ils donnent une voix à celles et ceux qu’on n’écoute pas assez. Leur musique est un exutoire, mais aussi un acte de résistance.

Leur ascension est fulgurante. En 2019, leur passage au Wacken Open Air crée un séisme : des milliers de personnes, un public en transe, un groupe qui joue comme si sa vie en dépendait. Leur premier album, Rakshak, sorti en 2022, franchit les frontières, entre dans les charts américains et britanniques, et propulse le trio sur les plus grandes scènes du monde. Partout où ils passent, la même réaction : un mélange de surprise, d’admiration et d’euphorie. Bloodywood ne laisse personne indifférent.

Ce qui frappe, quand on les voit sur scène, c’est cette énergie presque contagieuse, cette “good vibe” folle qui transforme le pit en fête collective. Jayant rugit, Raoul découpe l’espace avec son flow, Karan dirige l’ensemble avec une précision chirurgicale. Le dhol résonne comme un cœur qui bat trop vite. Le public saute, danse, hurle, rit, pleure parfois. On ne regarde pas un concert de Bloodywood : on le vit.

Et c’est exactement ce qui rend leur venue au Hellfest 2026 si excitante. Le festival n’a jamais eu peur d’ouvrir ses portes aux propositions les plus audacieuses, mais Bloodywood apporte quelque chose de plus : une identité culturelle forte, une vision, une sincérité totale. Ils arrivent avec un nouvel album, une maturité encore plus affirmée, et une fanbase qui n’attend qu’une chose : que Clisson devienne, le temps d’un set, une extension de New Delhi.

Pour se préparer à cette déflagration, quelques titres s’imposent : Ari Ari, porte d’entrée idéale ; Jee Veerey, pour la sensibilité ; Dana Dan, pour la rage ; Machi Bhasad, pour l’esprit de révolte joyeuse ; Gaddaar, pour la lucidité politique. Chaque morceau est une facette d’un groupe qui refuse de choisir entre puissance et humanité. Nu Delhi ci-dessous, est d’une énergie folle, appréciez le paradoxe des grosses guitares devant un palais indien avant de voir Raoul raper dans un métro… au-delà de l’effet de surprise, un constat évident : les mecs sont vraiment bons !

 

Bloodywood est un phénomène, mais surtout une promesse : celle d’un metal qui se réinvente, qui s’ouvre, qui respire, qui rassemble. Un metal qui n’a pas peur d’être différent. Un metal qui regarde l’avenir droit dans les yeux.

Et sur Rock Sound, cette promesse va bientôt prendre la forme d’une conversation exclusive : notre interview avec Bloodywood arrive très bientôt — et elle s’annonce aussi intense, lumineuse et vibrante que leur musique.

 

@bloodywood sur Instagram