Neuf heures de décalage horaire nous séparent lorsque la caméra s’allume. Jack Underkofler vient tout juste de descendre d’un mur d’escalade. Téléphone à la main, encore chargé d’adrénaline, le frontman de Dead Poet Society trouve un coin tranquille pour remonter le fil de son histoire. Des VHS d’avions de chasse regardées en boucle aux kilomètres avalés avec Meteora dans l’autoradio paternel, de l’admiration pour Myles Kennedy à l’affirmation d’une identité propre… Jack revient sur les racines d’un groupe qui n’a jamais cessé de viser plus haut. Une conversation à cœur ouvert sur les débuts, les doutes, les déclics et l’ascension fulgurante d’un des groupes les plus captivants du rock alternatif actuel.

Caro (RockSound) : Tu as déjà enchaîné beaucoup d’interviews aujourd’hui ?
Jack (Dead Poet Society) : Quelques-unes. Mais la plupart m’attendent encore.
Caro (RockSound) : Il s’est passé pas mal de choses depuis la dernière fois qu’on s’est vus. C’était il y a deux ans, à Rock en Seine.
Jack (Dead Poet Society) : Oui. Et je suis même reparti de ce festival avec une paire de Doc Martens gratuite.
Caro (RockSound) : Comment t’as fait ça ?
Jack (Dead Poet Society) : Ils avaient un stand Doc Martens dans l’espace backstage. Quelqu’un m’a demandé : « Tu veux une paire de Doc Martens ? »
Caro (RockSound) : Ça ne se refuse pas.
Caro (RockSound) : Comme nos lecteurs ne te connaissent pas forcément encore tous, même si ce n’est pas la première fois qu’on se rencontre toi et moi, j’aimerais repartir du début et faire une sorte de « première interview ». Histoire de te présenter à eux. Ça te va ?
Jack (Dead Poet Society) : Oui, bien sûr.
« Je dansais devant des vidéos d’avions de chasse »
Caro (RockSound) : Alors revenons au tout premier déclic. Quel est ton tout premier souvenir lié à la musique ? Une chanson, un album, quelque chose que tu entendais en voiture peut-être ?
Jack (Dead Poet Society) : Quand j’étais enfant, mon père était pilote de chasse. J’ai donc grandi entouré d’avions et de tout ce qui touche à l’aviation. Il avait une VHS montrant des escadrilles de chasse en plein vol, avec une bande-son très années 80, très hard rock glam un peu kitsch. Je regardais cette cassette tout le temps. Et je dansais devant la télévision pendant que les avions défilaient à l’écran.
Caro (RockSound) : C’est quand même un premier souvenir assez original. Tu te souviens de la première chanson qui t’a vraiment bouleversé ?
Jack (Dead Poet Society) : Oui. Je pense que c’était Don’t Think Twice, It’s All Right de Bob Dylan. Je me souviens avoir eu un best of de Bob Dylan et d’avoir écouté ce morceau en boucle pendant des heures. Il y avait quelque chose de profondément douloureux dans cette chanson. J’avais à peine douze ans et aucune expérience personnelle qui puisse me permettre de m’y identifier. Pourtant, elle m’a complètement frappé.
Caro (RockSound) : Et la première musique rock que tu as entendue en te disant : « Ça, c’est pour moi » ? C’était Bob Dylan ou quelque chose de différent ?
Jack (Dead Poet Society) : Non, les premiers groupes rock que j’ai vraiment écoutés étaient plutôt Creed ou Green Day. L’un de ces deux-là a probablement été mon premier vrai groupe rock. J’étais très jeune et j’adorais ça. Mais le morceau qui m’a vraiment fait l’effet d’une révélation, c’est Find The Real d’Alter Bridge. C’est la première fois que je me suis dit : « Mais c’est quoi ce truc ? »
Caro (RockSound) : Et quel a été le premier album que tu as acheté avec ton propre argent ?
Jack (Dead Poet Society) : Je crois que c’était un album de Smash Mouth. Oui, probablement ça. Celui avec la voiture ancienne sur la pochette… Je me souviens parfaitement de l’image, mais plus du titre.
Caro (RockSound) : Et l’album que tu passais sans arrêt quand tu étais enfant ? Celui que tu pouvais écouter encore et encore ?
Jack (Dead Poet Society) : Meteora de Linkin Park. Je l’ai écouté jusqu’à l’obsession avec mon père. On faisait souvent le trajet entre la Virginie, où je vivais, et Cape Cod. Ça représente environ douze heures de route. Un jour, on a mis Meteora dans l’autoradio… et je te jure qu’on l’a écouté quinze fois d’affilée. L’album se terminait, puis recommençait immédiatement. À la fin, c’en devenait presque douloureux. Mais on continuait encore à le remettre.
Caro (RockSound) : Qui a été la première rock star que tu as admirée ? Ou le premier groupe, si ce n’était pas une personne en particulier ?
Jack (Dead Poet Society) : Je dirais Myles Kennedy. Ou John Mayer. Même s’il n’est pas forcément ce qu’on appelle une « rock star » au sens classique du terme. Ce sont probablement les deux premiers artistes que j’ai vraiment idolâtrés.
Caro (RockSound) : Tu as d’abord été attiré par la voix ou par la guitare et les mélodies ?
Jack (Dead Poet Society) : La voix, chez Myles Kennedy. Son registre m’a toujours fasciné. Pouvoir chanter aussi haut, aussi longtemps… Plus je grandissais et plus je l’écoutais, plus je me disais que c’était peut-être quelque chose que je pouvais apprendre à faire moi aussi. Ça m’a donné envie de progresser encore davantage. (Retrouvez l’interview de Myles Kennedy sur RockSound ici). Et puis il y a John Mayer, évidemment, pour son jeu de guitare. Je crois que tous les garçons de ma génération ont rêvé d’être John Mayer à un moment ou à un autre de leur vie.
L’instant où tout a basculé
Caro (RockSound) : Tu te souviens du moment où tu as eu envie de faire de la musique, et plus seulement d’en écouter ? Quand tu as commencé à te dire : « Je pourrais être chanteur, monter sur scène, faire ça moi aussi » ?
Jack (Dead Poet Society) : Oui. C’était au début du lycée. J’avais probablement quinze ans. Je me souviens m’être dit : « Je veux faire de la musique. Je le veux vraiment. » Mais je n’avais jamais écrit une seule chanson. Et puis je me suis posé une question toute simple : comment est-ce que tu peux prétendre vouloir faire de la musique si tu n’es même pas capable d’écrire un morceau ?
Je me rappelle très bien de ce moment. Un soir, je me suis dit : bon, si tu veux faire de la musique, alors écris une chanson. Il devait être dix heures du soir. J’ai pris l’ordinateur portable de ma sœur, j’ai ouvert GarageBand et j’ai lancé l’enregistrement. J’ai commencé à jouer quelques notes, sans vraiment savoir où j’allais. Puis je me suis arrêté et je me suis demandé ce que je venais de faire. Alors j’ai réécouté, j’ai appris ce que j’avais joué, puis j’ai ajouté une autre idée, puis une autre. Au final, j’ai écrit une chanson. Le lendemain, je l’ai fait écouter à mes amis. Ils m’ont regardé et ils ont fait : « Wow. » Et moi, je me suis dit : « Ah, d’accord. Donc c’est ça que je vais faire. »
Caro (RockSound) : Et tu te souviens de la première fois où tu as chanté devant d’autres personnes ?
Jack (Dead Poet Society) : J’ai l’impression d’avoir toujours chanté devant les gens. Depuis que je suis tout petit, en fait. Le problème, c’est qu’à l’époque ce n’était probablement pas très agréable à écouter. Je ne pense pas être devenu réellement « écoutable » avant l’université. Et même après ça, je dirais qu’il a fallu attendre 2015 ou 2016 avant que je puisse vraiment chanter correctement. Pendant très longtemps, je me contentais surtout d’imiter les artistes que j’aimais. Je crois que je n’ai réellement commencé à trouver ma propre voix qu’à l’époque de notre EP Axiom.
Caro (RockSound) : Le chant est quelque chose qui t’est venu naturellement ou quelque chose que tu as dû travailler ?
Jack (Dead Poet Society) : Un peu les deux. J’avais naturellement l’oreille juste. Je pouvais tenir une mélodie. Mais quand je réécoute de vieux enregistrements de moi aujourd’hui… mon Dieu… Je me dis : « Mais qu’est-ce que c’est que ça ? » Donc oui, il y avait une base naturelle, mais il y a surtout eu énormément de travail.

Trouver sa propre voix
Caro (RockSound) : Quels étaient tes premiers modèles ? Tu as parlé de Myles Kennedy, mais est-ce qu’il y avait d’autres chanteurs que tu essayais d’imiter ?
Jack (Dead Poet Society) : Il y en avait trois principalement. Myles Kennedy, évidemment. Chris Martin de Coldplay, pour sa voix de tête. Et John Mayer. Chez John Mayer, ce qui me fascinait, c’était son sens de la mélodie et son écriture. Pour Chris Martin, c’était le falsetto. Il chante une énorme partie de son répertoire dans ce registre. Je me souviens avoir essayé de reproduire ça pendant des années. Ma voix cassait au bout de quelques secondes et je me demandais constamment : « Mais comment il fait ? » Alors je recommençais. Encore et encore. Peut-être que c’est aussi comme ça que j’ai appris à chanter.
Caro (RockSound) : Comment percevais-tu ta voix à cette époque ? Aujourd’hui, elle fait partie intégrante de l’identité de Dead Poet Society. On reconnaît immédiatement le groupe grâce à elle. À quel moment t’es-tu dit : « Voilà, ça, c’est ma voix » ?
Jack (Dead Poet Society) : Ça a vraiment commencé vers 2016. À l’époque où nous écrivions Dempsey, notre deuxième EP. Je venais de découvrir Royal Blood. Et il y a eu comme un déclic. Je me suis rendu compte que Mike Kerr chantait simplement comme lui-même. Il n’essayait pas d’en rajouter. Il ne cherchait pas à démontrer quoi que ce soit techniquement. Il sonnait juste vrai. Et ça m’a forcé à me poser une question : pourquoi est-ce que je chante comme ça ? Tout à coup, ce que je faisais me paraissait être une imitation permanente de Myles Kennedy.
Je me suis dit : il faut que ça s’arrête. À partir de là, j’ai commencé à travailler de façon obsessionnelle ma manière de chanter. On enregistrait parfois une seule phrase. Puis on la réécoutait. Et je me disais : « Là, j’en fais trop. » « Là, ça sonne faux. » « Là, ça ne me ressemble pas. » « Là, je copie quelqu’un d’autre. » Depuis, c’est devenu un processus sans fin. J’essaie simplement de sonner comme moi-même. Pas comme quelqu’un d’autre.
Les débuts de Dead Poet Society
Caro (RockSound) : Tu te souviens des débuts du groupe ? À quoi ressemblait la toute première répétition ? Est-ce que c’était déjà prometteur ou plutôt le chaos total ?
Jack (Dead Poet Society) : Tu parles de la première chanson qu’on a écrite ensemble ?
Caro (RockSound) : Pas forcément. Je pensais plutôt au moment où vous vous êtes retrouvés tous ensemble dans une pièce en vous disant : « Bon, maintenant, on monte un groupe. »
Jack (Dead Poet Society) : C’était assez étrange, parce qu’au départ c’est Jack Collins qui a véritablement assemblé le groupe. C’est lui qui avait l’idée initiale. Et sa vision était assez différente de ce que Dead Poet Society est devenu. Il imaginait quelque chose de très rock alternatif, dans l’esprit de Coldplay ou The Fray. Puis Nick, notre bassiste de l’époque, et moi avons commencé à développer les premières idées de ce qui allait devenir 1-4-5. Et là, on est arrivé sur quelque chose de beaucoup plus lourd, plus abrasif. Une sorte de rock brut. Très vite, je crois qu’on a tous compris que c’était cette direction-là qui nous excitait vraiment. Que c’était là que se trouvait notre identité.
Caro (RockSound) : Quand tu repenses à ces premières répétitions, quels éléments de l’ADN du groupe étaient déjà présents dès le premier jour ?
Jack (Dead Poet Society) : L’obscurité. Et la colère. Je crois que c’était déjà là chez chacun de nous. Cette forme de colère sous-jacente se retrouvait dans tout ce qu’on écrivait. Même quand la musique était différente, il y avait toujours cette énergie-là.
Caro (RockSound) : Et cette fameuse guitare fretless, qui est devenue l’une des signatures du groupe. Tu te souviens de la première fois où vous avez entendu ce son et où vous vous êtes dit : « Voilà, c’est nous » ?
Jack (Dead Poet Society) : Oui. Jack avait ramené cette guitare de sa ville natale quand il est arrivé à l’université. Il expérimentait avec. Il me faisait écouter des trucs et me demandait ce que j’en pensais. Et je me souviens lui avoir répondu : « C’est vraiment cool, ce truc. » On a continué à chercher. Et un jour, on était assis dans le grenier de la maison où on vivait. On bricolait des idées. Il a commencé à jouer un riff répétitif. J’ai improvisé une ligne vocale par-dessus.
Et tout à coup, on s’est regardés. Genre : « Attends… »
« C’est quoi, ça ? »
On venait de tomber sur quelque chose.

Du Mexique aux grands festivals
Caro (RockSound) : À l’époque, quelles étaient vos ambitions ? À quoi ressemblait le succès pour les jeunes Dead Poet Society ? Faire le tour du monde en tournée, par exemple ?
Jack (Dead Poet Society) : Oui, parcourir le monde en tournée. Je crois que c’était surtout ça. Pour nous, être musicien a toujours été synonyme d’être sur la route. C’est ce qu’on imagine naturellement quand on pense à cette vie-là. Et honnêtement, je ne suis pas sûr que cette vision ait vraiment changé depuis.
Caro (RockSound) : Avec le recul, quel a été le premier véritable tournant pour Dead Poet Society ?
Jack (Dead Poet Society) : Un véritable tournant ? Je ne sais pas s’il y en a eu un seul. J’ai l’impression que la tournée avec Muse est probablement le premier grand tournant de notre carrière. Avant ça, il y a surtout eu une succession de petites étapes qui nous ont permis de continuer à avancer et à croire en ce qu’on faisait. La première remonte à la sortie de Sound and Silence. C’est le premier morceau qui nous a vraiment apporté un public. À l’époque, un Youtubeur mexicain qui s’appelle Joe, et qui n’était pas encore un ami, avait partagé notre musique sur sa chaîne. Elle était énorme là-bas. Grâce à lui, nous avons commencé à construire une véritable fanbase au Mexique. Au final, nous y avons tourné neuf fois. Et honnêtement, si ça ne s’était pas produit, je ne sais même pas si le groupe existerait encore aujourd’hui.
Caro (RockSound) : Et qu’est-ce que ça faisait d’être aussi loin de chez vous ? C’était magique ? Excitant ?
Jack (Dead Poet Society) : Les deux. C’était incroyablement excitant, mais aussi assez effrayant.
Caro (RockSound) : Et y a-t-il une salle ou une ville qui t’a donné la sensation de vivre votre première grande victoire ?
Jack (Dead Poet Society) : Oui. Lors de notre deuxième tournée, nous avons joué à Norfolk, ma ville natale, en Virginie. Il y avait peut-être sept ou huit cents personnes dans la salle. On s’est regardés en se disant : « Bordel, c’est incroyable. » Après ça, il y a eu plusieurs moments marquants de ce genre. Je pense notamment à Pinkpop. Là, j’ai vraiment eu l’impression qu’il se passait quelque chose. Nous étions programmés en ouverture sur la petite scène. Elle était située le long du chemin qui menait à la scène principale, un peu à l’écart. Pendant les balances, juste après l’ouverture des portes du festival, je voyais les spectateurs passer au loin pour rejoindre les grandes scènes. Devant nous, il y avait cinq personnes à tout casser. Je me suis dit : « Tant pis. Jouer à Pinkpop a toujours été un rêve. Au moins, je pourrai dire que je l’ai fait. »
Je suis ensuite retourné en coulisses. Quarante-cinq minutes plus tard, alors que l’heure du concert approchait, je revenais vers la scène quand mon manager est arrivé en courant. Il m’a dit : « Il y a énormément de monde. » Je lui ai répondu : « Comment ça ? » J’ai tourné le coin de la scène et là… il y avait près de 8 000 personnes qui attendaient notre set. Je suis resté sidéré. Le régisseur nous a même dit que c’était l’une des plus grosses affluences du week-end. Là, je me suis dit : « OK. Il se passe vraiment quelque chose. »
Caro (RockSound) : C’était la première fois qu’une foule vous surprenait à ce point ?
Jack (Dead Poet Society) : Dans un festival, oui. C’était la première fois que nous attirions une foule aussi importante dans ce contexte-là. Mais dans nos propres concerts, les gens devenaient déjà complètement fous depuis longtemps.
Caro (RockSound) : C’est ce qu’on aime chez Dead Poet Society. Il y a toujours eu des circle pits.
Jack (Dead Poet Society) : Oui. Aujourd’hui, notre public s’est diversifié. On distingue davantage ceux qui sont là pour se jeter dans la fosse et ceux qui préfèrent simplement profiter de la musique. Mais petit à petit, on les emmène tous du même côté. Le chaos a toujours fait partie de notre ADN sur scène.
Caro (RockSound) : Dead Poet Society a aussi développé une relation particulière avec le public européen. À quel moment as-tu senti qu’il se passait quelque chose de spécial de ce côté-ci de l’Atlantique ?
Jack (Dead Poet Society) : La première fois ? Je ne sais pas vraiment. Peut-être lors de notre toute première tournée européenne. C’était juste après la pandémie. Je me souviens être arrivé en Europe et m’être dit : « Attends… les gens connaissent nos morceaux. Ils s’intéressent vraiment à ce qu’on fait. » Mais honnêtement, ma mémoire est catastrophique.

« Avec Muse, la boucle est bouclée »
Caro (RockSound) : Tu te souviens de ton premier concert à Paris ? Parce que je crois que j’y étais.
Jack (Dead Poet Society) : C’était dans cette salle en sous-sol, non ?
Caro (RockSound) : Oui, à La Boule Noire, près de Pigalle.
Jack (Dead Poet Society) : Exact. Et quelqu’un a essayé de voler du matériel du groupe trois fois dans la même soirée.
Caro (RockSound) : Sérieusement ? Je me souviens très bien de ce concert. J’avais reçu un mail qui disait : « Si tu aimes Muse, Royal Blood ou Nothing But Thieves, va écouter Dead Poet Society. » Je l’ai fait. Puis on m’a dit que vous jouiez à La Boule Noire deux semaines plus tard, alors je suis venue. Et honnêtement, c’était une excellente recommandation. Il y avait déjà une énergie incroyable. Ensuite, vous êtes revenus avec Badflower sur la péniche au Petit Bain, puis à La Maroquinerie, et il y a aussi eu Taratata, Rock en Seine et le Hellfest. Il y a une vraie histoire d’amour entre le groupe et la France. Tu ressens quelque chose de particulier avec le public français ?
Jack (Dead Poet Society) : Oh oui. La France fait clairement partie des bastions du groupe. Il y a quelques endroits dans le monde où l’on a l’impression que les gens comprennent immédiatement ce qu’on essaie de faire. La France en fait partie. Les Pays-Bas aussi. Chicago. Atlanta. Et je pense qu’après cette tournée avec Muse, la France va devenir un endroit où nous jouerons très souvent.
Caro (RockSound) : C’est amusant parce qu’il y a quelques années, vous aviez repris Muse dans Taratata. Vous aviez même testé le morceau la veille à La Maroquinerie. On s’était croisés et tu m’avais expliqué que c’était une répétition grandeur nature avant l’émission, alors que vous ne faites pratiquement jamais de reprises. Du coup, quand j’ai appris que vous partiez en tournée avec Muse, je me suis dit que la boucle était bouclée. J’ai hâte de vous voir sur cette tournée. Et si j’ai bien compris, vous faites toute la tournée européenne avec eux ?
Jack (Dead Poet Society) : Oui. On assure seize dates.
Caro (RockSound) : Justement, vous revenez en tête d’affiche à Paris en début d’anné prochaine. Et à chaque passage, la salle est un peu plus grande. C’est plutôt bon signe. Quand tu regardes le chemin parcouru, des petits clubs jusqu’à aujourd’hui, de quoi es-tu le plus fier ?
Jack (Dead Poet Society) : De notre capacité à continuer. À continuer à jouer, à avancer et à persévérer, même quand les choses deviennent vraiment compliquées.
Caro (RockSound) : J’ai pu écouter le nouvel album. Je le trouve plus sombre, plus atmosphérique et plus introspectif que certains de vos précédents disques. À quel moment avez-vous compris qu’il allait prendre cette direction ?
Jack (Dead Poet Society) : Je pense que tout a commencé avec le premier morceau que nous avons réellement terminé pour l’album : ROACH. À l’origine, c’était une vieille démo. Mais quand nous avons enfin réussi à assembler toutes les pièces du puzzle, nous avons eu une sorte de déclic. On s’est regardés en se disant : « Voilà. C’est ça que doit être cet album. Voilà ce qu’il doit dégager. » Et ensuite, nous avons simplement poursuivi cette sensation aussi loin que possible.
Caro (RockSound) : Et pour revenir à Muse : le fait de partager la scène avec eux change-t-il encore votre approche du concert ? Ou avez-vous atteint un stade où vous êtes totalement à l’aise avec votre identité et votre performance ?
Jack (Dead Poet Society) : Je pense que nous sommes à l’aise avec notre identité. Les morceaux que nous jouons depuis des années, nous les connaissons parfaitement. Nous les avons joués des centaines de fois. En revanche, les nouvelles chansons de Monarch demandent encore du temps. Il faut les apprivoiser, gagner en confiance avec elles sur scène. Disons simplement que nous allons devoir trouver cette confiance assez rapidement.
Caro (RockSound) : Je crois que je dois rendre l’antenne. C’était un plaisir de te revoir et de discuter avec toi, Jack. Et j’espère te retrouver en décembre en premère partie de Muse.
Jack (Dead Poet Society) : Le plaisir est partagé. À très vite. Prends soin de toi.
Caro (RockSound) :
À bientôt.
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Une interview de Caro @Zi.only.Caro, avec ou sens décalage horaire, mur d’escalade… l’important ce sont les échanges !
Dead Poet Society est sur Instagram @wearedps






