Attendu le 22 mai, Constant Farewells marque une nouvelle étape pour Trainfantome. Porté par Olivier Le Tohic et façonné entre Lorient et Nantes, ce troisième album s’impose comme le plus abouti du projet : un disque à la fois dense et immédiatement accessible, où les émotions circulent à vif sans jamais perdre en clarté. Entre tensions et mélodies irrésistibles, Trainfantome livre ici une œuvre qui dépasse les cadres et s’installe durablement, jusqu’à nous laisser, sans détour, en pâmoison.

Il est rare de tomber sur des disques comme Constant Farewells. Des disques qui donnent autant, sans jamais fermer la porte. Tout y circule avec une forme d’évidence presque troublante. C’est riche, dense, traversé de mille émotions, et pourtant d’une accessibilité limpide.
Comme si digérer le chaos intime, les pertes, les élans, les souvenirs, pouvait devenir un geste simple, presque naturel. Peu d’artistes savent faire ça, très peu.
Trainfantome, alias Olivier Le Tohic, signe ici un disque total. De ceux dans lesquels on sent qu’il n’a rien retenu. Tout est là, offert sans filtre. Ça nous atteint en plein cœur, sans détour. Parce que parfois, certains albums ne se contentent pas d’exister : ils nous regardent. Ils deviennent des miroirs. Ils déplacent quelque chose en nous, imperceptiblement mais durablement. Constant Farewells est de ceux-là. Un disque important, sans même chercher à l’être.
On pourrait tenter de le cerner. Dire que c’est du rock français, parler de post-hardcore, de shoegaze indie, d’emo folk ou de slacker pop… mais ce serait rater l’essentiel. La musique de Trainfantome ne cherche pas à appartenir. Elle cherche à ouvrir. À créer des espaces. Des pièces intérieures dans lesquelles on accepte, presque malgré soi, d’entrer.
Entrer, donc. Et puisque l’on parle d’entrer, parlons entrée. “Avoider” agit comme une première brèche. À peine quelques minutes, et déjà, on tombe en amour. Sans résistance, juste cette sensation immédiate d’être au bon endroit, au bon moment, devant ses enceintes ou le casque vissé sur la tête, avec cette idée très sérieuse que, oui, en 2026, il n’y a probablement rien de mieux à faire de sa vie que d’écouter ce disque. Le reste peut attendre.
La suite ne fait que confirmer cette intuition. “Here The Mermaids Play” nous soulève littéralement. Les refrains y sont comme des vagues chaudes, capables de nous arracher au sol pour mieux nous suspendre dans l’air, entre euphorie et vertige. Il y a là quelque chose de profondément salvateur, une manière de faire décoller le cœur sans jamais le lâcher complètement.
Et puis il y a “Red Herrings”. Pièce fascinante, presque déroutante, où les textures électroniques flirtent avec quelque chose de plus industriel, pendant qu’un piano mélancolique vient hanter les interstices. Comme si, au loin, résonnaient les fantômes d’un Nine Inch Nails qui aurait bercé une adolescence encore vive sous la surface. Mais rien ici n’est citation, tout est réappropriation, digestion intime. On sent que cet album porte en lui tout un héritage, celui d’une génération nourrie aux années 90 et 2000, à ces groupes que Rock Sound a toujours défendus. Et c’est peut-être aussi pour ça qu’on l’aime autant, parce qu’il nous parle dans une langue qu’on n’a jamais oubliée..
Plus loin, “Bleeding At The Door” vient sceller quelque chose. La bascule, on n’est plus simplement séduits. On est conquis, complètement. C’est le genre de morceau qui emporte tout sur son passage et laisse derrière lui un attachement irréversible. À partir de là, il n’y a plus de distance possible. On devient des fans éperdus.

Trainfantome Crédit photo : Nicolas Rétine
On le sait déjà : Constant Farewells sera là cet été, avec nous. Sur les routes brûlantes des festivals, entre deux haltes salées sur une plage de l’Atlantique, ou enfermé derrière des volets clos pour échapper à la chaleur. Il accompagnera tout : les trajets, les silences, et fera naître des moments suspendus. Partout, et toujours avec la même intensité.
Ce disque est une merveille. Vraiment. Il serait idiot de vouloir lui trouver un défaut. Idiot et vain. Et le plus troublant, c’est que Constant Farewells ne demande aucun effort.
Il vient à nous. Il nous prend doucement par la main, et sans jamais forcer, il nous montre quelque chose d’essentiel. Quelque chose qu’on n’arrive pas toujours à nommer, mais qu’on ressent pleinement.
Alors oui, face à ce disque, les mots aussi sont vains et l’exercice de la chronique quelque peu superflu. Parce que tout est déjà là. Parce que les mots semblent toujours un peu en retard sur ce que la musique provoque. La dithyrambe s’impose d’elle-même. Nous sommes tombés en pâmoison pour ce disque et pour celui qui l’a façonné.
On ne souhaite qu’une chose, finalement : que ces “adieux constants” ne soient pas des fins de voie, des issues closes, mais des passages. Des seuils, des transformations souterraines. Parce que ce disque n’a rien d’un point final. Il ressemble plutôt à une rencontre. Et c’est la plus belle qu’on ait faite depuis un long moment.
Constant Farewell est sorti le 22 mai 2026 chez Howlin Banana
Style : rock cathartique
Tracklist :
1. Avoider
2. Desire Path
3. Here The Mermaids Play
4. (purgatory)
5. rituals
6. Silhouettes
7. RED HERRING
8. Skins Make One
9. Bleeding At The Door
10. Origami
11. My lips taste like the ocean
Instagram : the.trve.trainfantome
Bandcamp : trainfantomemusic
Soundcloud : trainfantomemusic





