The Strokes

The Strokes : histoire, discographie complète et album Reality Awaits (2026)

par | 17 Avr 2026 | Groupe

Temps de lecture : 11 min

Formés à New York en 1998, The Strokes ont changé le cours du rock en une demi-heure de musique. De Is This It — sacré meilleur album du XXIe siècle par NME — à Reality Awaits, leur septième album prévu le 26 juin 2026, retour complet sur le groupe le plus influent de sa génération.

The Strokes : qui sont-ils ?

The Strokes est un groupe de rock américain originaire de New York, formé en 1998 et composé de cinq membres : Julian Casablancas (chant), Albert Hammond Jr. (guitare), Nick Valensi (guitare), Nikolai Fraiture (basse) et Fabrizio Moretti (batterie). Pionniers du garage rock revival et du post-punk revival du début des années 2000, ils ont publié à ce jour sept albums studio, le dernier, Reality Awaits, paraissant le 26 juin 2026.

Leur musique : des guitares sèches et saturées héritées du Velvet Underground et de Television, une basse en avant, une batterie carrée, la voix traînante et magnétique de Casablancas. Un son immédiatement reconnaissable, souvent imité, jamais vraiment égalé.

The Strokes : Julian Casablancas, Albert Hammond Jr., Nick Valensi, Nikolai Fraiture, Fabrizio Moretti

Histoire du groupe : de Manhattan au monde entier

Les origines (1984–2000)

L’histoire des Strokes commence bien avant leur formation officielle. Julian Casablancas et Nikolai Fraiture se rencontrent dès 1984 à l’école primaire, à six ans. En 1991, Casablancas sympathise avec le batteur Fabrizio Moretti et le guitariste Nick Valensi à la Dwight School sur Manhattan. La pièce manquante — Albert Hammond Jr. — est trouvée au prestigieux Institut Le Rosey, en Suisse. Le groupe se constitue définitivement en 1998 sous le nom The Strokes, choisi par Casablancas lui-même : « a stroke », à la fois caresse et coup, résume parfaitement leur musique — rugueuse et mélodieuse à la fois.

Fils de John Casablancas, fondateur de l’agence Elite Models, Julian grandit dans un milieu bourgeois new-yorkais atypique. Cette contradiction — enfants dorés jouant une musique crade — sera l’une des marques de fabrique du groupe.

Les Strokes débutent dans les clubs du Lower East Side, notamment au Mercury Lounge, et se forgent rapidement une réputation scénique hors norme. Rob Sheffield (Rolling Stone) se souvient : dès leurs premiers concerts, ils traversaient la salle guitares au-dessus de la tête avec une assurance déconcertante. Un groupe qui savait déjà qu’il allait compter.

 

L’explosion mondiale (2001–2003)

En 2001, leur EP The Modern Age déclenche l’hystérie de la presse britannique avant même la sortie du premier album. Is This It paraît en été 2001 au Royaume-Uni, puis aux États-Unis en septembre — dans une version légèrement modifiée, le titre New York City Cops retiré par respect pour les victimes du 11 septembre. Le disque est immédiatement sacré : 9,3 chez Pitchfork, quatre étoiles chez Rolling Stone, album de l’année pour Entertainment Weekly. Les Strokes deviennent « les sauveurs du rock » — une étiquette qu’ils porteront avec l’air de s’en foutre, ce qui ne fait qu’amplifier le mythe.

Leur tournée mondiale inclut des premières parties des Rolling Stones et la tête d’affiche des festivals Reading et Leeds en 2002. En parallèle, la scène new-yorkaise explose autour d’eux : Yeah Yeah Yeahs, Interpol, TV on the Radio. Mais les Strokes en sont l’épicentre.

 

 

La confirmation et les doutes (2003–2010)

Room on Fire (2003) confirme le talent, même si la presse le perçoit parfois comme trop semblable à son prédécesseur — reproche injuste, signe que le groupe avait été victime de son propre mythe. First Impressions of Earth (2006), plus ambitieux et sombre, reçoit un accueil mitigé. S’ensuit une pause prolongée à partir de 2007, pendant laquelle les membres s’investissent dans des projets solo (Casablancas sort Phrazes for the Young, Hammond Jr. deux albums très bien reçus).

 

Le retour et la métamorphose (2011–2019)

Le retour avec Angles (2011) puis Comedown Machine (2013) surprend : le groupe embrasse la synthpop et la new wave, s’éloignant délibérément du son qui l’avait rendu célèbre. Les avis se divisent. En 2016, l’EP Future Present Past réconcilie les factions. Julian Casablancas fonde entre-temps les Voidz, projet plus expérimental.

 

La renaissance : The New Abnormal (2020)

Produit par Rick Rubin, The New Abnormal est unanimement salué comme un retour à leur meilleur niveau. Sortie en pleine pandémie, l’album remporte le Grammy du meilleur album rock 2021 — la première récompense majeure d’une carrière qui n’en avait pourtant pas besoin. Six ans de silence discographique s’ouvrent ensuite, sans que l’influence du groupe ne faiblisse d’un iota.

 

The Strokes  affiche europe tour 2026

The Strokes affiche europe tour 2026

 

Discographie complète de The Strokes

Is This It (2001)
★★★★★ — Chef-d’œuvreLe big bang. Trente-cinq minutes qui réinventent le rock du XXIe siècle. Les guitares de Hammond Jr. et Valensi s’entrelacent comme des fils électriques, la voix de Casablancas semble enregistrée derrière un mur — et pourtant chaque mot porte. Last Nite, Someday, Hard to Explain : une accumulation de classiques instantanés. NME l’a classé meilleur album du XXIe siècle. Il n’a pas tort.
Room on Fire (2003)
★★★★☆ — Injustement sous-estiméRejeté à l’époque comme « Is This It 2 », il mérite une réécoute attentive. Plus tendu, plus sombre, 12:51 et The Way It Is montrent un groupe qui maîtrise parfaitement son art. L’accusation de redite était du snobisme de critique : c’est simplement un très bon album de rock.
First Impressions of Earth (2006)
★★★★☆ — Le mal-aimé qui vieillit bienPlus long, plus ambitieux, parfois maladroit. Mais Juicebox est l’un de leurs meilleurs riffs, et You Only Live Once restera. Un disque qui pose les bases de l’évolution à venir et révèle une vraie profondeur d’écriture derrière la coolitude façade.
Angles (2011)
★★★☆☆ — Courageux, imparfaitSynthétiseurs, production plus léchée : les Strokes font leur mue et perturbent leur propre fanbase. Under Cover of Darkness est un pur moment de grâce, mais l’ensemble manque de cohérence. Un album de transition honnête.
Comedown Machine (2013)
★★★☆☆ — Le pivot new waveSorti sans promotion, presque en catimini. Le groupe explore la musique de chambre, les harmonies vocales, les textures électroniques. 80s Comedown Machine est une curiosité fascinante. Un disque pour les Strokes de la deuxième heure.
Future Present Past EP (2016)
★★★★☆ — Le grand retour aux sourcesQuatre titres, zéro superflu. Drag Queen et Oblivius rappellent pourquoi le monde a eu besoin des Strokes. Un EP qui réconcilie toutes les factions du fanbase.
The New Abnormal (2020)
★★★★½ — Grammy Award, retour triomphalRick Rubin les pousse dans leurs retranchements. Le résultat est leur album le plus mature : The Adults Are Talking ouvre les hostilités avec une urgence retrouvée, At the Door est une ballade synthétique vertigineuse. Grammy Award du meilleur album rock 2021. Six ans plus tard, toujours aussi fort.

🔴 ACTUALITÉ — Avril 2026The Strokes annoncent leur septième album Reality Awaits, sortie le 26 juin 2026, et une tournée mondiale incluant l’Accor Arena de Paris. Le single Going Shopping est disponible depuis le 7 avril 2026.

 

The Strokes 2

The Strokes by Roger Woolman

Reality Awaits : tout ce qu’on sait sur l’album 2026

Reality Awaits est le septième album studio de The Strokes. Premier disque depuis The New Abnormal (2020), il a été enregistré au Costa Rica avec Rick Rubin, avant d’être finalisé en plusieurs étapes à travers le monde. Albert Hammond Jr. a décrit l’album comme ayant un son « plus libre », en cohérence avec l’atmosphère détendue de leur lieu d’enregistrement.

L’album comprend neuf titres :

  1. Psycho Shit
  2. Dine N’Dash
  3. Lonely in the Future
  4. Falling out of Love
  5. Going to Babble On
  6. Going Shopping (premier single)
  7. Liar’s Remorse
  8. The Fruits of Conquest
  9. Pros and Cons

La pochette, signée Johann Rashid, s’inspire de la photographie Untitled (Cowboy) de Richard Prince (1989) — un cow-boy devant une montagne. Un choix délibérément américain et mythologique, en rupture avec l’esthétique urbaine des premiers albums.

Going Shopping : le single qui divise

Révélé de manière spectaculaire — d’abord distribué sur cassette à 100 fans via leur service SMS, avant que des bootlegs ne circulent — Going Shopping a créé un événement rare en 2026 : un titre qui se propage par le physique avant le streaming. Une stratégie de lancement pensée pour générer le désir.

Musicalement, le titre surprend : l’autotune sur la voix de Casablancas déroutera les puristes, mais les guitares sont omniprésentes, le ton toujours aussi nonchalant. NME lui a attribué trois étoiles, estimant que le titre évite le confort sans trouver l’étincelle. Les concerts à Coachella, quelques jours après la sortie, ont révélé une version live nettement plus puissante.

 

The Strokes en concert en France en 2026

La tournée mondiale Reality Awaits passe par l’Accor Arena de Paris, confirmée parmi les dates européennes. La tournée débute en juin 2026 (Bonnaroo Festival) et court jusqu’en octobre. Les supporting acts incluent Thundercat, Cage the Elephant et Fat White Family selon les dates.

La vente générale a ouvert le 17 avril 2026. Les billets sont disponibles sur Ticketmaster à partir de 90€ environ pour les dates américaines — les prix européens suivent.

L’influence de The Strokes : pourquoi ce groupe a tout changé

En 2001, le rock était déclaré cliniquement mort. Le nu-metal dominait les charts, le post-grunge s’était édulcoré en pop FM. Les Strokes ont fait quelque chose de simple et d’imparable : revenir aux racines — Velvet Underground, Television, Iggy Pop — et les rendre accessibles à une nouvelle génération, sans trahison et sans condescendance.

Leur influence est vertigineuse. Sans Is This It, pas d’Arctic Monkeys, pas de Libertines au niveau d’impact qu’ils ont eu. La mode masculine des années 2000 — blazers troués, jeans serrés — leur doit autant qu’à n’importe quel styliste. Ils ont prouvé qu’on pouvait être fils de bourgeois new-yorkais et faire de la musique authentiquement urgente. Cette contradiction assumée a libéré toute une génération.

« Is This It a tout changé. Du jour au lendemain, le rock est devenu plus rugueux, les cheveux plus hirsutes, et le rayon blazer des friperies du monde entier s’est largement étendu. » — Apple Music

Leur autre grand héritage : avoir montré qu’un groupe pouvait durer sans se trahir. Des Angles aux The New Abnormal, les Strokes ont évolué à leur rythme, sans céder aux modes, sans reniements spectaculaires. Une cohérence de carrière rare dans le rock indépendant.

Questions fréquentes sur The Strokes

Quand sort le nouvel album de The Strokes ?Reality Awaits, le septième album studio de The Strokes, sort le 26 juin 2026. Il a été enregistré au Costa Rica avec le producteur Rick Rubin et comprend neuf titres, dont le premier single Going Shopping.
Qui sont les membres de The Strokes ?The Strokes sont composés de Julian Casablancas (chant), Albert Hammond Jr. (guitare), Nick Valensi (guitare), Nikolai Fraiture (basse) et Fabrizio Moretti (batterie). Le groupe est formé à New York en 1998.
Quel est le meilleur album de The Strokes ?Is This It (2001) est unanimement considéré comme leur chef-d’œuvre et l’un des albums les plus importants du rock moderne — sacré meilleur album du XXIe siècle par NME. The New Abnormal (2020), primé aux Grammys, est souvent cité comme leur second sommet.
The Strokes font-ils un concert en France en 2026 ?Oui. The Strokes sont annoncés à l’Accor Arena de Paris dans le cadre de leur tournée mondiale Reality Awaits (juin–octobre 2026). La vente générale des billets a débuté le 17 avril 2026.
Quel genre de musique jouent The Strokes ?The Strokes jouent principalement du garage rock et du post-punk revival, avec des influences marquées du Velvet Underground, de Television et d’Iggy Pop. Depuis 2011, ils intègrent des éléments de synthpop et de new wave dans leur son.
Combien d’albums The Strokes ont-ils sortis ?The Strokes ont publié sept albums studio : Is This It (2001), Room on Fire (2003), First Impressions of Earth (2006), Angles (2011), Comedown Machine (2013), The New Abnormal (2020) et Reality Awaits (26 juin 2026).

The Strokes, toujours debout

Vingt-cinq ans après avoir « sauvé le rock », The Strokes n’ont pas besoin d’être sauvés par quiconque. Ils ont traversé les modes, les disputes, les pauses, les virages électroniques et les retours aux sources avec une cohérence qui force le respect. Reality Awaits arrive dans un contexte musical où leur héritage est plus prégnant que jamais — chaque nouvelle vague indie rock se réclame d’eux, souvent sans le savoir.

La question n’est plus de savoir si les Strokes sont encore pertinents. La question est de savoir jusqu’où ils vont encore surprendre.

Reality Awaits, The Strokes. Sortie le 26 juin 2026. En concert à l’Accor Arena de Paris.