Live report : Airbourne au Zénith de Paris

par | 18 Mar 2026 | Live Report

Temps de lecture : 7 min

Airbourne est revenu comme on déclenche une salve de décibels : sans prévenir, sans ralentir, sans jamais lever le pied. Avec Gutsy en étendard et l’envie furieuse de rappeler qui règne encore sur le hard rock live, les Australiens ont transformé le Zénith de Paris en fournaise totale. Une salle bondée, des bières qui volent, des riffs qui lacèrent l’air, des milliers de corps en mouvement… et ce sentiment brut, viscéral, que rien ne vaut un concert d’Airbourne quand ils décident de tout brûler. Ce soir-là, Paris n’a pas assisté à un retour : il a pris une décharge.

 

Live report : Airbourne au Zénith de Paris

Airbourne au Zénith de Paris

 

Préambule

Il y a des concerts qui s’annoncent comme des dates, et d’autres qui s’imposent comme des événements. Celui d’Airbourne au Zénith de Paris, ce 21 février 2026, appartient sans hésiter à la seconde catégorie. Après plusieurs années sans nouvel album, les Australiens reviennent sur le devant de la scène avec Gutsy, un single qui sonne comme un manifeste : brut, direct, sans détour, un retour aux sources assumé. Pas de promesse de révolution, pas de teasing d’un virage artistique — juste l’assurance que le groupe revient pour faire ce qu’il fait de mieux : jouer fort, jouer vite, jouer vrai. Dans un paysage rock où beaucoup cherchent à se réinventer, Airbourne choisit la fidélité à son ADN. Et c’est précisément ce que le public parisien est venu célébrer. Le Zénith affiche complet depuis des semaines, preuve que la démesure australienne n’a rien perdu de son pouvoir d’attraction. Avant de traverser l’Europe en mars, la tournée Gutsy fait donc escale à Paris comme un préambule explosif, une mise en bouche avant la déferlante annoncée. Avalanche et Asomvel sont là pour ouvrir la voie, mais tout le monde le sait : ce soir, Airbourne vient rappeler pourquoi, depuis vingt ans, ils restent l’un des groupes live les plus généreux et les plus sauvages de leur génération. Et quand les lumières s’éteignent, on comprend que ce retour n’est pas seulement attendu. Il est nécessaire.

 

La promesse d’une soirée qui colle à la peau

Les concerts d’Airbourne ne promettent jamais la surprise. Ils promettent la démesure. Les cheveux plaqués par la sueur, le t-shirt trempé comme après un semi-marathon, les bras marqués par les pogos, et l’odeur persistante de bière renversée qui s’incruste dans les vêtements. On y vient pour ces riffs qui sentent la poussière chaude des amplis, pour cette énergie débridée qui transforme chaque salle en fournaise. Le public du Zénith le sait, l’attend, le réclame. Et ce soir, Paris est prêt à se faire bousculer. La salle est pleine à craquer, compacte, vibrante, déjà moite avant même que les lumières ne s’éteignent. On sent que tout le monde est venu pour la même chose : vivre un moment de rock pur, brut, sans filtre, celui qui laisse des traces et fait sourire pendant des jours.

 

AVALANCHE & ASOMVEL : Le terrain devient inflammable

Avalanche ouvre la soirée avec la spontanéité d’un groupe qui joue comme si chaque concert était le premier et le dernier. Leur rock australien, râpeux, sans vernis, prend immédiatement. Sur le devant de la scène, le couple guitare-voix — mari et femme dans la vie — forme un noyau incandescent. Elle, ancrée dans le sol, présence magnétique. Lui, avec sa chevelure rousse flamboyante qui virevolte sous les projecteurs, incarne cette énergie brute qui fait vibrer les salles de Sydney comme celles de Paris. Leur complicité est palpable, presque électrique, et le public s’y accroche instinctivement. Leur rock brut, râpeux, sent la poussière des pubs de Sydney et la bière tiède. Avalanche joue serré, joue vrai, joue fort. Et l’on se dit qu’on a hâte de les retrouver bientôt dans RockSound pour une interview qui s’annonce aussi vivante que leur set.

 

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Avalanche par David Poulain

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Avalanche sur la scène du Zénith de Paris

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Avalanche, la chaleur de l’Australie à Paris

 

Asomvel prend le relais sans transition, comme un moteur qui démarre en pleine vitesse. Leur look — jeans serrés, boots à talons, cuir patiné — annonce immédiatement la couleur : ici, on rend hommage à la vieille école, celle qui ne s’excuse jamais d’être bruyante. Ralph Robinson, silhouette taillée dans le cuir et la nicotine, ressuscite l’esprit de Lemmy sans jamais tomber dans la copie servile. Le chanteur-bassiste, silhouette droite comme un pieu, impose une présence qui rappelle les grandes heures du speed metal britannique. Les riffs fusent, les rythmes martèlent, et la salle, déjà bien chauffée, répond au quart de tour. Les gobelets commencent à voler, les premiers pogos s’ouvrent, et l’air se charge d’une tension électrique qui ne demande qu’à exploser. Quand Asomvel quitte la scène, le terrain est prêt. Inflammable. Il ne manque plus qu’une étincelle.

 

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Asomvel

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AIRBOURNE : La déflagration australienne

Cette étincelle arrive dès que les lumières s’éteignent et que résonne le Main Title de Terminator 2 , froid, métallique, implacable. Le Zénith rugit avant même que le groupe n’apparaisse. Puis Airbourne surgit, et tout bascule. Le set s’ouvre sur Gutsy, un riff qui claque comme un coup de fouet. Joel O’Keeffe, torse nu, déjà trempé, traverse la scène avec l’énergie d’un type branché sur une centrale électrique. La salle explose. Les corps se serrent, les bras se lèvent, et l’on comprend immédiatement que ce concert ne sera pas un simple enchaînement de chansons, mais une charge, une déferlante.

Fat City, Cradle to the Grave, Hungry : chaque morceau est un uppercut. Le public saute, hurle, se cogne, se relève, repart. Joel grimpe sur les retours, harangue la foule, sourit comme un démon heureux. Back in the Game transforme le Zénith en chœur géant ; Raise the Flag fait voler les gobelets ; Cheap Wine & Cheaper Women ramène l’esprit des bars australiens dans les gradins parisiens. La chaleur devient presque palpable, une matière qui colle à la peau. On sent la sueur glisser dans le dos, les cheveux se plaquer sur les tempes, les vêtements se charger d’humidité.

Avec Alive After Death, les lumières deviennent stroboscopiques, presque hypnotiques. Diamond in the Rough et Too Much, Too Young, Too Fast déclenchent des vagues de pogos qui se propagent comme des secousses. Breakin’ Outta Hell transforme la salle en fournaise totale. Puis vient Live It Up, moment de pure folie où Joel disparaît dans la foule, réapparaît au milieu du Zénith, guitare levée, sourire carnassier, porté par un public en transe.

Le rappel arrive comme une évidence. Ready to Rock rallume la mèche, et Runnin’ Wild achève tout le monde dans un dernier cri collectif, hurlé par 6 000 personnes comme un hymne national du rock’n’roll. On ne sait plus si l’on transpire, si l’on respire, si l’on flotte. On sait seulement qu’on vit.

Quand les lumières se rallument, le Zénith ressemble à un champ de bataille heureux : des cheveux collés, des t-shirts trempés, des visages rouges, des voix cassées. On sent la bière renversée, la chaleur humaine, la fatigue euphorique. Airbourne n’a rien réinventé. Ils n’en ont pas besoin. Ils perpétuent un art : celui du rock sans filtre, sans pause, sans compromis. Ce soir, ils ont offert exactement ce que le public était venu chercher : une soirée de pure démesure, un moment suspendu où l’on vit plus fort, plus vite, plus vrai.

On en ressort rincé, trempé, vivants et surtout… heureux !

Live report : Airbourne au Zénith de Paris

L’énergie de Airbourne sur scène – Live report : Airbourne au Zénith de Paris

Live report : Airbourne au Zénith de Paris

Des riffs et de la transpi… Airbourne !

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Pyrotechnie et cheveux qui collent… Airbourne sur scène

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Airbourne

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Airbourne

 

Un live report de Caro dans la chaleur australienne du Zénith de Paris avec David Poulain @davidpoulainlivephotography derrière l’objectif.