Volbeat a fait rugir le Zénith : riffs comme des uppercuts, refrains hurlés à l’unisson, énergie brute. Michael Poulsen, charismatique, a galvanisé Paris avec ses punchlines en français et une complicité totale avec ses acolytes du son qui cogne. Portés par un public incandescent, le groupe a donné un concert où le rock s’est vécu comme une déflagration joyeuse et collective.

Crédit Photo Grégory Hernandez
La nuit s’était posée sur Paris comme un rideau de velours, et le Zénith vibrait déjà d’une impatience sourde. L’écran géant s’est allumé, projetant l’image d’une fillette figée, d’un bouc inquiétant, comme une séquence arrachée à un cauchemar ou un film d’horreur. Le public a retenu son souffle : on savait que l’instant de bascule approchait, que les riffs allaient bientôt fracasser le silence.
Mais avant Volbeat, la soirée avait déjà pris des allures de fête. Witch Fever avait ouvert le bal avec un rock abrasif, rugueux, qui avait secoué les premiers rangs. Puis Bush avait transformé la salle en terrain de jeu. Gavin Rossdale, incandescent, a ouvert avec Everything Zen, hymne grunge qui a immédiatement réveillé la fosse. Les titres récents comme Bullet Holes ou More Than Machines montraient un groupe toujours créatif, porté par une énergie intacte. Et puis il y eut ce moment fou : Rossdale a quitté la scène pour plonger dans la fosse, chantant au milieu des spectateurs, serrant des mains, courant d’un bout à l’autre. Dans un mouvement insensé, il a escaladé les gradins, parcouru tout le tour du Zénith en chantant, avant de redescendre dans la fosse et de remonter sur scène, essoufflé mais rayonnant. « On n’a jamais vu ça ! Il était partout à la fois ! » s’exclamait une fan, encore haletante.
La setlist alternait entre morceaux plus récents (Identity, I Am Here to Save Your Life) et classiques attendus comme Swallowed ou Flowers on a Grave. Mais le sommet émotionnel est venu avec Come Together, reprise des Beatles. Dès les premières notes, le Zénith s’est transformé en un immense karaoké : des milliers de voix s’élevaient, reprenant le refrain en chœur, dans une communion rare. « On avait l’impression d’être dans un seul et même groupe », racontait un spectateur, encore ému. Ce moment a scellé la complicité entre Bush et le public parisien, beaucoup murmurant qu’ils espéraient les revoir bientôt en tête d’affiche.

Puis, à 21h05, les riffs de The Devil’s Bleeding Crown ont jailli, fracassant l’air. Michael Poulsen est apparu, guitare en bandoulière, sourire franc, lançant un tonitruant : « Bonsoir Paris ! Vous êtes prêts pour la fête ? » qui a déclenché une clameur. Tout au long du set, il a ponctué les morceaux de petites phrases complices : « Vous chantez mieux que nous ! », « On adore être ici, vous êtes incroyables ! », ou encore « Ce soir, on est tous ensemble, pas de frontières, juste du rock’n’roll ! ». Ces répliques, simples mais fédératrices, faisaient vibrer la salle autant que les riffs. « On avait l’impression qu’il parlait à chacun de nous », confiait un spectateur, sourire aux lèvres.
Rob Caggiano envoyait des solos acérés, Kaspar Boye Larsen martelait sa basse avec une précision implacable, et Jon Larsen tenait la pulsation derrière ses fûts comme un métronome possédé. Ensemble, ils formaient une machine parfaitement huilée, mais surtout joyeuse : on les voyait sourire, échanger des regards, savourer chaque instant. Le groupe semblait porté par l’énergie parisienne, heureux d’être là, et cela se ressentait dans chaque note. « On sentait qu’ils s’amusaient autant que nous », racontait une spectatrice, encore émue.
La setlist alternait entre classiques et nouveautés. Lola Montez transformait la salle en chœur géant, Black Rose faisait vibrer les murs, et Still Counting déclenchait une tempête dans la fosse. Les nouveaux titres de God Of Angels Trust s’imposaient avec une assurance insolente, comme si le public les connaissait déjà par cœur. Entre deux morceaux, Poulsen s’amusait : « Vous êtes fous, Paris ! On va revenir plus souvent, c’est sûr ! » Et la foule répondait par des rugissements, des pogos, des bras levés, des chants repris en écho. « C’était une communion totale, on ne faisait plus qu’un », témoignait un fan, encore couvert de sueur.

Il y eut des respirations entre deux tempêtes. La reprise inattendue de Johnny Cash Ring of Fire a figé le temps, avant que le groupe ne continue le set pour arriver à Seal the Deal et For Evigt, hymnes fédérateurs qui semblaient souder la foule dans une même ferveur. Les visages ruisselaient, les poings s’élevaient, et l’on sentait cette osmose, ce moment où un concert cesse d’être un spectacle pour devenir une expérience collective.
Mention spéciale au titre In the Barn of the Goat Giving Birth to Satan’s Spawn in a Dying World of Doom qui remporte la palme du plus long titre de chanson de la soirée et qui donne lieu à une introduction caustique dont Poulsen, avec son humour danois ravageur, a le secret.
Quand les dernières notes se sont éteintes, il restait dans l’air une vibration, comme si les murs eux-mêmes continuaient de résonner. Le public, encore haletant, avait le sentiment d’avoir vécu plus qu’un concert : une immersion totale dans l’univers de Volbeat, où le métal se mêle au rock’n’roll, où les riffs sont des coups de tonnerre et les refrains des embrassades. « On sortait avec le cœur battant, comme si on avait vécu un film », résumait un spectateur, encore sonné. Et dans la nuit parisienne, chacun repartait avec l’impression d’avoir assisté à un générique de fin, celui d’une soirée où la musique avait tout emporté.

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