Last Train - photo Eric CANTO

Last Train à Paloma, Nîmes : Le rock sans anesthésie

par | 12 Fév 2026 | À la Une, Live Report

Temps de lecture : 3 min

Il y a des concerts qui cherchent à séduire. Et puis il y a ceux qui imposent. Ce soir-là, à Paloma, Last Train n’a pas demandé la permission. Le groupe est entré sur scène comme on pousse une porte déjà entrouverte dans le crâne du public. Sans détour, sans posture, sans faux suspense. La salle de Paloma est pleine mais surtout dense, compacte, presque lourde d’attente. Pas une foule hystérique, plutôt une assemblée consciente. Des gens venus vérifier si la promesse tient toujours. Elle tient. Et même plus que ça.

 

 

Dès les premiers titres, le son est brut mais maîtrisé, une masse compacte où chaque instrument connaît sa place. Last Train joue serré, sans graisse. La guitare n’est jamais démonstrative, elle est nécessaire. Elle sculpte plus qu’elle ne séduit. La batterie cogne avec une régularité presque clinique, comme un battement de cœur sous anxiolytiques. La basse, elle, agit comme une colonne vertébrale, discrète mais indispensable, maintenant l’ensemble droit quand tout pourrait basculer.

Jean-Noël Scherrer ne joue pas au frontman. Il habite ses chansons. Il ne parle presque pas. Et quand il le fait, ce n’est jamais pour meubler. Pas de grandes phrases, pas de slogans. Le rapport au public n’est pas affectif, il est frontal. Une relation adulte. Tu es là, je suis là, faisons ça sérieusement.

 

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La setlist déroule une narration plus qu’une suite de morceaux. Les anciens titres ne sont pas là pour flatter la nostalgie, mais pour rappeler une continuité.

Rien n’est figé. Certains morceaux prennent ce soir une ampleur différente, plus sombre, parfois presque écrasante. Le groupe étire les tensions, joue avec les silences, accepte l’inconfort. Last Train n’a jamais été un groupe de confort.

 

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Ce qui frappe, c’est la cohérence esthétique et musicale. Pas de fioritures visuelles, pas d’écrans envahissants, une lumière sobre, souvent froide, presque industrielle. Tout est au service du son. Le groupe semble dire : regarde moins, écoute plus. Et ça marche. Le public décroche du réflexe du téléphone. Les corps se balancent lentement, comme pris dans une vague épaisse. On n’est pas dans la transe, mais dans la concentration.

Il y a dans ce concert une forme de fatalisme élégant. Une conscience aiguë du monde tel qu’il est, sans discours politique explicite, mais avec cette lourdeur diffuse, ce sentiment que quelque chose grince en permanence. Last Train ne donne pas de réponse. Il décrit l’état. Et parfois, décrire est déjà une forme de résistance.

Sur la fin, le groupe pousse légèrement le volume émotionnel, sans basculer dans le spectaculaire. Pas de rappel hystérique, pas de faux départ. La sortie est à l’image du concert : nette. Et pourtant, quand les lumières se rallument, il reste quelque chose dans l’air. Une tension résiduelle. Un silence intérieur.

Last Train n’a pas livré un concert “génial”. Il a livré un concert nécessaire. Un de ceux qui te rappellent pourquoi tu viens encore te serrer dans une salle sombre un soir d’hiver. Pas pour être rassuré. Mais pour être secoué proprement.

Le rock n’est pas mort. Il a juste arrêté de sourire.

 

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