Un van défoncé, une piscine, Fat Mike en robe allongé sur un matelas gonflable cocktail à la main entouré de joyeux punks : le tableau ressemble à une pub pour maison de retraite qui aurait complètement dégénéré. Tout en bas de l’affiche du film, une fausse classification façon censure officielle te prévient direct : not appropriate for all ages. Seriously, not appropriate for people of all ages. Le ton est donné, bienvenue dans 40 ans de NOFX.

Un empire qui n’a jamais plié
Il faut se souvenir d’où partent les quatre mecs au centre du film : des gamins de la Bay Area incapables d’aligner trois accords propres, plus souvent bourrés que sobres, sans plan de carrière ni réseau. Et pourtant. Sans jamais signer chez une major, sans jamais lisser leur discours, NOFX est devenu l’un des groupes indépendants les plus percutants de toute l’histoire du punk. 40 Years of Fuckin’ Up raconte ce chaos-là de l’intérieur, avec quatre décennies d’archives dont une bonne partie n’avait jamais été montrée.
Le documentaire déroule cette histoire en cinq actes : les débuts miteux dans un van, le déclic avec Punk in Drublic, l’attachement viscéral à l’indépendance, les années où la santé du groupe part en vrille, et la tournée d’adieu qui referme la boucle. Pas de voix off distante, pas de biographie Wikipédia récitée : juste Fat Mike, Eric Melvin, Erik « Smelly » Sandin et Aaron « El Hefe » Abeyta, face caméra, qui déballent tout sans trier.

NOFX
La dernière fois qu’on les verra ensemble
Sans rien dévoiler du fond, une chose mérite d’être sue avant d’entrer en salle : le film s’ouvre en prévenant que c’est la dernière fois que les quatre membres seront filmés ensemble. Cette tension-là ne quitte jamais l’écran jusqu’aux dernières minutes, inutile de tout raconter ici, ça gâcherait le principal. Ce qu’on peut dire sans rien spoiler, c’est que 40 Years of Fuckin’ Up ne trie pas entre le glorieux et le sordide. Les excès de Fat Mike sont montrés frontalement, sans filtre ni justification. Et en miroir, il y a la trajectoire de Smelly : voir le batteur revenir sur son ancienne addiction à l’héroïne, puis le retrouver aujourd’hui posé, sobre, en train de façonner des planches de surf dans son atelier, ça fait mouche bien plus qu’un long discours sur la rédemption. C’est ce genre de détail précis et pas un vague élan d’émotion, qui donne au film sa vraie profondeur. Et il y a du beau monde pour en témoigner : The Offspring, Bad Religion, Descendents, Rise Against, Pennywise, Laura Jane Grace, M. Shadows… Une brochette de figures punk venues rendre hommage, preuve que même au cœur du bordel, NOFX a toujours su fédérer.

NOFX
S’il fallait pointer une limite, ce serait celle-ci : le film a tendance à laisser toute la lumière à Fat Mike : ses excès, ses obsessions, son sens des affaires, pendant que Melvin, Smelly et El Hefe récupèrent un peu moins d’espace pour raconter leur propre histoire. Ça ne casse rien à l’ensemble, mais ça se sent, surtout passé la moitié du film. On prend malgré tout bien notre pied à retracer ces 40 putains d’années pour finir sur la tournée d’adieu, avec les innombrables guests venus les rejoindre sur scène, impossible après ça de ne pas avoir les poils et le smile en même temps. Une question enfin traverse tout le documentaire, jamais vraiment résolue : est-ce que ce sont eux qui ont tenu le groupe à bout de bras pendant quarante ans, ou est-ce le groupe qui les a empêchés de sombrer chacun de leur côté ? On peut certainement avancer que la vraie réponse tient à un truc tout bête : ils ont besoin les uns des autres, même quand ils ne se supportent plus, et on aime penser qu’ils s’aiment encore malgré leurs différends.
Une BO qui prolonge le trip
Pour continuer l’expérience une fois sorti de la salle, le documentaire s’accompagne d’un double album, 40 Years of Fuckin’ Up: Soundtrack + Score, disponible en prévente chez Fat Wreck Chords et Hopeless Records et sur toutes les plateformes en France. D’un côté, un score original de 11 titres entièrement composé par Fat Mike. De l’autre, une bande-son de 15 titres avec deux inédits du groupe, dont « We Did It Our Way », présenté comme le tout dernier morceau que NOFX ait joué sur scène. On y trouve aussi des démos jamais sorties, une reprise totalement inattendue de « La Bamba », et des versions live de classiques comme « Linoleum ». Le tout emballé dans un livret photo de 24 pages illustré par Tokyo Hiro. Un petit bijou pour les fans.

NOFX – 40 Years of Fuckin’ Up arrive dans les salles françaises grâce à Around The Waves dès le 7 septembre 2026, dont deux dates au Grand Rex à Paris les 17 (sold out!) et 18 septembre. Pour l’instant, une seule séance est prévue par ville : rameutez la bande et foncez voir cette pépite déjà culte avant qu’il ne reste plus de places !
Et justement, pour la date du 17 septembre au Grand Rex (déjà sold-out !), on a lancé un concours pour tenter de gagner 2X2 places, le jeu tourne jusqu’au 14 septembre 2026 minuit alors si t’as pas encore tenté ta chance fonce sur nos réseaux sociaux.
NOFX – 40 Years of Fuckin’ Up — Réalisé par James Buddy Day – Produit par Fat Mike 2026 (USA) – 120 minutes – VOSTFR Avec Fat Mike, Aaron « El Hefe » Abeyta, Eric Melvin et Erik « Smelly » Sandin – Distribué en France par Around The Waves – sortie en salles en France à partir du 7 septembre 2026





