Blind Test – Jehnny Beth : « Putain, ça va être horrible, je vais jamais rien trouver ! »

par | 26 Mar 2026 | À la Une

Temps de lecture : 16 min

Le 7 mars 2026, juste avant son concert à l’Hydrophone de Lorient, nous avons eu la chance de rencontrer Jehnny Beth dans sa loge. Une rencontre simple, chaleureuse et incroyablement humaine, ce qui surprend quand on sait qu’elle a tout le répertoire du rock international dans son téléphone ! La soirée s’annonçait déjà mémorable, d’autant plus que le groupe irlandais Enola Gay, en première partie, a livré une performance fabuleuse. Nous avons passé un moment drôle, agréable et unique avec elle. Cerise sur le gâteau, elle a brillé lors de notre blind test, terminant avec un très beau 8/10.

 

Blind Test - Jehnny Beth

Blind Test – Jehnny Beth

Rock Sound :
Tout d’abord, félicitations pour ta sortie d’hier (entretien réalisé le 7 Mars 2026, la veille sortait le titre Look At Me avec Mike Patton). Le clip est dingue, le titre est fabuleux. Tout est bien !

Jehnny Beth :
Je suis contente que ça plaise, ça fait longtemps que je suis fan de Patton, j’ai découvert grâce à Johnny Hostile, il y a de ça des années ! Johnny a eu la chance de le voir sur scène quand il était jeune. Et puis là, pendant l’enregistrement de You Heartbreaker You, en fait, on a beaucoup, beaucoup écouté Patton en studio parce que c’est un des chanteurs les plus variés, techniquement très, très fort, tout ça sans perdre en émotion ni en créativité. C’est fou ! Et d’ailleurs, en parlant de créativité, quand on a reçu ses chants sur Look At Me, c’était dingue quoi. Y’avait une idée à la seconde, des effets dans tous les sens. Plein de choses ! C’était tellement riche et pas du tout attendu par rapport à la track.

Rock Sound :
En même temps, tu lui as envoyé avec des grosses basses anglaises, électro.

Jehnny Beth :
Ouais, il a vraiment kiffé. Y a un côté un peu funk à la Prince, un peu trap aussi dans le beat ! Moi j’aime bien les featuring où on laisse de l’espace. Il a écrit sa partie, ses lyrics. Il m’a posé plein, plein de questions, il m’a demandé de quoi parlait la track, moi j’avais posé ma partie avant lui.

Faith No More – Naked In The Front Of The Computer ✔️

 

Jehnny Beth :
(Dès que la voix arrive) Refused ? Non, attends, je connais ce chant… Putain, ça va être horrible, je vais jamais rien trouver ! (rires) Ah mais c’est Mike ! Faith No More ?

Rock Sound :
Yes !

Jehnny Beth :
Incomparable, inimitable !

Rock Sound :
Je t’ai choisi un titre de cet album car on retrouve beaucoup de l’énergie de cet album dans You Heartbreaker You, notamment sur Out Of My Reach.

Jehnny Beth :
Lui, il a fait tellement de projets, je suis pas sûre qu’il soit méga content de toujours le ramener à Faith No More. Mais quand même, Faith No More, c’est une grosse référence et je pense que ses chansons sont des mines d’or de créativité. Out Of My Reach, le refrain, c’est Patton de fou.

Fugazi – Blueprint ✔️

Jehnny Beth :
(Instantanément) C’est Fugazi ! C’est sur Repeater ? C’est Blueprint ?

Rock Sound :
Yes ! J’avais lu dans une interview que tu étais touchée par la radicalité de Dischord (label culte de Fugazi).

Jehnny Beth :
Oui, Ian MacKaye, je l’ai rencontré avec Savages. C’était à Coachella, il jouait avec The Evens. Il a vu Savages, on est resté en concert et à chaque fois qu’on jouait à Washington, il venait à nos concerts, il entrait directement par les backstages. C’était toujours impressionnant parce que c’est un peu le maître Yoda du hardcore. Il est à l’origine de tellement de choses, il a changé l’histoire du punk et du hardcore. Et Fugazi pour moi, quand j’ai vu le documentaire Instrument, qui est un super documentaire que je recommande à tout le monde, ça parle des fans et de ce qu’est vraiment le hardcore à la base. C’est un peu ce que reprend aujourd’hui Turnstile aujourd’hui, d’une autre manière. C’est à propos des fans, à propos des gens qui viennent en concert, et Instrument, c’est ça : ils filment le public, c’est hyper intéressant.

Et y a Guy Picciotto… pour moi, c’est le dieu de la scène. C’est un ange, y a quelque chose chez lui qui est de l’ordre de la grâce. Et pour une musique comme ça, c’est un mélange qui est vraiment beau à voir. C’est un danseur, il utilise vraiment son corps. Et le contraste, il est beau parce qu’il y a une grâce et une dureté en même temps. C’est quelque chose qui m’a beaucoup inspirée pour Savages : mettre la féminité au centre dans une musique qui est assez rude, agressive et angulaire. C’est une énorme référence pour moi.

Et puis Fugazi, c’est inimitable, c’est impossible de refaire la même chose, c’est une époque. Ce que j’aime aussi, c’est que c’est une musique spirituelle, qui est censée te faire avancer spirituellement. Quand tu vas à leur concert, tu comprends quelque chose sur toi-même, ils essaient de te pousser. Y a une bienveillance, c’est une philosophie du hardcore. Oui, on fait du mosh pit, oui c’est violent, mais on fait attention aux uns et aux autres. Y a cette fameuse anecdote qui est géniale où Ian MacKaye arrête son concert parce qu’il a repéré un gars en train de bully tout le monde. Et il lui dit : « Je t’ai vu dehors en train de manger une glace, you’re an ice cream-eating motherfucker. » Il l’humilie devant tout le monde et lui dit : « Tu n’as pas à être comme ça. » C’est quelque chose où, si j’avais un enfant, j’en ai pas, je voudrais qu’il apprenne de cette école.

 

The Smiths – I Know It’s Over ✔️

Jehnny Beth :
Ah bah je connais que ça, The Smiths ! J’ai une amie qui est très, très proche de Morrissey. Je l’ai jamais rencontré, il est venu à tous nos concerts de Savages à Manchester, il est venu à L.A. C’est les choses qu’on nous dit avant de monter sur scène (rires). Je lui ai piqué une lyrics sur Adore, quand je dis « In a distance there is truth that cuts like a knife », je l’ai transcendée là-dessus. C’est une grosse légende, son écriture est hyper intéressante.

Ce que j’aime dans sa musique, c’est qu’il y a un croisement entre musique et littérature. C’est quelque chose que j’ai compris avec Bowie très jeune, quand il chantait sur Jean Genet. Déjà, j’ai mis beaucoup de temps à comprendre qu’il chantait sur Jean Genet, parce que Djin Jinii, pour moi, c’était pas clair que c’était Jean Genet (rires). J’étais très littéraire quand j’étais jeune et c’était pas vu comme cool d’être littéraire. Et quelqu’un, Bowie, m’a fait comprendre qu’on pouvait très bien être une rockstar et lire Jean Genet. Donc je pense que Morrissey, c’est aussi un héritage de ça : ce côté très littéraire, étiré, mélancolique, romantique. En fait, ce sont les nouveaux romantiques. Et puis il chante comme une femme, il a toujours voulu prendre la place des femmes dans les chansons des années 60 et les amener dans sa voix d’homme, avec sa vision d’homme.

Et moi, quand j’ai commencé Savages, c’était l’inverse : je ne voulais surtout pas prendre la position de la femme des années 50, parler de l’amour, du manque, de l’attente de l’autre. Moi, c’est l’inverse : la femme doit être active. Donc Morrissey, c’était un contre-exemple quelque part, même si j’adore sa musique.

Rock Sound :
C’est ça que j’adore dans ta musique, c’est qu’on sent par où tu es passée, musicalement, j’entends, mais on sent surtout que c’est toi qui transformes la chose et qui la diriges.

Jehnny Beth :
Bah c’est un très grand compliment (rires).

 

Placebo ft David Bowie – Without You I’m Nothing ✔️

Jehnny Beth :
(Instantanément dès la première note de guitare) Placebo !

Rock Sound :
Bien joué, c’est loin d’être le titre le plus connu.

Jehnny Beth :
Je connais absolument par cœur les deux premiers albums. Ce morceau a une écriture incroyable. Quand j’avais 13 ans, ces deux albums m’ont complètement transcendée. Ça m’a fait aimer le rock, la guitare, parce que ça devenait accessible, y avait un côté pop dedans. Mais ce morceau-là, c’est un morceau parfait, et Bowie l’a bien senti d’ailleurs.

Rock Sound :
Et cette idée de mettre les deux voix de Brian et de Bowie ensemble, sur le papier, une idée comme ça ne marche jamais et là, c’est parfait.

Jehnny Beth :
Tout à fait, absolument. Leurs timbres de voix font que ça fonctionne. C’est grâce à Brian Molko que j’ai découvert Bowie, les Smiths aussi, j’ai découvert plein, plein de trucs. Ils faisaient plein de reprises avec Placebo. C’était l’époque des bootlegs qu’on échangeait illégalement (rires).

Et puis ce qui était bien chez Brian Molko, c’est le fait qu’il parlait ouvertement de sa bisexualité. Moi, étant bisexuelle aussi, grandissant dans une petite ville, sans jamais avoir entendu ce mot, c’était le seul qui en parlait quoi. J’ai compris des années plus tard, mais je pense que j’étais attirée par lui pour ça aussi, parce que je me reconnaissais là-dedans, dans cette mixité des genres et dans le fait qu’il n’y ait pas vraiment de place sur terre pour les bisexuels.

Rock Sound :
Comme tu dis, c’était le seul à en parler, et les gens prenaient ça pour de la provocation.

Jehnny Beth :
Provocation ou marketing ! C’est fou. Je lui dois beaucoup à Brian Molko.

Rock Sound :
Peut-être un featuring un jour ? (Rires).

Idles – Car Crash ✔️

Jehnny Beth :
(Instantanément dès les bruits de larsen) Idles !

Rock Sound :
Bien joué !

Jehnny Beth :
Un de mes morceaux préférés d’Idles, le côté un peu hip hop… Crawler, je trouve que c’est un des meilleurs albums, c’est vraiment là où Joe va explorer son côté dark dans ses lyrics.

Rock Sound :
Et en même temps, c’est peut-être leur album le plus accessible.

Jehnny Beth :
Ouais, je suis d’accord, il est vraiment très, très bien. Idles, ça a été une vraie rencontre pour moi. Joe, je l’ai rencontré au tout début d’Idles et il m’a expliqué son amour pour Adore Life et à quel point ça l’a inspiré pour faire Joy as an Act of Resistance. Que l’idée de l’amour à mettre en avant dans ce genre de musique, ça l’a fasciné.

Il était à un des concerts de Savages à Bristol, The Downs, en 2016, quand on jouait avec Massive Attack et Primal Scream. Il était dans la foule, il était arrivé très tôt et ça a eu une influence sur lui. Et maintenant il a dépassé tout ça, il est devenu ce qu’il est devenu. Je le trouve incroyable sur scène, c’est un humain très complexe Joe, mais c’est ce que j’aime chez lui. C’est une des personnes que j’aime le plus au monde. On est très amis, très proches, et je l’aime très fort. J’ai des amis qui n’aiment pas Idles, et je comprends.

Rock Sound :
C’est le genre de groupe qu’on apprend à aimer.

Jehnny Beth :
Ouais, c’est ça ! C’est un educated guess (rires). Il faut les voir en concert surtout. On a fait une tournée ensemble, c’était vraiment génial. Ils ont un public de fidèles qui leur donne énormément.

 

The XX – Performance ✔️

Jehnny Beth :
(Instantanément) Ah c’est Romy avec The XX.

Rock Sound :
Exactement !

Jehnny Beth :
Ils reviennent cette année d’ailleurs ! C’était une grosse partie de ma vie, Romy. Aujourd’hui on se voit moins, mais il y a une période où on se voyait vraiment tout le temps. On a passé énormément de temps ensemble. On a beaucoup, beaucoup parlé. À une période où je vivais à Los Angeles avec Johnny (Hostile), elle était beaucoup là-bas aussi. On a coécrit des morceaux ensemble sur mon premier album solo.

Elle a été très importante pour moi dans cette transition entre Savages et ma période solo. Elle m’a invité à jouer avec The XX, elle m’a appris les éléments de la pop. Elle est passionnée de ça, ce n’est pas du tout mon monde, mais comme je suis très curieuse, j’aime bien apprendre. On a passé pas mal de temps dans son grenier à composer, plein de choses qui ne sont jamais sorties. Ça a été très enrichissant, on était toutes les deux dans des transitions : elles dans sa vie, moi dans ma musique. Je pense qu’on s’est bien épaulées.

Rock Sound :
Oui, elle a d’ailleurs sorti son premier album un peu après.

Jehnny Beth :
Ouais, un album très électro, elle avait très envie d’être DJ. C’est aussi elle qui m’a poussée à être DJ, elle m’a appris à le faire. Elle m’a appris plein de choses, Romy. Aujourd’hui on se voit beaucoup moins, c’est la vie. C’est quelqu’un de vraiment chouette.

 

Garbage – The Butterfly Collector ✔️

Rock Sound :
Celui-là est compliqué.

Jehnny Beth :
Je connais, je suis sûre de connaître ce morceau. C’est Shirley ?

Rock Sound :
Oui.

Jehnny Beth :
Garbage !

Rock Sound :
C’est une face B assez obscure, une reprise de The Jam écrite par Paul Weller. C’est un titre sur lequel Paul Weller a des propos assez misogynes à propos d’une fan, journaliste qui les suivait. Et le fait que ce soit Shirley qui le reprenne…

Jehnny Beth :
Ouais, c’est génial, c’est une super idée. Si tu me lances sur Shirley, j’en ai des tartines à te raconter. Shirley Manson, c’est un être exceptionnel, je ne pourrais pas dire autre chose. J’en ai les larmes aux yeux de parler d’elle. C’est quelqu’un qui compte énormément pour moi et qui a été là à un moment très difficile pour moi, quand j’ai sorti To Love Is To Live en pleine pandémie et que je me suis écrasée la gueule par terre. Que je n’ai rien pu faire de cet album, que j’avais misé tout dessus, mon argent, mon temps. Elle a tendu la main à ce moment-là et elle m’a dit qu’elle m’avait vue… Elle a compris un truc : c’est qu’entre femmes dans ce milieu, il y a énormément de compétition. Elle, elle n’a aucune malveillance. Elle a que du soutien, de l’amour et de l’intelligence. C’est quelqu’un d’extrêmement intelligent. Je crois qu’elle a beaucoup souffert dans ce milieu, qui ne cherche pas à encourager les femmes intelligentes, c’est plutôt l’inverse. C’est une source de savoir, Shirley. Dès que j’ai un souci ou une question, je l’appelle.

Rock Sound :
C’est une grande force.

Jehnny Beth :
Ouais, c’est une force. C’est quelqu’un qui a été endommagée et qui s’est construit. Comme Karen O, comme Peaches. Elles sont toujours là, et elles font toujours des choses.

Rock Sound :
Le Garbage sorti l’année dernière est d’ailleurs super bien.

Jehnny Beth :
Oui, il est super. On a fait une date avec eux, j’étais ravie.

 

My Chemical Romance – Sleep ❌

Jehnny Beth :
C’est Muse ?

Rock Sound :
Non, c’est américain.

Jehnny Beth :
C’est pas le genre de musique que j’écoute. C’est américain, ça ? C’est marrant. C’est récent ?

Rock Sound :
2007, ça va avoir 20 ans, donc assez contemporain.

Jehnny Beth :
Tu sens le côté Muse un peu ? (rires) Non, je vois pas ce que c’est.

Rock Sound :
C’est My Chemical Romance.

Jehnny Beth :
Ah okay, alors vraiment je connais pas du tout. J’ai plein d’amis qui écoutent ça, mais moi pas du tout.

Rock Sound :
Ça rejoint ce qu’on disait tout à l’heure, eux se revendiquaient beaucoup des Smiths, et beaucoup de gens ont découvert The Smiths grâce à My Chemical Romance.

Jehnny Beth :
Mais oui, c’est génial. Il faut des groupes charnières comme ça. Quand on est très jeune, on écoute des choses qui sont plus accessibles. Et ces artistes-là nous guident vers autre chose. Ces artistes-là, ils ont une culture, c’est hyper important. Je respecte beaucoup ça.

 

Oklou – Family and Friends ❌

Jehnny Beth :
C’est Rosalia ?

Rock Sound :
Non.

Jehnny Beth :
C’est Mécano ?

Rock Sound :
Non, c’est Oklou !

Jehnny Beth :
Ah, Oklou ! J’ai beaucoup de respect pour elle. Toutes les Françaises qui arrivent à s’exporter, encore plus depuis Poitiers… je suis très admirative de ce qu’elle fait. C’est très, très bien. C’est un tour de force, ce n’est pas donné à tout le monde de réussir à ce point. J’ai regardé pas mal d’interviews d’elle, même si je connais moins sa musique. Elle parlait beaucoup du Confort Moderne à Poitiers, j’ai eu la même éducation grâce à ce lieu. C’étaient des gens qui faisaient une très bonne prog, j’ai vu des trucs incroyables étant jeune, et elle disait la même chose. Par contre, il y avait peut-être un certain snobisme de leur part, ils ne s’ouvraient pas aux gens locaux. Moi je me souviens de ne pas avoir été soutenue par eux, ça m’a donné l’envie de partir… ce qui n’était pas plus mal. Mais je crois que ça a changé.

 

The Cure – A Forest ✔️

Jehnny Beth :
(Imitant la guitare) Tin din, tin din, tin din ! The Cure !

Rock Sound :
C’était pour illustrer ta signature chez Fiction Records !

Jehnny Beth :
Ah oui (rires) on ne s’en lasse pas du Robert ! Je l’ai rencontré une fois, je lui ai remis un prix aux NME Awards, il était très blasé, c’était très drôle. Fiction Records, c’est vraiment un beau label, j’étais très fière de signer chez eux. Jim Chancellor (le boss de Fiction) n’a vraiment pas peur des musiques extrêmes, il n’a pas peur des artistes comme moi. Heureusement qu’il existe.

Rock Sound :
Il sait vraiment défendre les projets radicaux.

Jehnny Beth :
Ouais, il sait le faire. Et son frère est bassiste dans Tool, c’est fou (rires). C’est un mec génial dans l’industrie du disque, il en faut plus des comme lui.

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Site Officiel : jehnnybeth.com
Instagram : jehnnybeth
Fiction Records : fictionrecords.co.uk

 

 

Blind Test - Jehnny Beth

Blind Test – Jehnny Beth